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INFLUENCE DE LA SUBSTANCE DISSOUTE SUR LE SIGNE

DE L'ÉLECTRICrrÉ DÉGAGÉE (Gaugain, 1854.)

Charge transmise Désignation des substances dissoutes. par le creuset de platine

à l'électroscope.

Potasse Vitrée assez forte.

Soude — —

Baryte — —

Strontiane — —

Chaux — très faible.

Ammoniaque Résineuse très faible.

Acide sulfurique concentré Nulle.

— — étendu Résineuse très faible.

Acide acétique concentré ou étendu Nulle.

Acide azotique concentré —

— — étendu Résineuse très faible.

Acide chlorhydrique concentré ou étendu. — faible.

Acide borique — très forte.

Acide phosphorique — —

Chlorure de sodium — —

— de baryum — —

Sulfate de potassium Vitrée faible.

— de sodium Résineuse faible.

— de magnésium — très faible.

Phosphate de sodium — forte.

Borate de sodium — très faible.

Azotate de potassium — faible.

— de sodium — forte,

— de baryum — —

— de strontium — —

Carbonate de potassium Vitrée très forte.

Chlorate de potassium Résineuse faible.

SOimCES DIVERSES D'ÉLECTRICITÉ b75

D'après Gaugain, l'électricité qui se manifeste pendant l'évaporation des dissolutions aqueuses provient exclusivement des frottements auxquels le pétillement dn liquide donne naissance ; ces frottements s'exercent soit entre l'eau et les parois du creuset, soit entre l'eau et les dépôts qui tapissent ces parois, soit enlin entre le vase et les poussières projetées au-dehors; ces deux derniers frottements semblent toujours produire des électricités de signes diffcrents; les deux premiers développent tantôt des électricités de même nom, tantôt des électricités de nom contraire; le frottement exercé entre les dépôts formés à l'intérieur du creuset paraît être le plus énergique.

Buff {1854), en opérant succcessivement avec l'eau, le chlorure de sodium, une solution de potasse, de l'acide sulfurique étendu et de l'acide azotique étendu, a trouvé que les vapeurs sont toujours électrisées, comme le liquide devait l'être par son contact avec le ûl métallique immergé. Ainsi, en prenant de l'acide azotique et un fil de platine, les vapeurs sont fortement négatives: on sait, en effet, que par son contact avec le platine, l'acide azotique se charge d'électricité négative.

Electricité dégagée pendant l'évaporation des liquides (.Tait et Wanklyn, 1862). — Voici un tableau qui renferme la liste des substances soumises à l'expérience, avec indication des forces électro motrices obtenues par l'ctectricité que chacune dégage au moment où commence le bruit de crépitation qui suit immédiatement la cessation de l'état sphéroTdal.

Brome + 400* (i)

Iode + QO'

Bromure d'éthyle k peine scnsibli:.

lodure de méthyle ; + dini plusieurs eipérienca — àant 3 cipérimca.

Benzine eflct nid.

Valirianale d'éthyle id.

Oxyde d'éthjle (éther ordiDaire) Iib Eiibles, effets douteux.

Chlorofonne; — >i la plaque c« tib chaude, + si elle est froide.

AmmoDiaque — 300*

Alcool — 10*

Mercure — 75=

Chlorure de soufre — 100*

Eau distillée contenant une trace d'acide

carbonique — go"

Solution concentrée de carbonate de potassium — 3io*

Solution concentrée de soude caustique... — 40'

Solution diluée de soude caustique — 25*

Solution concentrée de potasse caustique + i5o*

Acide azotique concentré + 7', 5

Acide azotique (i p. d'acide avec 4 parties

d'eau) — as- Acide chlorhydrique concentré — i6o»

— - dilué — 5o*

Acide suirurique concentré + i5*

Solution concentrée de chlorure de sodium — 400*

— — d'iodure de potassium — 8o*

— — de sulfate de cuivre . . — >ocN>*,a Solution d'i'xalatc doubk de cbromc et de

potassium -«^rfe» * pef« lensIMc.

Solution concentrée de chlorure A» t^K^^'^ njgaiif.

Acide acétique monohydratt 'î^^^^^^ '^ ^

aohjdre vi^^^^^^^^ — y

(ij 5-8 de raci.' Qrovc(i.96voli),

tu. - ACTION Dti LA CHALUCR

Dégagement d'électricité par l'immersion dans les liquides des métaux inégalement chauffés (Gore. 1857). — Si l'on plonge deux plaques de triL'Uil semblables dans un liquide conducteur, on obtient -un courant quand les deux parties du liquide qui mouille les plaques sont à des températures différentes, ou quand on maintient l'une des plaques à une tcmpiîrature supérieure à celle de l'autre (i).

En employant deux plaques de platine, Gore a trouvé que le platine chaud est positif relativement au platine froid, dans les liquides acides, et qu'il est négatif dans les liquides alcalins. Les seules exceptions sont les suivantes : dans l'eau régale et l'acide cyanhydrique, le platine chaud 'est négatif, ce qui s'explique par une action chimique prépondérante; le platine chaud est k'gèrement positif dans le sulfate de soude neutre ; il est facilement négatif dans le bitartrate de soude qui présente cependant une réaction acide.

Les autres métaux se comportent comme le platine.

M) L'appareil se compose d'un cylindre creux en verre, desiin<! k contenir le liquide j ses baszs sont formées de plaques mélalliiiues une Von vout eiaïuiocr ; elles son! fixées au moyen de vis L't d'i-i^rous. et de rnodcllcs de caoutchouc vulcanisa, interposées entre lu mftal et le verre, rendent la fermeture hermétique. Un niiuveau cylindre crcui «st disposé eu-dissus du premier : il est " riA contre la [>I>f|ue qui forme la base sup^^rieiire du L-ylindre I lUAkc, En Tersant de l'eau dans le cylindre supérieur, et en le R^-renlcs températures, on peut trhnulTer la plaque irieure. Les deux plaques mt-Mnlliques sont mises en *ir la ai d'un galTanomïIre,

pourvu que raction chimique soit éliminée ou suffisam ment diminuée, et, en tous cas, cette action chimiqu< agit en sens inverse de cette autre action dépendant d( la différence dé température. Le courant ne résulte pai non plus d'une action^ thermo-électrique des parties mé talliques hétérogènes du circuit.

rV. — ACTION DE LA LUMIÈRE

Dégagement d'électricité par l'action de la lumière (E. Becquerel, 1840). — Une boîte en

bois noircie est partagée en deux compartiments pai une membrane très mince. Chaque compartiment renferme une électrode de platine.

Lorsque les compartiments renferment une solution alcaline, on trouve que la lame exposée aux rayons solaires prend au liquide l'électricité négative ; c'est Tinverse avec une solution acide. Ce dégagement d'électricité n'est pas dû à une action calorique. On n'observe, en effet, aucune action avec les rayons rouges, orangés, jaunes et verts ; une faible action dans les rayons hlem et indigo, et une action marquée dans les rayons violets.

Lorsque les lames de platine ou d'or sont très propres et ont été chauffées au rouge à plusieurs reprises et plongées dans l'acide azotique, l'action électrique est bien diminuée mais non pas anéantie tout à fait.

D'autres métaux que l'or et le platine, et en particulier les métaux altérables comme l'argent et le laiton, donnent lieu à des effets analogues ; bien plus, la polarisation préalable des lames, surtout si, ayant été

tni

•EBSES D'ÉLECTRICITÉ S79 '

plongées dans l'eau, elles ont été en contact avec le pôle 1

sitif d'ime pile, peut augmenter beaucoup l'effet élec- 1

l'trique observé.

Si l'on place sur la surface des lames des corps alté- j râbles à la lumière, tels que le chlorure, le bromure, , ' l'iodure d'argent, etc., au moment de l'action des rayons i lumineux, on observe un courant électrique qui peut même être très dnergique.

D'après Grove (r858), lorsqu'on se sert d'eau acidulée j et d'électrodes en platine, la lumière n'agirait qu'en augmentant le courant résultant de la polarisation du i pl&tine.

Grove s'est assuré, ainsi que l'avait fait précédem-

nent Becquerel, que ce n'est pas la chaleur qui est \

a cause de ce phénomène. En effet, en soumettant les 1

lames de platine, non plus à la lumière blanche, mais à j

Vdes rayons qui avaient traversé un verre bleu, jaune ou J

f vert, on voit que c'est la lumière bleue qui produit l'ac-

ption la plus considérable ; c'est une preuve de plus qu'elle j

doit être attribuée aux rayons chimiques, et non aux j

rayons calorifiques du soleil,

Zaliwski (i866) pense que, parmi les dépolarisants, lux qui sont les plus énergiques sont les corps qui

l'impressionnent plus aisément par l'action de la lumière. Une pile dont le charbon est préalablement imprégné d'une solution ammoniacale de chlorure d'argent, puis ensuite séché et traité par l'acide azotique pour j achever d'enlever l'excès d'ammoniaque, doit fournir,

léme avec de l'eau pure, une intensité remarquable.

Cependant. Zaliwski ne cite aucune expérience à l'appui J

le cette idée.

58o PILES ÉLECTRIQUES

Electricité développée par l'exposition à la lumière de cristaux violet sombre de spath fluor de ^Veardale (Angleterre). — Hankel (1874) a observé que le centre d'une face cristalline de ce corps présente, après une exposition d une heure environ à la lumière, une forte tension négative. Une exposition du cristal à la température de gS®, prolongée pendant plusieurs heures, fournit, pendant le refroidissement, de très faibles tensions positives. Les expériences faites en filtrant la lumière à travers des verres colorés, une couche d'eau, une dissolution d'alun ou de sulfate de quinine, montrent que les organes chimiques sont de beaucoup les plus actifs.

Une trop forte concentration de la lumière sur la face cristalline lui enlève toute sensibilité à l'action ultérieure de la lumière. Les effets observés sont beaucoup plus intenses que ceux fournis par réchauffement du cristal ou par le frottement de sa surface avec un pinceau; ils sont d'ailleurs de signe contraire.

Pile photo-électrique (Borgmann, i883). — La pile est constituée par un tube en U rempli avec de l'acide sulfurique dilué. Dans chaque branche du tube est immergée une lame d'argent couverte d'iode.

Un rayon lumineux projeté sur l'une des lames engendre un courant électrique par suite de la réduction de l'iodure d'argent.

Pile photo-électrique (Saur). — Dans une cuve en verre on verse une dissolution formée de 100 parties d'eau, i5 parties de sel marin, 7 parties de sulfate de cuivre ; un vase poreux rempli de mercure est

SOURCES DIVERSES D'ÉLECTRICITÉ 58l

placé dans cette dissolution ; deux électrodes formées, Tune par une lame de platine, Vautre par une lame de sulfure d'argent, plongent : la première dans le mercure, la seconde dans la dissolution cuivrique. Cette pile, placée à la lumière, produit un courant électrique.

Réactions chimiques. Le bichlorure de cuivre formé par le mélange de chlorure de sodium et de sulfate de cuivre attaque le mercure ; le protochlorure de cuivre formé réduit le sulfure d'argent, mais cette réduction ne s'opère que sous l'influence des rayons solaires, de là le courant.

Une pile formée par le couple zinc^^B sulfure d'argent, eau salée, produit un courant très sensible à l'action solaire.

photo-électrique (Minchin). — Elle consiste dans un récipient d'eau carbonatée ou légèrement acidulée contenant deux lames étamées à la manière des miroirs. Quand on projette sur une de ces lames un rayon lumineux, il se développe immédiatement un courant électrique. Si un écran de verre rouge est interposé sur le trajet du rayon lumineux, le courant est alors peu sensible. Minchin avait commencé ses expériences en rendant son liquide fluorescent, mais il trouva bientôt que l'eau commune contenant un sel de chaux produisait aussi un bon effet. Cette pile présente la particularité que le courant qu'elle produit décroît peu de temps après son exposition à la lumière, et change de sens après quelques instants; celle des deux plaques qui reçoit le rayon lumineux est d'abord positive, mais elle prend bientôt une polarité négative.

583 riLES ÉLECTRIQUES

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