‹ Traité des signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 2 sur 83 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Longtemps elle a régné sur le monde et dans la science, car la doctrine de l'incertitude des signes de la mort et la croyance aux histoires d'enterrements précipités ont presque toujours prévalu dans les esprits, malgré les efforts de quelques savants tout dévoués à la défense de l'opinion contraire. De nos jours même, cette crainte s'est encore révélée par de nombreux projets imités de l'Allemagne et soumis à l'autorité pour obtenir la construction de maisons mortuaires destinées à attendre la putréfaction si faussement regardée comme le seul caractère certain de la mort.

Nous en étions là, lorsque le professeur Manni , auteur d'un intéressant ouvrage sur l'asphyxie et la mort apparente (1), fît un appel à la science en proposant de récompenser celui des médecins qui réussirait à rendre le diagnostic de la mort aussi sûr que prompt et facile. Il soumit son projet à l'Académie des sciences, qui accepta avec reconnaissance cette offre toute libérale et bien digne d'un médecin, ce bienfaiteur naturel de l'humanité. La question fut mise au concours, et le rapport de l'Académie témoigne suffisamment, je crois , par son étendue , moins encore que

(1) Manual pratîco -per la cura degli apparentemente morti fremessevî aîcune idée generali di Polizîa medica per la tutéla délia vita negli asfittiei. Napoli , 1835, in-8.

PREFACE. Itt

par sa richesse, de l'importance accordée par MM. les commissaires à la question d'intérôi public posée par le professeur Manni.

La moindre attention suffira toujours au médecin pour reconnaître la mort à l'instant même où elle a lieu , s'il est suffîsammeîit éclairé sur les phénomènes et les manifestations de la vie.

11 trouvera dans la cessation de cliacuB de ces phénomènes, autaat de caractères diagnostiques de la mort parmi lesquels, s'il j en a de douteux, il en existe de très certains^ ce qui résulte de la plus ou moins grande importance des fonctions suspendues. Nous avons appelé signes immédiats les premiers phénomènes de la mort, et nous les avons suivis dans leur corrélation intime avec la cessation des fonctions du cœur, du poumon et du cerveau, en démontrant pour les uns et pour les autres leur degré d'importance et de certitude.

Quant aux phénomènes ultérieurs qui composent la série des signes éloignés de la mort, ils dépendent à peu près uniquement de l'action physique et chimique des molécules de la matière inanimée les unes sur les autres. Ce qui constituait la vie dans chacune des molécules organiques ayant disparu, elles

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