‹ Traité des résections et des opérations conservatrices (volume 2)Chapitre 8 sur 166 · F. — INDICATIONS DES RÉSECTIONS TRAUMATIQUES DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

F. — INDICATIONS DES RÉSECTIONS TRAUMATIQUES DE LA HANCHE

Nous devons être très réservé sur cette question. L'antisepsie change tellement les conditions du problème que nous ne pouvons le résoudre avec les observations des guerres passées. Nous n'avons pas, du reste, grande expérience personnelle sur ce sujet1, et nous ne trouvons pas dans l'histoire chirurgicale des guerres récentes des documents sur lesquels nous puissions nous appuyer pour formuler une opinion. La résection s'est montrée si grave jusqu'ici que la plupart des chirurgiens sont portés vers la conservation absolue. Cette tendance est même tellement générale depuis l'antisepsie qu'il est à craindre qu'elle ne s'exagère encore et n'empêche de faire des esquillotomies ou des extractions de la tète fémorale dans les cas où l'opération, loin d'aggraver Tétat du blessé, ne pourra que le simplifier.

Il ne faut pas en effet oublier que si l'antisepsie préventive doit permettre plus qu'autrefois à la conservation absolue de réussir, elle a diminué parallèlement le danger d'une intervention opératoire qui aura pour but unique d'enlever les causes d'inflammation et d'infection laissées dans la plaie par une fracture en éclat. Comme nous ne pourrions exposer que des vues théoriques, nous nous contenterons de rappeler à ce sujet les statistiques de la résection de la hanche recueillies dans les dernières guerres, mais à titre de documents historiques seulement, car nous sommes fondés à espérer de tout autres résultats par les nouveaux pansements, et surtout, par l'occlusion inamovible antiseptique.

La statisikfuede Langenbeck2, relative aux plaies par armes à feu de la hanche, porte sur 119 cas. Sur ces 119, 88 ont été traités par la conservation et ont fourni 25 guérisons et 65 morts, soit une mortalité de 71,59 pour 100. D'autre part, 51 blessés ont été réséqués et sur ce nombre 4 ont guéri et 26 sont morts (1 douteux), ce qui fait une mortalité de 85,87 pour 100.

Dans l'ouvrage d'Otis3, on voit que sur 504 plaies de l'articulation

1. Dans la guerre de 1870-71, nous n'avons eu à soigner que trois blessés de cette catégorie. Ils étaient atteints de coups de feu à la hanche, avec fracture du col du fémur. On ne les avait pas touchés ; ils moururent tous les trois à bref délai, deux de gangrène septique. — Nous ne connaissons qu'un cas de succès obtenu en France, dans cette guerre, parla résection : c'est celui de Dnbreuil.

2. Ueber die Schiissverletzungen des Hiïftgelenks, in Arch. fur kl. Chirurg. 1874.

5. The médical and surgical history of die war of the rébellion. Part. III, volume II, second issue, 1885. page 65.

coxo-fémorale traitées par la conservation, il y a eu 55 guérisons et 249 morts, soit 22 pour 100, tandis que 55 résections n'ont donné que deux guérisons contre 55 décès, soit 5,6 pour 100. Mais dans une statistique plus récente, portant sur 66 cas, il a trouvé 6 guérisons, soit 10 pour 100. Au point de vue de l'époque de la résection, il signale un seul cas de guérison pour la résection primitive sur 55 opérations, 2 cas sur 20 pour les résections intermédiaires, et 5 cas sur 8 pour les résections post-fébriles qu'il appelle secondaires.

Rohmer1 réunissant tous les cas publiés dans les diverses statistiques a dressé le tableau suivant :

RÉSECTIONS

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