VI CONDILLAC
recommencer ses études sur un nouveau plan quand on sort des écoles *. Il a conservé un mauvais souvenii- de la logique qu'on enseignait au collège'; la dialectiqu? des péripatéticiens lui semble tout à la fois la méthode la plus ingénieuse, la plus inutile et la plus vicieuse '. On avait dans sa famille une opinion assez médiocre de son intelligence: « J'ai vu, dit Rousseau*, dans un âge assez avancé, un homme (Gondillac) qui m'honorait de son amitié, passer dans sa famille pour un esprit borné ; cette excellente tête se mûrissait en silence. » Gondillac employa un certain nombre d'années à refaire son éducation et à chercher une méthode qu'il n'avait pas trouvée chez ses maîtres. Il est à regretter qu'il ne nous ait pas donné comme Descartes l'histoire de ses méditations et de ses recherches : Rien n'est plus intéressant, dit-il lui-même à propos du Discours de la Méthode, que de pouvoir suivre la marche d'un grand esprit à la recherche de la vérité.
Gondillac lut un certain nombre de philosophes. Il connut Descartes. Il a condamné, il est vrai, sa physique, mais il a conservé en grande partie sa méthode et accepté, tout en substituant la faculté de sentir à celle de penser, la distinction célèbre entre la pensée et l'étendue ". Il lut