PETIT ZYGOMATIQUE
Syn. : Petit zygomalo-Iabial (Chaussier) ; Capitt sygomalicum muscnli quadratilabiisuperioris (N. a.) ; Lesser zygoinatic ; Muscle du pleurer (Duchenne, de Boulogne).
Absence. — Sur 100 sujets dont 50 hommes et 50 femmes je l'ai vu faire défaut 22 fois : 10 fois chez l'homme 7 fois des deux côtés, 1 fois à droite et 2 fois à gauche, 12 fois chez la femme : 5 fois des deux côtés^ 4 fois à droite et 3 fois à gauche. Sappey ne se trompe donc pas en affirmant qu'il manque « 1 fois sur 3 ou 4 sujets ».
A^ATOMiE COMPARÉE. — Le petit zygomatique disparaît communément chez le cheval, Vâne, le mulpt, la girafe (Lavocat, Owen, Lesbre).
M. le professeur Macalister avance que, dans l'ordre des Chéiroptères, il n'a rencontré ce muscle que chez le cephalotes. M. Maisonneuve croit cependant qu'on le retrouve chez toutes les chauves-souris, et que dans cet ordre de Mammifères il provient de l'oreille.
Disposition bicipitale, duplicité et triplicité du muscle. — Très exceptionnellement le petit zygomatique est attaché à l'os malaire par deux chefs dont l'un va renfoncer la demi-zone inférieure de l'orbiculaire des paupières, et l'autre, l'élévateur commun externe. Malgaigne, Mac Whinnie, Santorini, Walther \ M. le professeur Macalister ont vu, de chaque côté de la face, deux petits zygomatiques provenant soit de Torbiculaire des paupières, soit de l'os de la pommette. Un cas de triplicité du petit zygomatique est noté dans Morgagni -. Je n'ai constaté que deux fois la duplicité de ce muscle (chez deux hommes : une fois des deux côtés, une fois à droite).
Anatojhe COMPARÉE. — Lc petit zygomatique du chat est « formé de deux chefs dont l'un, supérieur, naît de l'os malaire au-dessous de l'orbite, et se porte au-dessous et en avant sur la partie postérieure de la houppe fibro-graisseuse qui soutient la moustache. Le second,
' Walther. Tenuiorummusc. anat. repetita in Ilaller's disputai, anat. selecl.,\o\.\\, p. 670. * Morgagni. Adversaria anatomica, XI, p. 23.
MUSCLES DE LA TÊrE 23
inférieur, naît sur le bord alvéolaire devant la grosse molaire, se porte en avant et se fixe à la même houppe, se confondant avec les fibres de l'élévateur de la lèvre supérieure, ainsi qu'avec le canin* ».
Variations des insertions et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Les variations des insertions du petit zygomatique ont été indiquées par Cruveilliier : « Le petit zygomatique, dit cet anatomiste'-, naît par plusieurs racines ; souvent l'une de ces racines est constituée par les fibres externes du muscle orbiculaire des paupières. Dans quelques cas le petit zygomatique est exclusivement formé par des libres détachées de ce muscle. Dans d'autres cas ce muscle extrêmement grêle naît de l'os malaire par deux faisceaux dont l'un va former le faisceau inférieur de l'orbiculaire des paupières et l'autre va s'unir à l'élévateur profond. Le plus ordinairement ce petit muscle naît de l'os malaire, au-dessous du grand zygomatique, se porte en bas et en dedans, gagne le bord externe du relévateur profond avec lequel il se confond {petit zygomato-lahial, Chaussier). »
Eustachius a signalé l'union de ce muscle et des fibres externes du muscle frontal. Chez le- négrillon de M. Hamy, l'orbiculaire des lèvres envoyait de son bord externe au petit zygomatique un faisceau de renforcement et, par son bord interne, s'emmêlait aux fibres externes de l'élévateur superficiel, tandis que de son bord inférieur partaient de petits faisceaux enchevêtrés qui se rendaient à la peau de la face et à l'orbiculaire des lèvres. (Hamy, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, 4870, p. 116.)
M. Chudzinski a vu, sur un nègre, le petit zygomatique naître de l'aponévrose épicranienne, dans la région temporale; le même auteur l'a vu, sur un Cochinchinois, se prolonger dans le peaucier du cou, et dans le canin chez un Annamite.
En mars 1881, j'ai disséqué des deux cotés, sur une femme, un faisceau musculaire, excessivement grêle, qui naissait par deux racines du grand et du petit zygomatique au niveau de leurs insertions osseuses, se dirigeait obliquement en haut et en arrière et allait rejoindre l'auriculaire antérieur. Le petit zygomatique peut encore se perdre dans les parties molles de la joue, à égale distance du zygoma et de la commissure labiale, être renforcé par une bandelette du risorius.
' Strauss-Durckheim. Loc. cit., p. 210.
- Cruveilhier. Aiuit. descripL, 2« cdit., t. II, p. 218.
2i VARIATIONS DU SYSTEME MUSCULAIRE DE L'HOMME
Anatomie comparée. — Les zygomatiques étant solidaires, les anomalies de l'un ressemblent beaucoup aux anomalies de l'autre : quand l'un est fort, l'autre est grêle ; quand il n'y en a qu'un, il est large, épais, et parfois bifide à l'une de ses extrémités. Un point digne de retenir l'attention, c'est le déplacement, vers l'oreille des insertions supérieures des zygomatiques qui a été observé anormalement dans l'espèce humaine, et dans le Troglodytes niger de Champneys, et qui s'observe normalement dans les Chéiroptères, le chien?, etc. « Nous voyons ici, remarque à ce sujet M. le professeur Maisonneuve (d'Angers), un nouvel exemple du procédé employé souvent par la nature de modifier les parties pour les faire servir à des usages différents au lieu d'en créer de nouvelles. L'oreille est dans les Chéiroptères l'organe prédominant de la face : cet organe est le mieux fourni en muscles, et même certains d'entre eux, qui sembleraient ne devoir pas entrer dans la constitution de l'appareil de l'audition, y entrent pour renforcer l'action des puissances musculaires nécessaires. »
Dans le fœtus de gorille le petit zygomatique n'est qu'une dépendance de l'orbiculaire des paupières.
RISORIUS NOVUS DE SANTORINI
Syn. Risorius (N. a.) ; Muscle du rire forcé, menaçant (Duchenne, de Boulogne)
Absence. — Le risorius manque assez souvent. Je l'ai vu faire défaut du coté droit seulement chez une femme.
Variations de volume. — Il peut être très fort ou rudimentaire, large ou étroit. M. Chudzinski a noté, dans les races de couleur, le grand développement du risorius qu'il a vu entrer en connexion avec l'orbiculaire des paupières, le muscle occipital, les zygomatiques et le triangulaire des lèvres. Dans l'atlas de Cuvier etLaurillard les risorii du nègre dont la myologie est dessinée, n'atteignaient pas cependant a commissure des lèvres. Ils étaient fusionnés, en bas avec le peaucier et, en haut, avec les zygomatiques, chez le négrillon de M. Hamv.
Variations de structure. — Le risorius est quelquefois tkV^oniposd en faisceaux donl le nombre varie entre deux et quinze.
Variations de nombre. — Il peut y avoir deux et même trois risorii de chaque coté de la face (?) (Santorini, Macalister).
Variations des insertions et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Ses insertions peuvent s'étendre, eu arrière jusqu'au bord antérieur et même jusqu'au bord postérieur du sterno-cleido-mastoïdien. En avant, il peut ne pas atteindre la commissure des lèvres (Hamy, Chudzinski), uu confondre ses attaches avec celles du triangulaire. Normalement, du reste, il est uni au bord postérieur de ce muscle dont il serait, au dire de Ruge* et de Popowsky-, une dépendance, un chef transversal. 11 peut coexister avec les prolongements dénommés plalysma risorius, zygoma risorius que le peaucier et le grand zvgomatique envoient quelquefois dans la région parotido-massétérine.
Anatomie comparée. — Le professeur Hartmann, qui n'a pas trouvé le risorius chez Vorang ni chez le gibbon, l'a rencontré « assez faiblement développé chez un chimpanzé », et très long chez le gorille oii il était « partagé en petits faisceaux près de l'angle des lèvres tandis qu'en arrière il divergeait en trois faisceaux de largeur ditférente ». Le risorius du fœtus de gorille de M. Deniker « était rudimentaire », et celui du gorille adulte du professeur Ehlers « confondu avec le triangulaire des lèvres ». Il était « large et épais » chez le Troglodytes Aubryï. Il est légitime de croire qu'il varie autant chez les Anthropoïdes que chez l'homme. Au-dessous des Anthropoïdes le muscle en cause a été signalé dans Vateles leucophthalnius (Hartmann), le bœuf^ le mouton, la chèvre (Leybre).
' Ruge. Uatersuchiingen twier die Gesic/ilmiis/adatur der l'i-iinalen, 1887. - Popowsky. Esquisse d'ana t. comp. de la face chez lltoiivne et les animaux (on russe. 1888).