‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 28 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE III

du galvanomètre, il faut toujours se mettre à l'abri du courant qui est développé par ses deux extrémités, indépendamment de celui de l'élément électro-moteur qu'on se propose d'étudier; sans cela, on obtiendra des résultats erronés qui proviendront de la manrère d'expérimenter.

Dans toutes les expériences électro-physiologiques, on touche , avec les extrémités du galvanomètre, des parties animales qui sont composées de corps solides et de solutions salines plus ou moins neutres. Ces solutions peuvent agir chimiquement et d'une manière inégale sur les extrémités métalliques du galvanomètre. Douées d'une certaine faculté conductrice

de l'électricité, ces mêmes solutions peuvent conduire le courant électrique, que nous avons vu se développer, parles extrémités mêmes du galvanomètre, indépendamment de l'action chimiquedu liquide dans lequel elles sont plongées. Une expérience électrophysiologique ne sera donc jamais exacte , si on ne s'est pas assuré d'avance qu'aucun des courants dont nous venons de parler, ne peut se produire et apparaître au galvanomètre.

La première condition qu'il faut satisfaire pour atteindre ce but, c'est de former les extrémités du galvanomètre avec le même métal. On doit encore choisir, parmi tous les métaux, celui qui est le moins sujet à être attaqué par l'eau ou par les solutions salines; car sans cela, quand même les extrémités du galvanomètre seraient du même métal , on obtiendrait toujours des courants très-forts , et d'autant

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plus, que la conductibilité du liquide serait plus grande.

C'est ce qui arrive avec des lames d'argent, ou de cuivre, ou de fer. Avec un galvanomètre très-sensible, on a des courants très-forts, en plongeant des lames semblables de ces métaux dans de l'eau à peine salée , et même dans de l'eau distillée. Il suffit qu'une des deux lames soit un peu plus polie que l'autre, que l'uue soit plus cbaude que l'autre, que l'une soit plongée après l'autre, pour avoir dans tous ces cas, des déviations très-grandes, et qu'il est presque impossible de faire cesser entièrement.

Le métal qu'il faut choisir, pour composer les extrémités du galvanomètre,* est donc le platine. On prend pour cela deux lames de platine , larges de 5 ou G millimètres, qu'on fixe chacune dans un manche de bois ou d'os (fig. 9). On soude à ces deux lames les extrémités du fil du galvanomètre , et ensuite on couvre tout le manche et la lame d'une couche de vernis de cire à cacheter, de manière à no laisser découverte que l'extrémité de cette lame, dans une longueur de 5 ou G millimètres. On a ainsi pour extrémités du galvanomètre, deux lames de platine d'une surface égale. Il ne faut pas croire pour cela n'avoir plus rien à craindre dans l'expérience. En effet, si on plonge ces deux lames, telles que je les ai décrites, dans de l'eau à peine salée, ou môme distillée, on obtiendra toujours, avec un galvanomètre très-sensible, des déviations qui sont quelquefois de 10" à 15°, ii 20°. Il est très-difficile d'assigner d'à-

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