‹ Traité des tumeursChapitre 38 sur 140 · REMARQUES SPÉCIALES · texte numérisé non relu

REMARQUES SPÉCIALES

vent dès lors ôtre considérés comme des hypertrophies partielles ; mais beaucoup d'autres sont complètement énucléables, et d'autres enfin sont décidément de formation nouvelle, puisqu'ils sont situés en dehors de l'utérus et ne présentent aucune continuité avec cet organe. J'ajoute que j'ai vu une de ces tumeurs chez l'homme^ entre la portion membraneuse del'urcthre et la face antérieure du rectum. J'ai jugé opportun de ne pas segmenter le groupe des hystérômes, de même que j'ai conservé l'unité des kystes et celle des tumeurs érectiles. On remarquera d'ailleurs que ces trois espèces de productions accidentelles occupent sur mon tableau une situation très- voisine de celle qu'elles occuperaient, si on les rangeait parmi les hypertrophies partielles, de telle sorte que si on prenait le parti de dicholomiser l'une ou l'autre de ces espèces, les deux espèces nouvelles qui résulteraient de cette bifurcation se trouveraient encore très-rapprochées. Je n'ai donc pas à craindre d'avoir porté préjudice aux divisions naturelles.

Puisque je viens de parler des hystérômes, des tumeurs érectiles et des kystes, je crois devoir expliquer pourquoi ces trois espèces de tumeurs forment sur mon tableau un groupe particulier. Ce qu'il y a de commun entre elles, c'est qu'elles ne sont pas constituées par la répétition pure et simple d'un élément anatomique unique, mais par la combinaison de plusieurs éléments régulièrement disposés en un tissu homologue. On vient de voir qu'elles peuvent les unes et les autres être dues tantôt à un simple travail d'hypertrophie, tantôt à une néoplasie véritable. Ces tumeurs à éléments composés trouvent donc naturellement leur place après les hypertrophies, et avant les néoplasmes à éléments simples qui terminent le grand groupe de productions homœomorphes et homologues. J'ai cru devoir comprendre également dans le groupe des tumeurs homologues à éléments composés, celles qui sont constituées à la fois par l'hypertrophie et par l'hypergénèse des tissus, transitoires ou définitifs, des dents et des bulbes dentaires. La place que je leur assigne dans la série est justifiée à la fois par l'étude anatomique et par l'observation clinique.

Je n'ai pas dû donner place dans la classification à certains groupes de tumeurs qui figurent dans le langage des praticiens sous des noms collectifs, mais qui, en réalité, ne constituent pas des espèces. Ainsi les néurômes ou tumeurs des nerfs sont tantôt fibreux, tantôt fibro-plasliques, et quelquefois môme cancéreux ; leurs symptômes, leur marche, leur gravité, varient avec la nature du mal. Je ne proscris pas ce mot qui est commode dans la pratique, comme le mot ostéocèle qui désigne toutes les tumeurs des os, comme le mot

polype qui désigne toutes les tumeurs cancéreuses, fibreuses, flbroplastiques, glandulaires, hypertrophiques, etc., susceptibles de faire saillie et de se pédiculiser dans une cavité muqueuse. Dans l'étude des productions accidentelles considérées suivant les régions, ces mots, qui indiquent le siège ou la forme des tumeurs, peuvent être fort commodes et méritent d'ôlre conservés; mais ils n'ont pu trouver place dans notre tableau, parce que ce n'est ni le siège ni la forme des lissions, mais leur nature qu'on doit considérer dans les classilications.

J'ai déjà eu l'occasion de dire dans ma préface que l'étude des productions accidenleiics, en prenant ce mot dans son acception rigoureuse, embrasserait la plus grande partie du champ de l'anatomie pathologique et de la pathologie, et j'ai ajouté que je ne voulais traiter que d'une certaine catégorie de productions accidentelles, de celles qu'on est convenu de désigner sous le nom de tumeurs. Néanmoins, lorsqu'on étudie l'origine et la formation des éléments pathologiques, il est impossible de séparer l'étude des tumeurs proprement dites, de celle des autres productions accidentelles, parce que les principes qui président au développement de ces éléments sont d'autant plus faciles à analyser qu'on considère des cas plus simples, et parce que, dans les questions obscures, on doit, toutes les fois qu'on le peut, multiplier les termes de comparaison. Il m'a donc paru qu'il y avait avantage à grouper dans un môme tableau, sinon la totalité (qui pourrait s'en flatler?), du moins la plupart des productions accidentelles. Dans ce cadre, dont les divisions reposent principalement sur l'anatomie pathologique, j'ai fait figurer indistinctement, soiisdes titres qui malheureusement ne sont pas irréprochables, et les tumeurs que je me propose de décrire, et les productions accidentelles dont la description serait déplacée dans cet ouvrage. Le groupe des tumeurs tel qu'il est établi par l'usage est tant soit peu arbitraire ; on est convenu d'y admettre certains néoplasmes et d'en exclure d'autres néoplasmes qui ne diffèrent de ceux-là que par des caractères tout à fait accessoires. Ainsi la même altération, suivant qu'elle est diffuse ou circonscrite, rentre ou ne rentre pas dans ce grouj.e factice, approprié aux besoins de la chirurgie pratique, et non aux besoins delapalhologiegénérale.Entre la périostose difl'use, qui n'est pas une tumeur, et la périostose circonscrite qui constitue une exostose, et qui est rangée parmi les tumeurs, parce qu'elle est quelquefois opérable, il n'y a aucune difi'érence essentielle, etc. On passe, par des transitions insensibles, de la cicatrice simple à la kéloïde, aux boules fibreuses des nerfs amputés et aux tumeurs verruqueuses. On peut bien, par un triage de convention,

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