‹ Traité des tumeurs bénignes du seinChapitre 2 sur 84 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'ouvrage que je publie aujourd'hui est le résultat de plusieurs années de travail. J'en ai conçu l'idée dès 1 860, alors que j'étais interne de Velpeau. A cette époque j'eus l'occasion d'observer un très-grand nombre de tumeurs du sein. Le service du professeur de la Charité était, on le sait, le rendez-vous de beaucoup de malades atteintes d'affections de cet organe, et l'on peut dire que les maladies et surtout les tumeurs du sein, formaient le sujet favori de l'enseignement clinique du célèbre chirurgien.

Bien que Velpeau, sous Tinfluence des travaux successivement produits par les diverses écoles anatomopathologiques, eût déjà modifié plusieurs des opinions qu'il avait longtemps défendues avec le plus d'ardeur, il me semblait, dès ce moment, que tout n'était pas dit sur cet important sujet.

Aussi à mon début dans la carrière hospitalière,

Vlll INTRODUCTION,

je me suis immédiatement préoccupé de réunir des matériaux sur ce point intéressant de chirurgie.

Mes observations personnelles ont d'abord été peu nombreuses, et Texamen anatomique des pièces que j'avais à ma disposition, fait avec le concours d'anatomopathologistes professant souvent des opinions différentes, ne pouvait présenter l'esprit de suite et la cohésion nécessaires dans un pareil travail.

Pour atteindre le but que je me proposais, j'ai donc dû associer à mes travaux un homme qui, par son âge et son instruction spéciale, fût au courant des progrès si rapides faits par l'histologie dans ces dernières années, et qui cependant fût assez indépendant des diverses écoles pour n'être pas entraîné par des idées préconçues dans un sens plutôt que dans un autre.

En môme temps, il me paraissait nécessaire, pour que l'association projetée pût être véritablement utile, que celui qui devait prendre part à mes travaux professât des principes cliniques identiques aux miens- Un élève, ayant travaillé longtemps avec moi et destiné à continuer sans interruption ses études à mes côtés^ pouvait seul partager assez mes idées pour rendre l'association tout à fait intime. J'ai eu la bonne fortune de rencontrer toutes ces conditions réunies dans un de mes élèves, M. P. Coyne, qui, depuis cinq ans environ, a poursuivi avec moi les recherches dont nous venons aujourd'hui publier les résultats.

Dès l'année 4874, nous arrêtâmes, mon ami Coyne et moi le plan de l'ouvrage que nous livrons aujour-

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