‹ Traité des poisonsChapitre 95 sur 109 · DE L'EMPOISONNEMENT POISONS SOLIDES · texte numérisé non relu

DE L'EMPOISONNEMENT POISONS SOLIDES

1065. On commencera par examiner si le poison appartient au règne inorganique ou au règne organique.: à cet effet, on en mettra une très-petite quantité sur une plaque de fer chauffée jnsqu’au rouge obscur : tous ceux appartenant au règne organique seront décomposés, répandront une fumée dont l’odeur sera analogue à celle du caramel, du vinaigre, ou à celle de la corne qui brûle, et laisscront, en général, un résidu charbonneux plus ou moins abondant; quelques-uns d’entre eux, composés à-la-fois de substances végétales et minérales , tels que les acétates de plomb et de cuivre, l’émétique, donneront aussi, pour résultat de cette opération, les métaux ou les oxides qui entrent dans leur composition. Les poisons inorganiques , mis sur une plaque de fer chauffée jusqu’au rouge obscur, offriront des phénomènes variables : les uns se volatiliseront, répandront une fumée piquante dont l'odeur ne sera jamais analogue à celles dont nous venons de parler ; les autres se boursouffleront; enfin la majeure partie d’entre eux n'éprouvera aucune altération , et, dans aucune circonstance , is ne laïisseront un résidu charbonneux. |

Si l’on a déterminé que le poison solide appartient au règne organique, on cherchera à décider, par ses propriétés physiques, si sa nature est végétale où animale. On peut dire, d’une manière générale, que les matières qui répandent une odeur de caramel lorsqu'on les décompose par le feu sont des matières végétales, mais on ne peut pas aflirmer que celles qui, placées dans les mêmes circonstances , cxhalent une odeur infecte.de corne, soient des matières animales ; car on trouve dans le règne végétal un certain nombre de substances que l’on pourrait apveler animalisces, qui contiennent une grande quantité

d’azote , et qui donnent une odeur analogue en se décomposant.

1066. Si la substance organique sur laquelle on a fait ce premier essai a répandu une odeur de caramel, et qu’elle soit sous la forme de poudre ou de cristaux d’une couleur blanche ou bleuaire, on recherchera si c’est de l’émétique , de lacide oxalique, de l’acide tarlarique, de l’acétate de plomb, de Pacétate de cuivre ou du vert-depris "0e sont, parmi les substances végétales vénéneuses que l’on peut bien distinguer par les réactifs, celles qui se trouvent le plus communément dans le commerce. A cet effet, on en fera dissoudre une petite quantité dans de l’eau distillée , et on versera de l’acide sulfurique dans la dissolution. |

Cet aëide précipite Cet acide ne précipite pas L'émétique ,: ; L'acide oxalique, L'acétate de plomb. L’acide tartarique ,

Les dissolutions d’acétate de cuivre et de vert-de-gris.

1067. Si l'acide sulfurique y a fait naître un précipité, on versera dans une autre portion de la dissolution un hydro- sulfate soluble (hydro-sulfure) : l’émétique précipitera en orangé rougeûtre +; l’acétate de plomb en noir +- (1).

Dans le cas où l’acide sulfurique ne fournirait aucun précipité, on verserait dans le liquide quelques gouttes

(1) Nous employons le signe Æ pour désigner que le poison est reconnu, el par conséquent que nous ne le ferons plus enirer dans le tablean. En supposant donc qu’on ait obtenu un précipité noir par l’hydro-sulfate, ce qui indigne un sel de plomb, il faudrait alors employer le reste de la dissolution à

d'ammoniaque, qui précipiterait la dissolution de cuivre | que, Qui I P

et lui donnerait une teinte bleue - ; tandis qu’elle ne pro-

duirait rien de semblable dans les dissolutions des acides oxalique et tartarique.

L'acide oxalique serait distingué de l'acide tartarique par les caractères suivans :

1°. [1 laisse très-peu de charbon quand on l’expose sur une plaque métallique d’un rouge obscur : l’acide tartarique en laisse au contraire beaucoup.

2°. L'acide oxalique décompose la dissolution de sulfate de chaux, qu’il précipite en blanc ; l'acide tartarique ne trouble point ce sel. 6

Matières solides inorganiques.

1068. Lorsqu'on sera parvenu par ce moyen à conclure que la matière solide appartient an règne inorganique, on en prendra une certaine quantité, et on la fera dissoudre dans de l’eau distillée que l’on fera bouillir pendant un quart d'heure, si la dissolution ne s’est pas opérée à froid. |

La portion que l’on fera dissoudre sera toujours proportionnelle à la quantité dont on pourra disposer; mais, en général, on agira sur la moitié ; car c’estavec la dissolution que l’ôn obtient des caractères propres à reconnaître le poison. Il est inutile de faire sentir que la quantité d’eau distillée varie aussi suivant la dose de matière sur laquelle on opère, sa solubilité , etc. ; mais, en général, on emploiera le moins possible de ce liquide afin d’avoir des dissolutions plus concentrées,

confirmer, au moyen des réaclifs indiqués à l’article p/omb (vor. tom. 1*°.), que c’est effectivement un sel de ce métal : le médecin-légiste serait blemable et pourrait être induit en erreur s'il négligeait de faire ces essais ultérieurs.

Substances solubles dans l’eau Substances insolubles.

en totalite ou en partie.

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