L résulte de ces faits
1°. Que l’aristoloche clématite exerce une ac \ction stupé- Giant sur le système nerveux ; j
9. Qu'elle produit une lé inflammation des tissus sur de on l’applique.
De la grande Ciguë (conium maculatum, Z., ou cicuta major de Lamk ).
948. Cette plante appartient à la famille des ombellifères de Jussieu , et à la pentandrie digynie de Linnée.
Caractères. Fleurs blanches, formant des ombelles trèsouvertes et nombreuses : involucre ou collerette générale à trois ou cinq folioles réfléchies et membraneuses vers leurs bases : involucelle ou collerette partielle à trois folioles disposées du côté extérieur de l’ombelle, et ne débordant point les rayons. Chaque fleur offre cinq pétales en cœur; inégaux , disposés en rose et penchés en dedans ; . un petit calice entier ; cinq étamines; un ovaire inférieur portant deux styles minces, plus longs que les pétales et persistans : fruit ovale, globuleux; chaque côte est bossue,
DE LA GRANDE CIQGUE. 209 relevée de côtes tuberculeuses, dont trois dorsales et deux latérales : tige cylindrique, haute de trois à cinq pieds, épaisse, fistuleuse , rameuse, feuillée , et chargée inférieurement de taches d’un pourpre brun ou noiràtre : feuilles grandes, un peu molles, trois fois ailées, dont les folioles sont lancéolées ; dentées, pointues, un peu luisantes, et d’un vert noirâtre : racine fusiforme, large d’un pied, grosse comme le doigt, jaunâtre en dehors, blanchâtre à l’intérieur , d’une odeur forte ét d’une saveur douceâtre. Cette plante, frottée entre les doigts, répand une odeur fétide ; on la trouve sur le bord des haïes et dans les terrains un peu humides;
Action de la grande Ciguë sur l’économie animale.
Expérience 1"°. On a fait avaler à un petit chien robuste un gros et demi de poudre de ciguë. Quatre heures après, l'animal a eu une selle. Le lendemain , il se portait à merveille.
Æ xpérience 11°. On a introduit dans l’estomac d’un petit chien une demi-once de la même poudre, et on a lié l’œsophage. L'animal est mort au commencement du sixième jour, sans avoir éprouvé de symptôme remarquable. À louverture du cadavre , on a trouvé les organes sans altération marquée. Nul doute que cet animal n'ait succombé à l’opération.
Cette expérience a été répétée à midi sur un chien de moyenne taille, avec une once de la même poudre. Sept heures après , l'animal ne paraissait pas malade. Le lendemain, à midi, il marchait librement et ne poussait aucune plainte. Il ne paraissait pas plus mal le jour suivant, à une heure. Le lendemain, il pouvait marcher librement; mais il commençait à se plaindre, et se tenait ordinairement couché sur le côté; les pupilles n'étaient pas plus dilatées que
dans l’état naturel ; les inspirations étaient profondes et rares; il voyait et il entendait bien. Il est mort dans la nuit. On la ouvert le lendemain, à sept heures du matin. Le sang contenu dans le cœur était encore fluide. Les poumons étaient sains. L’estomac renfermait presque toute la poudre ingérée; on n’observait aucune trace d’inflammation dans le canal digestif, excepté dans l’intérieur du rectum, qui présentait quelques taches rougeûtres.
Expérience 11°. On a fait prendre le 22 avril, à une heure , une once et demie de racine fraîche de conium maculatum à un petit chien :ona lié l’œsophage. Quarante-huit heures après, il n'avait rien éprouvé. Le lendemain 23, on a introduit dans l’estomac d’un carlin une once de cette même racine contuse et 8 onces de suc provenant de trois livres de racine parfaitement pilée avec 2 onces d’eau : lPosophage a été lié. Vingt-quatre heures après, l'animal n'avait offert aucun symptôme remarquable. Le 25 avril, à midi, ces deux animaux étaient seulement un peu abattus.
Expérience 1v°. Le même jour, on a trituré environ quatre livres de feuilles et de tiges de grande ciguë fraîche, et on a donné à un petit chien robuste les 14 onces de suc qu’elles ont fourni : l’œsophage a été lié. Un quart d'heure après, l'animal a fait des efforts pour vomir; il a éprouvé des vertiges et un léger tremblement des extrémités postérieures. Trois heures après on l’a trouvé mort. On l’a ouvert le lendemain. Presque tout le suc était encore dans l'estomac; la membrane muqueuse de ce viscère était d’un rougé vif dans toute son étendue; les autres parties du canal digestif paraïssaient saines. Les poumons étaient gorgés de sang encore liquide; ils offraient çà et là des plaques livides, denses, peu crépitantes. Le sang contenu dans les veniricules du cœur était en partie fluide, en partie coagulé.
Expérience v°. Le 31 mai, à sept heures du matin, on