‹ Traitè des plantes mèdicinales indigènes prècèdè d'un cours de botaniqueChapitre 10 sur 50 · PREMIÈRE CLASSE; — DÉBILITANTS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CLASSE; — DÉBILITANTS

On donne le nom de Débilitants à l’ensemble des moyens propres à combattre l'excitation des propriétés vitales. Pour bien se rendre compte de leur action, il importe d’abord d’être fixé sur le sens des mots irritation, inflammation, fièvre, maladie aiguë, parce que ce sont ces états qui en nécessitent généralement l'emploi.

L'organisme animal résulte, en définitive, d'uu assemblage d'appareils d’assimilation et de relation soumis à un agent d’innervation Vitale, le système nerveux, qui les unit étroitement par les liens mystérieux des sympathies et les rend excitables. Lorsqu'une cause morbifique porte le trouble dans l’action assimilatrice ou dans l’action nerveuse, leurs conditions normales et réciproques d’existence changent aussitôt. Unies solidairement pour résister à l’ennemi commun, elles réagissent, se surexcitent, afin de débarrasser l'organisme du principe délétère; l’économie se met en guerre contre la cause qui trouble ses lois et sa marche ordinaire, guerre accusée par la fièvre, et, dans cet état, elle soumet le principe morbigène au laboratoire de ses actions chimiques ; elle la digère, pour ainsi dire, et lorsqu’elle sort victorieuse du combat, elle l’élimine complètement par la voie de ses émonctoires, qui sont les urines, les sueurs, les selles, ou par des hémorrhagies, des abcès, des éruptions, etc.

Lorsque cette élimination s’cflectue dans l’espace de cinq à quarante jours environ, après lesquels tout rentre dans le calme, on dit que la maladie est aiguë; on appelle chronique, au contraire, l'aflection dont la cause ou les conditions prochaines de développement, se reproduisant incessamment, ne peuvent être jugées dans l'espace de temps assigné aux maladies aiguës. Mais ces dénominations ne comportent pas une définition absolue, un sens très-précis, attendu que la durée des troubles de l’économie auxquels on les applique sont beaucoup trop variables.

Tous les dérangements de la santé peuvent ctre englobés dans ces deux grandes classes : Maladies aigues, Maladies chroniques ; mais il importe de distinguer les espèces et les cas, surtout dans ces dernières. En effet, tantôt les efforts de l’organisme n'éliminent le principe morbide que temporairement, comme dans les affections intermittentes ou les maladies chroniques à accès aigus ; tantôt la réaction vitale n'offre qu’un déploiement de forces lent et insuffisant; tantôt enfin tout symptôme de réaction évident manque, quoique l’économie présente des signes certains, nombreux, d’un état général morbide, comme dans la constitution scrofuleuse, les cachexies.

Ainsi donc, les deux états opposés qu’offre l'organisme souffrant peuvent se traduire par ces mots; Synergies et Cachexies. Dans les premières, il y a des troubles réactionnels, des symptômes fébriles dus à l'excitation des systèmes nerveux et sanguin réagissant contre

INTRODUCTION

la cause morbide ; dans les secondes, il y a des signes physiques d’un état maladif, une altération générale des humeurs, mais absence de phénomènes réactionnaires bien manifestes. Les êtres doués d’un système nerveux sont les seuls susceptibles de montrer des synergies ou réactions ; la cachexie, au contraire, peut s'observer dans les végétaux comme chez les animaux, par la raison qu’ils manquent d’innervation.

Ce n’est pas tout, il arrive souvent qu’il ne se manifeste ni synergie morbide ni cachexie, mais qu’on remarque une grande perturbation de l’innervation, traduite par des douleurs, des spasmes, des convulsions : ces phénomènes appartiennent à une troisième classe de maladies, désignées sous le nom de névroses.

On arrive donc, en dernière analyse, à trois états morbides génériques, que nous venons de désigner sous les noms de synergie, cachexie et névrose. Ces trois mots diffèrent peu, quant à leur signification pathologique, de ceux que nous avons employés dans la classification des affections morbides ( voir notre Anthropologie ), et qui leur correspondent : augmentation, diminution et perversion de l’action vitale.

Pour en revenir à notre sujet, nous dirons que la médication débilitante absorbe, en quelque sorte, l’immense majorité des indications thérapeutiques, par cette raison que l’excitation organique ou la synergie domine la pathologie. Une maladie aiguë, pour être complète et régulière, doit être accompagnée de réaction, de fièvre locale ou générale ; mais il faut que cette réaction soit dans de justes limites; et c'est pour l'y maintenir ou l’y ramener (et non pour y couper court, ce qui est impossible ) qu’on emploie les débilitants, dont le rôle consiste à faciliter à l’organisme son travail de coction et d’élimination de la cause morbifique.

Dans les maladies chroniques, dans celles surtout qui sont totalement dépourvues de symptômes appartenant aux synergies, on ne peut employer ces agents avec la même persévérance et la même énergie, parce que, nous le répétons, ce serait affaiblir l'action vitale sans profit que d’attaquer ainsi des affections dont la solution ne peut être obtenue dans un laps de temps déterminé.

Les névroses s’accommodent mieux des débilitants que les cachexies ; cependant ces médicaments y sont moins utiles, sans contredit, que dans les synergies.

Les agents de la médication débilitante sont le repos, le régime diététique, les bains, les émissions sanguines, les contre-stimulants.

les émollients et les tempérants. Nous allons les passer tous en revue successivement, à cause de leur importance, quoique les émollients, les tempérants et les contre-stimulants devraient seuls nous occuper comme étant représentés dans les Plantes qui sont l'objet spécial de ce travail.

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