TRAITEMENT. — TATOUAGE
Noos y reviendrons dans les chapitres consacrés à Tétude de ces tumeurs.
§ 2. — Traitement des tomeura ërectiles.
Le traitement des tumeurs érectiles est palliatif ou curatif.
Le traitement palliatif est à peu près illusoire. Il a pour but de masquer la difformité qui résulte de la présence des taches cutanées, en modifiant la couleur de ces taches au moyen du tatouage. On ne peut guère espérer de rendre ainsi à la peau sa teinte naturelle; le hasard seul pourrait faire que le mélange de vermillon et de blanc de céruse qu'on emploie à cet effet, reproduisit exactement la couleur de la peau environnante, mais ce serait déjà beaucoup si Ton pouvait substituer à une couleur choquaute, comme le bleu des taches vineuses, une teinte moins disparate. Cette méthode, imaginée par M. Pauli, de Landau (4), a été essayée en France par M. F.-S. Cordier, qui l'a appliquée avec succès au traitement des oevi pigmentaires^ mais qui n'a pas réussi à modifier la couleur des n»vi vascuhires. Si les remarques faites par ce dernier auteur sont exactes, il n'est guère permis de compter sur la méthode du tatouage. Suivant lui, ce n'est pas en déposant dans la couche superficielle du derme une matière colorante, que le tatouage réussit à blanchir les taches pigmentaires, mais en produisant une irritation et une petite suppuration qui, d'une part, font éliminer le dépôt de pigment, qui, d'autre part, modifient la surface tégumentaire et mettent obstacle à la sécrétion ultérieure du pigment. Quant aux poudres blanches introduites par acupuncture, elles n'ont pas un pouvoir colorant assez prononcé pour atténuer d'une manière notable la couleur bleue ou la couleur rouge des taches érectiles (2). n ne parait donc pas que le tatouage puisse remplir l'indication posée par M. Pauli, mais il provoque une inflammation qui est de nature à amener quelquefois la guérison de certaines tumeurs érectiles. A ce point de vue, le tatouage n'est qu'un procédé infidèle de la méthode générale qui a pour but de faire naître dans ces tumeurs une inflammation curative.
Le traitement curatif comprend une foule de procédés et de sousprocédés qui peuvent) d'après leur mode d'action, être divisés en trois groupes, c'est-à-dire ramenés à trois méthodes principales.
(I) Paali, Ueber dot Peuermaal und diê eintig sichere Méthode dièse Entstellung mm Keiien, dans Siebold's, Journal fur Geburtshùffe, Leipiig, 1S35, in-S», Bd. V, ». «6.
O) Hecue médico-chirurgicale de àÊnfgaigne, t. IV, p. 26. Paris, I8t8, in-S*.
230 DBS TUMBURS ÉRECTILBS.
L'étude des guérisons spontanées nous a montré que les tumeurs érectiles peuvent guérir naturellement, par atrophie, ou accidenteUement^ à la faveur d'une inflammation qui modifle leur tissu en obli* térant leurs vaisseaux propres. On peut chercher à imiter l'un ou l'antre de ces deux modes de guérison. De là, deux grandes méthodes ayant pour but : l'une de faire atrophier la tumeur érectile, Tautre de la convertir en une tumeur non érectile, qui entre ensuite en résolution. Enfin, lorsque ces deux méthodes sont ou paraissent insuffisantes, la chirurgie peut intervenir par une méthode plus radicale, qui consiste à détruire ou à extirper la tumeur.
La première méthode peut être appelée méthode atrùphique; la deuxième, méthode perturbatrice ; eiX^ivoisihmt^ enfin, méthode des^ tructive.
A. — Méthode atrophique.
Les procédés de la première méthode se divisent en deux groupes bien distincts : les uns, en efi'et, s'appliquent sur la tumeur même, tandis que les autres s'appliquent en dehors de la tumeur; en d'autres termes les uns sont directs, les autres indirects.
1® Les procédés directs sont : la compression, la réfrigération^ les topiques astringents; ces moyens sont peu efficaces.
J*ai déjà parlé de la compression dans la première partie de cet ouvrage (p. 413 et 420). J'ai indiqué les principaux procédés dé compression qui sont applicables aux tumeurs en général. Mais je mentionnerai ici un procédé spécial qui n'a guère prise que sur les tumeurs cutanées : c'est l'application réitérée de coUodion, proposée par M. Brainard, de Chicago, et employée par lui deux fois avec succès (I). La compression agit en empêchant le sang de traverser la tumeur et de distendre les vaisseaux, qui reviennent sur eux-mêmes, et qui, dans les cas les plus heureux, finissent par reprendre leur calibre normal.
La réfrigération a été introduite dans la pratique par Abemetby, qui, attribuant la distension des vaisseaux à <t une action inflammatoire, » se proposait de combattre cette inflammation en abaissant la température; cette théorie était entièrement fausse; si la réfrigération peut guérir les tumeurs érectiles, ce n'est pas en faisant* résoudre une inflammation qui n'existe pas c'est en faisant contracter les vaisseaux dilatés de la tumeur et en les ramenant à la longue à leur calibre naturel. Mais il faudrait sans doute, pour
(1) Bulletin dt thérapeutique, U XXXVm, p. 4t6, Paru, 1850, in-8«.