VI. — ACTIONS DIVERSES
Electricité des plantes. — Buff (1854) a déduit de ses observations la règle générale suivante.
Les racines, ainsi que toutes les portions de Tintérieur des plantes contenant de la sève, sont constamment dans un état d'électricité négative, tandis que la surface humide ou humectée des branches vertes^ ainsi que celles des feuilles, des fleurs et des fruits, sont, au contraire, dans un état permanent d'électricité positive.
Cependant, les actions électroscopiques provenant de rélectricité des plantes sont excessivement faibles. On ne peut, même en employant le condensateur et Télectroscope à piles sèches, obtenir des charges suffisantes pour pouvoir en attribuer, avec certitude, l'origine à la plante elle-même. BuflF, en formant un circuit composé de plantes, a réussi à obtenir des effets de tension plus prononcés. Chaque feuille saine, avec son extrémité coupée, fournit, pour ainsi dire, un élément galvanique, et il suffirait d'en arranger convenablement un certain nombre en série, pour obtenir un circuit galvanique composé. C'est ainsi qu'au moyen d'une batterie de douze feuilles, disposées comme ci-dessus, Buff* a pu obtenir une tension un peu supérieure à la moitié de celle développée par un seul couple de zinc et de cuivre plongé dans l'eau pure.
Baconio avait, dès 1807, montré qu'on pouvait construire une pile au moyen de disques de racines de betterave et de disques de bois de noyer, et obtenir des effets
SOURCES DIVERSES D*ÉLBCTRICITé SqS
galvaniques sur une grenouille, en prenant pour excitateur une feuille de cochlearia.
Les disques en bois doivent être dépouillés de leur principe résineux par une digestion prolongée dans un mélange de vinaigre et de crème de tartre.
Poissons électriques. — Les poissons qui possèdent la propriété de donner par leur contact une forte secousse électrique sont : les poissons du genre Torpille {Torpédo osculata, T. nobiliana, T. marmorata) et du genre Mormyrus, les gymnotes, les malaptérures ou silures électriques qu'on trouve dans le Nil ou dans le Sénégal.
Les organes électriques sont volumineux et représentent plus d'un quart du poids du corps.
Au point de vue chimique, ces organes contiennent, paraît-il, de la créatinine, de la taurine et beaucoup d'urée. .
Par les décharges soit du gymnote, soit du silure, soit de la torpille, on a obtenu des étincelles, des décompositions chimiques (décomposition de Tiodure de potassium), des phénomènes d'induction dans une bobine et l'aimantation d'un ban eau de fer doux.
Si Ton expose au froid une torpille, la secousse qu'elle donne alors est très faible. Au contraire, à 45° sa secousse est très forte.
Comme le fait si justement remarquer Ch. Richet, ce qu'il y a de particulier et de difficilement explicable dans les phénomènes électriques produits par ces poissons, c'est qu'ils donnent des secousses unipolaires. Ainsi, quand une torpille est prise dans un filet, le bras du pêcheur qui tient le filet reçoit des secousses violentes^
5g6 PILBS tiLECTRIQOKS
ce qui suppose une tension électrique vraiment prodigieuse.
Insectes électriques. — D'après Yarrell, le rv-
duoius serratus produit une commotioD quand on le touche. On cite aussi certains scarabées et certaines chenilles.
Courant propre de la grenouille. — Pour montrer l'existence de ce courant, Nobili plongeait sépari^ment les membres et les nerfs lombaires d'une grenouille, récemment préparée, dans des capsules de verre remplies d'eau distillée dans lesquelles plongeaieol les deux fils d'un rhéomètre.
Courant musculaire. — Malteuccî forma des plies musculaires en réunissant des tronçons de cuisses de grenouille : le courant allait à travers la pile, de ta grande base de chaque tronçon à la plus étroite, ou dil'intérieur des muscles à l'extérieur.
Loi ctu courant musculaire (Du Bois-Rer-
mondV
Le courant musculaire se manifeste toutes les fois qu'on fait communiquer, par un rhéomètre, un point de la surface latérale des faisceauj: de (ibrcs musculaires ni'cc un point d'une section transversale naturelle ou artificielle de ces fibres.
Ce courant est dirigé, dans le rhéomètre. de la surface latérale à la section transversale.
Machine rhëostatique de Planté (1878).
Cette niaghine se ^|tffe||L d'un certain nombre dei
SOURCES DIVERSES D*éLECTRIC1TÉ 597
condensateurs formés, de préférence, avec du mica recouvert de feuilles d'étain, disposés comme les couples des accumulateurs, de manière à pouvoir être successivement chargés en quantité et déchargés en tension.
Pour charger une machine de 5o condensateurs, il faut employer 5o à 60 couples de Bunsen ou bien 40 accumulateurs.
Une batterie de 40 accumulateurs, sans aucun résidu de charge antérieure, a été chargée pendant i5 secondes par deux éléments de Bunsen, et mise ensuite en action sur la machine rhéostatique.
Il a fallu tourner alors Tappareil pendant plus d*un quart d'heure pour épuiser cette charge en illuminant un tube Geissler.
magnéto-électro-tellurique (Linari
et Palmieri, 1840). — Le principe de cet appareil est le même que celui qui a servi de base dans la première expérience de Faraday (i),avec cette différence qu'au lieu d'un cylindre, Linari et Palmieri employèrent une série de tubes de fer, et obtinrent ainsi le double avantage de conserver une plus grande quantité de fil de cuivre près du corps inducteur, et d'avoir une moindre masse à mouvoir, sans pour cela diminuer l'intensité de l'action magnétique.
Les courants électriques qui parcouraient les hélices étaient recueillis par un mécanisme analogue à celui de la machine de Clarke, et transmis ensuite à l'eau acidulée ou aux mains de l'expérimentateur, selon que l'on voulait obtenir l'une ou l'autre des deux actions.
(i) Voir : Comptes-rendus de l'Académie des 9ciençe9 dç Paris, 1843, p. 14^.
5i|8 PILES iLECTRIQUBS
A. Taide de cet appareil, on put démontrer les courani tolluriques par lu secousse et la décomposition c l'eau.
LVtincelle, la secousse et la décomposition de l'ea ont (5tO obtenues moyennant une simple spirale de cui vre tournant autour de l'un de ses diamètres, dirif: perpendiculairement au méridien magnétique.
Pile magnéto-chimique.— Balsamo (1867):
plongé à la fois, dans une solution d'acide oxaliqut: deux petit^i barreaux aimantés do même surface et é même poids; l'un avait son pôle boréal dans le liquidtr et son pôle austral au dehors; c'était le contraire poo! le second barreau. Le premier a fonctionné comnii un zinc, le second comme un cuivre; l'ensemble a fai naître un courant.
Dégagement d'électricité dû au mouvc ment du Gull-stream. — J. A. Fleming (1S771 .
calculé la valeur absolue des forces électromotrices d'in ductiun dues au mouvement du Gulf-slream, du cou rant équatorial, du courant de la Manche entre Douvnet (alui.s, et il a trouvé, pour la plus grande valeur, n
VuUs.