HE LA CIGUE AQUATIQUE
De la Ciguë aquatique (cicutaria aquatica de Lamk., ou cicuta virosa de Lin).
950. Cette plante appartient à la famille des ombellifères de Jussieu, et à la pentandrie digynie de Linnée. \ Caractères. Fleurs blanches , presque réguliéres et disposées en ombelles lâches : collerette générale nulle du à une seule foliole : collerette partielle (involucelle) composée de plusieurs folioles qui débordent les ombelles partielles ; chaque fleur offre un calice entier; les pétales sont ovales, entiers, courbés au sommet, presque égaux; le fruit est ovoïde, sillonné; chaque graine est convexe en dehors et munie de cinq petites côtes : tige haute de 3-8 décimètres, cylindrique , fistuleuse et rameuse : feuilles grandes, deux ou trois fois ailées et composées de folioles lancéolées , un peu étroites, pointues et dentées en scie. Cette plante croit sur le bord des étangs et des fossés aquatiques.
il y en à qui sont inertes. Nous étions un jour chez un pharmacien qui nous avait fourni plusieurs fois de l'extrait de ciguë que nous avions administré à des chiens, à la dose de 10 gros, sans produire aucun accident grave. Nous cherchions à lui prouver que le médicament était mal préparé, et, pour le convaincre entièrement, nous avalâmes , en présence de plusieurs personnes qui se trouvaient chez lui, un gros (72 grains) de cet extrait dissous dans 2 gros d’eau : nous ne ressentimes aucun effet, tandis que 20 ou 30 grains d'extrait bien prépare ane raient pu nous être funestes. Que l'on juge maintenant quel avantage pourra retirer d’un pareil extrait un. individu qui en prend un ou deux grains par jour, et même trente où qua= .rante, dans l'espoir de se débarrasser d’un engorgement squir= rheux ou de toute autre maladie !......
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Action de la Ciguë aquatique sur l’économie animale.
* Æxpérience 1'°. Wepfer rapporte qu'une demi-heure après avoir fait avaler à un jeune chien plus d’une once de racine de cigué aquatique coupée en très-petits morceaux, l'animal saliva , vomit, eut beaucoup d’écume à la bouche, et futen proie à des mouvemens convulsifs très-violens ; tantôt il offrait un emprosthotonos, tantôt un opisthotonos ; il ne pouvait pas rester en place ; il chancelait en marchant et tombait sur le côté. Cet état dura deux heures. L’animal recouvra les forces ; on lui donna une nouvelle portion de racine ; il saliva aussitôt après, ent une déjection alvine et ne vomit point ; il perdit appétit , eut de temps en temps des mouvemens convulsifs, et lorsqu'il se levait , 1l tombaït aussiiôt sur le côté. Il vécut jusqu’au troisième jour. La mort fut précédée de beaucoup de tourmens et d’une grande agitation. L’estomac , resserré et plissé, ne contenait que les racines entières et telles qu’elles avaient été ingérées ; la membrane interne, plus rouge que dans l’état naturel, offrait, vers le fond où se trouvaient les petits morceaux de racines , des taches d’un rouge livide; la membrane séreuse correspondante à ces taches en offrait d’analogues , mais plus larges; les intestins, tout-à-fait vides, étaient contractés et comme desséchés ; le rectum était tapissé d’une mucosité verdàtre; la vessie était petite, vide et plissée; les ventricules du cœur contenaient une grande
. quantité de sang noir concret. LA Ceite expérience ayant été répétée par le même auteur sur des chiens, des loups, des aïgles » soit avec les racines, soit avec le sue de ciguë, a fourni des résultats analogues. En général, on a remarqué que la démarche était vacillante peu de temps après l’ingestion de la substance vénéneuse ; que les animaux étaient abattus qu agités et que leur tête