‹ Traitè des plantes mèdicinales indigènes prècèdè d'un cours de botaniqueChapitre 22 sur 50 · ANTISPASMODIQUES · texte numérisé non relu

ANTISPASMODIQUES

Les Antispasmodiques sont des médicaments légèrement stimulants, dont l’action se porte spécialement sur le système nerveux, qu’elle modifie de manière à faire cesser le trouble de ses fonctions et à calmer l'état spasmodique.

Mais d'abord qu’entend-on par spasmes? Ce sont des désordres de l’innervation du système ganglionnaire (Grand-sympathique), qui, bornés à la motilité, aux fonctions des viscères intérieurs, constituent cette foule de maux connus sous le nom de vapeurs ; tandis que, par opposition, on appelle convulsions les troubles de l’action nerveuse du système cérébro-rachidien (Cerveau et Moelle épinière).

L'état spasmodique est primitif ou consécutif. On doit le considérer dans les trois circonstances distinctes que voici : ou il est essentiel, sans autre altération que la sienne propre, et constituant à lui seul toute la maladie; ou il complique des affections aiguës; ou enfin il se manifeste comme symptôme propre de certaines maladies. — 1° L’état nerveux primitif ou essentiel résulte ordinairement d’un excès de développement du système ganglionnaire et de sa prédominance sous l'influence des passions, des émotions morales, de la privation de matériaux nécessaires à la nutrition, d’une sorte de surexcitation ou d'atonie de la matrice chez la femme.

INTRODUCTION

Il a pour caractère essentiel, qui le diffère des convulsions, d’ôtre précédé d’une sorte de vapeur (l’aura des auteurs) qui part des organes génitaux, abdominaux ou thoraciques. Il se présente d’ailleurs avec une très-grande variété de formes et de degrés que l’on peut traduire de la manière suivante : mobilité nerveuse, impressionnabilité excessive, anxiétés, tressaillements involontaires, pleurs et rires pour la moindre cause, bouffées de chaleurs, vapeurs et spasmes, flatuosités, gastralgies, palpitations, toux convulsive, accidents de différentes sortes. Ces troubles nerveux se rencontrent très-fréquemment, combinés de diverses manières, chez les femmes pendant leur existence sexuelle; et l’oisiveté, la vie molle, les passions, les abus des bains, la diète prolongée et tout ce qui excite le moral les augmentent. Or, les antispasmodiques sont propres à les combattre ; ils ont contre eux une action que rend plus sûre l’existence d’un foyer viscéral d’où part l’aura, tandis que, au contraire, ce sont les opiacés et les solauées vireuses qui réussissent le mieux dans les convulsions, telles que la chorée, l’éclampsie, qui ont pour point de départ l’encéphale.

2" L’état nerveux qui vient s ‘ajouter aux affections aiguës est assez rare, par la raison toute simple que la force vitale est absorbée, pour ainsi dire, dans sa réaction organique, et qu’il y a consensus d’efforts excluant la production d’actes dont le caractère est l’aberration et l’absence de phénomènes critiques; par la raison encore que la lièvre est antipathique aux spasmes, car Hippocrate l’a dit; febris spasmos solvit. Toutefois, les inflammations des poumons et les lièvres malignes font exception à cette loi-; et contre les complications nerveuses de ces maladies, c’est le musc qui parait être l’antispasmodique le plus convenable. Ces complications nerveuses se montrent plus fréquentes dans les affections chroniques, surtout chez les femmes hystériques ; elles cèdent toujours d’autant plus facilement aux antispasmodiques qu'elles sont plus indépendantes de toute lésion organique.

3e Enfin, considéré comme symptôme de maladie aiguë, l’état nerveux n’a nullement le caractère des spasmes. Excepté l'état ataxique des fièvres graves, où le camphre et les toniques-névrosthéniques conviennent , il se rattache à une lésion déterminée du système cérébro-spinal contre lequel il faut commencer par diriger les agents thérapeutiques. Les remèdes efficaces contre les spasmes sont, par conséquent, sans effet contre le trouble nerveux symptomatique dont nous parlons.

Les Antispasmodiques n’exercent Qu’une action fugace, d’un effet prompt, souvent môme nul. Ils n’occasionnent pas l’assoupissement comme le fent les préparations d’opium et les plantes vireuses, quoiqu’ils apaisent l’agitation dans les cas que nous venons de spécifier. Il ne faut pas les abandonner trop tôt; il faut insister au contraire, et les varier, parce que si l’un échoue, l’autre peut réussir; si l’éther est sans effet, la valériane ou l’assa-fœtida pourra accorder ce que Ton désire en obtenir. En général cependant, les médicaments antispasmodiques sont peu fidèles dans leur action, surtout lorsqu’ils sont employés, comme nous l'avons déjà dit, contre les troubles nerveux encéphalo-rachidiens; aussi leur associet-on fréquemment quelque substance narcotique.

Les Antispasmodiques sont fournis par les trois règnes, mais plus particulièrement par le règne végétal et par le règne animal. Ces deux dernières sources produisent des substances qui se font remarquer généralement par leur odeur pénétrante et la grande volatilité de leurs principes actifs.

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