Ces faits nous portent à croire
1°. Que Ja staphysaigre n’est pas absorbée, et que ses propriétés délétères dépendent de l’irritation locale qu'elle détermine, et de la lésion sympathique du Tséme uec- VEUX ;
DE LA STAPHYSAICGRE. 65
2°. Que c'est la partie soluble dans l’eau qui est la plus active : aussi les effets locaux sont -ils plus intenses Jorsqu’on l’humecte avant de l'appliquer sur le tissu cellulaire (1). | $ Du Narcisse des prés.
846. Le narcisse des prés (narcissus pseudonarcissus ) appartient à l’hexandrie monogynie de L. , et à la famille des narcisses de Jussieu.
Caractères. Calice coloré en jaune pâle, de six pièces égales, que plusieurs botanistes appellent corolle : nectaire campanulé, d’un jaune plus foncé, de la longueur des pétales, plissé en haut, crénelé, divisé en six parties au sommet , et renfermant six étamines : scape comprimée , de huit à dix pouces, indivise, entourant toujours la base de la fleur, qui est grande, terminale et penchée : feuilles au nombre de deux ou trois, planes, obtuses, moins longues
que la tige, un peu glauques. Cette plante se trouve dans les bois et les prés.
nd
(1) Nous omettons souvent de fâire connaitre l’état du cerveau chez les animaux qui ont succombé après avoir pris une substance venéneuse quelconque; nous avons cependant examiné cet organe dans presque toutes les ouvertures cadavériques que nous avons faites ; mais il nous a rarement présenté des lésions notables. Combien de fois n’avons-nous pas vu des animaux périr à la suite d’une lésion directe du système nerveux, sans que l’on ait pu découvrir, après la mort, lémoindre changement dans la couleur, la structure et la consistance de l’encéphale! Ce fait qui, d'ailleurs, se trouve d'accord avec ce que l’on observe chez une multitude de malades qui succombent à des affections nerveuses , nous dispense de parler de cet organe, à moins qu’il ne soit Le siége d’une lésion évidente.
Æction du Narcisse des pres sur l’économie animale.
Expérience 1°. À neuf heurés et demie, on a introduit dans lestomac d’un jeune chien de moyenne taille 4 gros d'extrait aqueux de narcisse des prés, et on a lié l’œsophage. Au bout d'une heure, l’animal a fait des efforts pour vomir. À midi, il a eu une selle dans laquelle il y avait une assez grande quantité de matières solides. Quarante minutes après , il a fait de nouveau des efforts de vomissement. À huit heures du soir, il était un peu agité, il poussait des cris plaintifs, et il éprouvait quelques légers vertiges ; sa respiration n'était point gênée. El est mort dans da nuit, Le lobe gauche des poumons offrait, vers son bord inférieur , une tache violette, contenant du sang veineux, et large comme un écu de six livres; les autres portions de ce viscère étaient saines (1). L’estomac contenait une petite quantité d’un fluide muqueux brunâtre, que l’on pouvait facilement détacher; la membrane muqueuse présentait plusieurs taches irrégulières et assez étendues, d’une couleur rouge -cerise, sans ulcération apparente; le duodénum était un peu enflammé; la membrane muqueuse qui tapisse les parties les plus inférieures du rectum était un peu rouge. Les ventricules du cerveau ne contenaient point de sérosité; les vaisseaux veineux qui rampent à la surface externe de cet organe étaient gorgés de sang noir.
Expérience u°. À deux heures, on a appliqué un gros d'extrait aqueux de narcisse des prés sur une plaie faite à la partie integne de la cuisse d’un petit chien. L'animal est mort dans la nuit sans qu'on ait pu l’observer. La
(1) Ces taches doivent être con-idérées souvent comme des ecchymoses développées dans l'organe pulmonaire, à la suite d'un effort violent qui peut avoir délerminé la rupture de quel ques pelits vaisseaux.