‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 44 sur 103 · II. li · texte numérisé non relu

II. li

trouve que tous les vaisseaux ont acquis un calibre beaucoup plus» considérable. Ils ont en général de 0^,05 à 0,06. Ce qui m'aie plus frappé dans Tétude que j'ai faite de ces vaisseaux, c'est l'uniformité de leur calibre. Ainsi, dans un cas oîi le plus gros avait 0,06, les plus petits avaient encore 0,045, et si l'on suivait ces vaisseaux dans leur trajet tortueux jusqu'à leur origine sur les artérioles et sur les veinules, on pouvait acquérir la certitude que le réseau capillaire était dilaté d'une manière à peu près uniforme dans toute son étendue. Non-seulement aucun vaisseau n'avait conservé son calibre normal deO,Oi, mais encore on n'en trouvait aucun dont le calibre fût compris entre 0,01 à 0,04. J'ai fait cette observation sur une tache érectile artérielle cutanée, qui existait au moins depuis la première enfance, et peut-être depuis la naissance, sur la paupière d'un adulte, et qui, n'ayant jamais fait de progrès, ne formait aucune saillie. Il est probable que, dans les tumeurs érectiles toutes récentes, le calibre des vaisseaux est moins uniforme, et qu'on doit trouver alors des capillaires de toute dimension, depuis 0,01 jusqu'à '0,04 et au delà.

M. Porta, qui a fait un si grand nombre d'observations sur ce sujet, et qui a représenté avec tant d'exactitude les vaisseaux des tumeurs érectiles, ne parait pas s'être servi du micromètre et n'a pas indiqué dans son texte le calibre des capillaires dilatés, mais il a donné un grand nombre de figures, dessinées sous des grossissements déterminés, ce qui permet de retrouver par des calculs très simples les dimensions absolues; et j'ai reconnu ainsi que presque tous les vaisseaux qu'il a représentés sont compris entre 0^04 et 0,06 : c'est à peine si l'on en trouve quelques-uns de 0,03.

Les parois des capillaires sont loin de s'bypertrophier en raison de la dilatation qu'elles subissent. Leur épaisseur n'est pas diminuée, mais elle est rarement doublée dans le degré que nous étudions actuellement; tandis que le diamètre des conduits est accru au sextuple. On peut donc dire que les parois, considérées par rapport au calibre, sont amincies; elles le sont plus ou moins suivant les cas, et il est probable que cette circonstance n'est pas sans influence sur la marche ultérieure de la tumeur érectile.

Les vaisseaux ne se dilatent pas moins dans le sens longitudinal que dans le sens transversal ; il en résulte qu'ils forment des anses repliées, des flexuosités entrelacées, entortillées, pelotonnées, sous lesquelles le tissu primitif de l'organe affecté disparaît près-

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