PREFACE. V
rendre cet accident impossible, et à donner aux hommes un gage certain de sécurité à cet égard. La science Ta ainsi proclamé par la voix de ses plus savants interprètes au sein de l'Académie, et c'est assez pour dissiper les inquiétudes de ceux qui pourraient encore craindre d'être enterrés vivants. Ce résultat n'était pas moins nécessaire à l'administration de notre pays pour la guider dans l'établissement de la vérification légale des décès, telle qu'on la pratique aujourd'hui dans plusieurs de nos grandes villes. Cette mesure , réellement protectrice de la vie des citoyens , est en définitive la seule qui mérite d'être prise en considération, mais il faut la mettre en usage sur une plus grande échelle et dans tout le territoire. Nous n'avons publié les documents administratifs qui s'y rattachent , depuis les articles de notre code mortuaire jusqu'aux arrêtés, règlements de police et circulaires de l'administration, que pour mieux faire comprendre son importance et pour fixer plus sérieusement l'attention sur elle. La vérification des décès ne doit pas être une chose facultative, pratiquée ici, inconnue ailleurs ; ce doit être une règle générale pour tous, une prescription de la loi, car c'est le seul moyen d'éviter le genre
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de méprises dont nous avons parlé , ou moins de prévenir leurs fâcheuses conséquences , en arrêtant à propos l'inhumation d'une personne en état de mort apparente.
15 janvier 18/i9.
E. BOUCHUT.
p. s. Nous n'avons jamais voulu effrayer personne en parlant 4es morts apparentes et des méprises dont elles peuvent avoir été Fobjet. Nous nous sommes abstenu avec soin de ces peintures effrayantes qu'on trouve dans presque tous les ouvrages ayant même titre que le nôtre. Nous avons au contraire cherché à rassurer Fhomme sur le péril des inhumations précipitées en lui indiquant ïe sûr moyen de s'en garantir. Nous avons ainsi donné l'exemple , Ti nous désirons bien vivement qu'il soit suivi par tous ceux qui peuvent à leur gré, dans la presse périodique, arrêter ou propager ces craintes.
Aujourd'hui encore, 19 janvier, le Constitutionnel rapporte l'histoire d'un jeune homme asphyxié par le charbon, saigné trois fois sans résultat, faussement considéré comme mort, enseveli et abandonné quoiqu'il fût vivant, car le lendemain on le trouva, dit- -on , bien réellement mort cette fois et baigné dans le sang de ses îrois ouvertures de veines laissées béantes.
Que aiM. les Rédacteurs du Journal que je viens de citer me permettent de le leur dire, cette triste anecdote est bien invraisem- Mable; ils auraient peut-être pu se montrer plus difficiles pour la recevoir, car de pareils faits ont besoin d'être vérifiés avec la plus grande attention. Il faut y regarder mûrement avant de répandre cinsi l'alarme dans le public sur un sujet de cette nature. Messieurs les Rédacteurs n'ont eu, assurément, dans cette circonstance, d'autre pensée que celle d'exciter la sollicitude du gouver- «emeat; mais ils pourraient peut-être le faire plus avantageuse- -orent, en popularisant les progrès de la science et en usent de leur ïnfluence pour faire adopter d'une manière générale les mesures ]3é€essaires à la vérification intelligente de tous les décès sans ^"exception.