‹ Traité des résections et des opérations conservatrices (volume 2)Chapitre 42 sur 166 · Lossen, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Lossen, loc. cit., p

RESECTION DU GENOU. 565

pour 100. Recherchant la différence de mortalité dans la pratique civile et dans la pratique hospitalière, Culbertson avait trouvé que les plaies par armes à feu, traitées à domicile, n'avaient donné que 25 pour 100 de morts, tandis qu'à l'hôpital ou dans les ambulances, la mortalité s'était élevée à 87,5 pour 100 '. Pour les blessures communes, la résection dans la pratique privée avait donné 25 pour 100, et 56,50 pour 100 dans les hôpitaux. Contrairement à ces résultats pour les résections traumatiques. les résections pathologiques avaient donné 50,76 pour 100 dans la pratique privée, et 25 pour 100 dans la pratique hospitalière2.

En 1881, au congrès international de Londres, Kocher présenta un travail3 basé sur 52 cas personnels de résections du genou, dans lequel il accusait 6 morts, 4 amputations consécutives et 4 réexcisions. Six de ses opérés étaient encore en traitement. Parmi les 52 autres, il y avait deux cas d'articulation lâche et môme ballante (Schlottergelenk). Dans un autre cas, l'articulation était restée mobile avec des mouvements actifs de flexion et d'extension.

Comme statistique personnelle, nous citerons encore celle plus récente d'Ashhurst\ Sur 51 résections pratiquées sur 50 malades (résection bilatérale dans un cas), le chirurgien de Philadelphie compte 5 morts, soit 10 pour 100, une amputation consécutive et une résection itérative pour une soudure des os en mauvaise position.

Toutes les statistiques démontrent la faible mortalité des résections orthopédiques, même avant l'antisepsie, puisque dans Culbertson elle est de 15,20 pour 100 pour tous les cas réunis; nulle dans la pratique privée (4 cas), elle atteint 12,5 pour 100 dans la pratique hospitalière (24 cas, 5 morts). Penières et Picard avaient trouvé une mortalité de

1. Spilmann et Penières avaient à peu près trouvé la même proportion.

2. Dans les statistiques de Culbertson, Penières, Picard, on voit que l'âge dans lequel la mortalité atteint son minimum esteompris entre cinq et vingt-cinq ans. Culbertson avaittrouvé, comme Penières, 38,8 pour 100 pour les sujets au-dessous de cinq ans, et Picard, calculant sur 1 75 cas plus récents, n'avait trouvé qu'une mortalité de 5,5 pour 100. De cinq à dix ans, Penières donne 15,4 pour 100 et Culbertson 16,19 pour 100; de dix à quinze ans, l'auteur français a trouvé 15,4 pour 100, et l'auteur américain 17,7 pour 100. De son côté, Picard était arrivé à 7,8 pour 100, de cinq à dix ans, et à 10,10 pour 100 de dix à quinze ans. Dans toutes ces statistiques, la mortalité augmente au-dessus de vingt ans et surtout après trente ans. Pour Penières, elle est de 18,9 pour 100 de vingt à trente ans; pour Culbertson, de 50,11 pour 100; pour Picard, de 12,5 pour 100. De trente à quarante ans, elle atteint son maximum; elle est de 45,2 pour 100 dans la statistique de Penières et de 41,55 pour 100 dans celle de Culbertson. Le nombre des cas diminuant ensuite considérablement, il est difficile d'établir ses calculs sur des éléments nombreux. Pour Penières, elle est de 47 pour 100 au-dessus de quarante ans, etCulberston, qui donne 55,84 pour 100 entre quarante et cinquante ans, ne trouve que 25 pour 100 (1 mort sur 4) entre cinquante et soixante ans! Nouvel exemple de l'erreur à laquelle exposeraient ces statistiques si elles étaient acceptées sans critique. Tous ces chiffres se rapportent aux résections pathologiques.

5. Results of fifly-lwo cases of Excision of the knee-joinl for strmnous Diseases, in Transactions of the médical congress. London, 1881. 4. Transactions of the American Surgical Association, 1888, p. 25.

12,5 pour 100 environ. Mais peu de temps après, Poinsot1, groupant tous les faits qu'il avait pu rassembler depuis les opérations de Rhéa- Barton et de Gurdon-Buck, montrait que si la mortalité générale était de 8,95 pour 100, on ne trouvait pas un seul cas de mort sur 55 résections pratiquées depuis 18642. Aujourd'hui nous pouvons la considérer comme à peu près nulle pour les cas favorables. Depuis l'antisepsie, nous n'avons eu pour notre part aucune mortalité; avant les pansements actuels, en 1870, nous n'avions pratiqué qu'une fois cette opération, et notre malade mourut.

Relativement à la gravité comparative de la résection et de l'amputation (en dehors des castraumatiques), les anciennes statistiques, lorsqu'elles étaient dressées d'une manière rationnelle, c'est-à-dire qu'elles comparaient des opérations faites dans les mêmes milieux, donnaient des résultats à peu près semblables, quoique différant suivant l'âge des opérés. En 1869, Bryant et Mac-Cormacr' avaient trouvé une mortalité de 4,5 pour 100 pour l'amputation de la cuisse au-dessous de vingt ans (3 morts sur 69 amputations) et une mortalité de 52 pour 100 au-dessus de cet âge (58 morts sur 119 amputations).

La statistique des résections du genou qui porte sur les cas les plus nombreux, depuis l'introduction des nouvelles méthodes de pansement, a été publiée en Amérique, par Phelps4, qui a basé ses calculs sur 529 résections prises à toutes les sources. Il a trouvé 51 morts, soit une mortalité générale de 9,42 pour 100. En retranchant 29 cas dus à la phthisie et à d'autres maladies ou accidents indépendants de l'opération, la mortalité descend à 5,05 pour 100. Sur les 10 cas dont la mort peut être attribuée à l'opération, il n'y a que 1 cas de pyohémie et 5 de septicémie. Sur 529 cas, Phelps a trouvé 19 amputations consécutives, soit 5 pour 100 sur le nombre total des résections.

Cette statistique, comme toutes celles qui sont basées sur des faits empruntés au hasard dans les différentes publications médicales , est passible des reproches que nous avons déjà articulés contre les documents de ce genre, aussi sommes-nous heureux de publier en terminant la statistique intégrale de J. Bœckel1, qu'il a bien voulu nous communiquer, et qui est le plus convaincant des arguments en faveur de la résection du genou.

1. Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie de Paris. Séance du 28 mai 1879.

2. En défalquant un cas de Socin, dans lequel la mort survint à la suite d'une hémorrhagie méningée. — Nous ferons remarquer que nous ne pouvons admettre cette manière de faire lu Statistique. Nous avons eu dans notre dernière série un accident analogue, et nous le rangeons parmi les morts dues à l'opération elle-même, la perturbation amenée par l'anesthésie et le choc iraumatique n'étant probablement pas étrangère à la rupture des vaisseaux cérébraux.

3a Médical Times ( 2 janvier 186?»

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