‹ Traité des signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 69 sur 83 · LXX. Submersion pendant huit jours · texte numérisé non relu

LXX. Submersion pendant huit jours

« Il y a peu de temps qu'environ à quatre lieues de la ville de Falung , où se trouve cette montagne fameuse par le cuivre qu'on en tire en quantité , un barbouilleur qui ne savait de peinture qu'autant qu'il en fallait pour tracer quelques figures grossières dans les poêles des paysans, tomba d'une barque dans l'eau, de manière qu'il se trouva au fond debout sur les pieds. On le chercha inutilement pendant huit jours , après lesquels il remonta sur l'eau, et reparut plein de vie. Le juge et le pasteur du lieu lui firent les questions suivantes. S'il avait toujours respiré. Il répondit qu'il n'en savait rien. S'il avait pensé à Dieu , et s'il lui avait recommandé son âme. Il répondit, souvent. S'il avait pu voir et entendre. Il répondit que oui ; qu'il aurait même souvent empoigné les crocs avec lesquels on le cherchait , s'il avait pu avancer le bras. Il ajouta que les poissons avaient fait continuellement la guerre à ses yeux , ce qui lui causait un grand chagrin. On lui demanda comment il avait pu s'en garantir. Il répondit en remuant les paupières. Il rapporta, quant à l'ouïe,

fi) Bruhier, loc.cit,^ p. iSh,

que rien ne lui avait été plus douloureux que lorsqu'on frappait l'eau du dehors, et qu'il avait surtout ressenti aux oreilles une grande douleur, qui se communiquait à tout le corps, toutes les fois que quelqu'un venait puiser de l'eau avec un seau. On lui demanda s'il avait senii la faim et rendu des excréments; il répondit que non. S'il avait dormi. Il dit qu'il n'en savait rien; qu'il le croirait pourtant , parce qu'il avait été quelquefois hors de lui-même, mais que toutes les pensées dont il se souvenait n'étaient que Dieu , et sa délivrance pour objet , ou du moins qu'il ne se souvenait d'aucune autre chose (1). »

LXXI. Submersion ; promenade de 1,500 pas environ pendant deux heures, sur le sol, au fond des eaux.

« Kunckel tient celte histoire d'un témoin oculaire , au fils de qui il arriva de tomber d'une barque dans l'eau, et d'aller au fond , sur lequel il fit environ quinze cents pas pour gagner le rivage. Ce jeune houjme lui dit qu'il avait pensé à Dieu en se donnant les mouvements nécessaires pour se sauver, et qu'il ne se souvenait pas d'avoir pensé à autre chose; que la voix de sa soeur qui criait sur le rivage lui avait servi à diriger sa route du côté qu'il l'entendait; que les coups donnés à l'eau et les cris qu'il entendait distinctement, lui avaient été fort incommodes ; qu'?7 avait mis deux heures à faire le trajet de l'endroit où il était tombé jusqu'au rivage; qu'il avait respiré sans savoir comment cela était arrivé ; que l'eau

(1) Bruhier, loc. cil., t. II, p. 107.

n'était point entrée dans son corps , et qu'il avait senti delà chaleur au lieu de froid (Ij. »

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