AURICULAIRE ANTÉRIEUR
Absence. — En mars 1887, j'ai constaté l'absence complète de l'auriculaire antérieur droit d'une femme de quarante-cinq ans, morte de phtisie. D'après M. le professeur Macalister *, l'auriculaire antérieur manquerait beaucoup plus fréquemment que l'auriculaire supérieur et que l'auriculaire postérieur.
Anatomie comparée. — L'auriculaire antérieur semble parfois manquer chez le gorille adulte. Dans le gorille adulte, Hartmann et ^lacalister le signalent comme étant très peu développé tandis que Ehlers n'a trouvé à sa place qu'une plaque de tissu conjonctif, dans laquelle on ne pouvait point constater de fibres musculaires, même au microscope. Dans le fœtus de gorille de Deniker « la partie charnue était longue de 66 millimètres et large de 2 millimètres »,
Division en fasciculi. — Cette malformation a été signalée par M. Macalister.
' Strauss-Diirckenn. Loc. cit., p. 125.
-.Macalister. Proceed. of Ihe royal Jrisli Acadennj, l870-7i, t. I, p. 501.
Dédoublement du muscle. — Walther a trouvé l'auriculaire antérieur constitué par deux minces couches musculeuses ^ Dans un cas de ce genre que M. Macalister a observé, la lame superficielle n'était guère formée que de tissu aréolaire. S'agit-il ici d'une anomalie réversive, d'une reproduction, avec le muscle normal, d'un des faisceaux d'un des muscles auriculaires antérieurs, si nombreux dans les espèces animales, ou d'un arrêt de développement inexplicable? Il est difficile de se prononcer.
Variations des insertions. — Avec M. le professeur Macalister je crois que le nom (ï epici^anio-temporalis que lui donne Henle lui convient mieux que celui qu'on lui attribue. Le plus généralement il ne prend aucune insertion sur l'oreille et quand il s'y attache, c'est au moyen d'une lame aréolaire très fine.
Faisceaux surnuméraires. — Je l'ai vu cinq fois et toujours des deux côtés (trois fois chez l'homme et deux fois chez la femme) avoir un faisceau de renforcement provenant de l'arcade zygomatique.
C'est ce faisceau que Gruveilhier appelle muscle cmriculaire antérieur profond.
« Il est, dit-il, quadrilatère et m'a paru constant ; il est situé sur un plan plus profond que le muscle précédent. Il s'étend de la face du tragus à l'apophyse zygomatique sur laquelle il s'insère à l'aide de fibres aponévrotiques. »
A l'inverse de Cruveilliier je pense que Y auriculaire antérieur jirofond qui a été décrit aussi par Jones Wharton^ Harrison^ Gegenbaur, Macalister et divers auti'cs anatomistes, est rare.
J'ai vu, enfin, l'auriculaire antérieur recevoir un trousseau de fibres naissant de la crête temporale de l'os frontal.
Dans le Troglodytes Aubryï Alix et Gratiolet ont signalé en môme temps que l'auriculaire antérieur « un petit faisceau, inséré en avant du tragus, se dirigeant vers l'apophyse zygomatique. » Chez \^ girafe, V éléphant, le cheval, le chat, le chien, etc., qui possèdent plusieurs auriculaires antérieurs, il en est un, dit M. zy g omato -auriculaire, qui prend son point fixe d'insertion sur l'arcade zygomatique.
Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — 11 peut être
'Walther. Anal, muscul. Tenuio?\ in Haller's Disputât. Anat. sélect., vol. Yl, 613. -Jones Wharton. TodiVs cyclopedia, vol. II, p. 352. ^ Ilarrison. Dublin Dissector.
relié par quelques fibres avec le peaucier (Henle) et, comme je l'ai déjà dit, avec l'auriculaire supérieur. Mais le plus ordinairement c'est avec le muscle frontal qu'il se prolonge. C'est aux muscles frontal et auriculaire antérieur réunis que Sappey et Tillaux ont donné le nom de M. temporal superficiel, et Gegenbaur celui de M . auriculo-frontalis. M. Bertelli soutient avec raison que le temporal superficiel n'existe pas en tant qu'organe distinct ' et M. Schwalbe, qu'il n'est pas constant'-. Huit fois sur dix il est à peine visible à l'œil nu.
Anatomie comparée. — Gegenbaur afiirme que l'union de l'auriculaire antérieur et du frontal se rencontre plus communément chez les animaux et, en particulier, chez les Prosimiens et plusieurs espèces de Singes que chez l'homme '. Dans le mémoire de Ruge sur les Primates, la planche 64 en fournit, en effet, un bon dessin. Il est décrit et Hguré aussi par Bischoff chez Yorang'' et par Deniker chez le fœtus de gorille.
MUSCLES SURNUMERAIRES
Muscle auriculaire inférieur.
Chez beaucoup de Mammifères on trouve au-dessous du pavillon de l'oreille un muscle dit auriculaire inférieur, parotido-auriculaire ou abaisseur de l'oreille de Gurlt, qui procède de la surface de la glande parotide, couvert par le peaucier du cou avec lequel il est presque confondu, et monte jusqu'à la base de la conque qu'il tire en bas.
A la fm de novembre 1880, un de mes élèves, M. Robert, a disséqué ce muscle chez l'homme et m'a remis la note suivante qui en donne exactement la situation, la forme, les dimensions, les insertions, la structure et l'innervation.
« Femme, cinquante-sept ans, morte d'un cancer stomacal.
« Après avoir enlevé le peaucier du côté droit, mis à nu l'aponévrose cervicale et principalement la portion située en avant du sterno-cléidomastoïdien appelée par Richet aponévrose d'insertion faciale, je
'Bertelli. Processi verbali délia société Toscana di science na ta raie, imllot 1889, et 11 inusculo temporale superficiale, Pisa, 1889. -Schwalbe. Jahresberichte fiir Anatomie, 1880. 3 Gegenbaur. Traité d'anat. lium., trad. franc, de Julin, 1889, p. 399. ^Bischotf. Loc. cit., p. 7 et pi. I, 10.
remarque une bandelette musculeuse très nette qui se porte en haut, un peu d'avant en arrière, vers la conque de l'oreille. Je procède attentivement à la dissection de cette bandelette. Elle est composée d'une seule couche de fibres d'un rouge assez pâle et a la forme d'un triangle isocèle dont la base, charnue, s'insère sur la face externe de l'aponévrose parotidienne et le sommet, fibreux à la base de la conque ; elle est très mince. Le triangle qu'elle forme mesure à sa base 3 centimètres et demi et à son sommet un demi-centimètre, et de son sommet à sa base 4 centimètres et demi.
« J'ai la bonne fortune d'avoir conservé la branche auriculaire du plexus brachial, je la suis jusqu'au filet anastomotique qu'elle envoie au nerf auriculaire postérieur du nerf facial et un peu au-dessus de l'anastomose de ce filet et du nerf auriculaire postérieur, je découvre un ramuscule transversal très grêle qui se rend au muscle anormal. La région parotidienne gauche est conformée comme de coutume. »
Mon muscle, par son indépendance, sa direction, ses insertions, est l'homologue du 'parolido-auriculaire des Solipèdes, et si je ne l'ai rencontré qu'une fois, j'espère que d'autres anatomistes seront plus heureux que moi. Je dis l'homologue du parotido-auriculaire des Solipèdes parce que la parotido-auriculaire n'a pas toujours dans la série animale le mode de conformation que je viens d'indiquer. Dans le porc il procède par deux faisceaux de l'angle de la mâchoire et de la face externe de la parotide. Dans le chien et le chat il est constitué par une bandelette étroite qui descend sur la parotide et la maxillaire jusqu'à la région de la gorge.
Transverse de la nuque.
Syn. : Transversus nuchœ (d"Eilhard SchuHze et des anatomistes anglais); Coivnir/atorposti' eus; Occipilalis teres ; Occipitalisminor (Santorini); Peauder sous-occipital (Cruveilhier) ; Faisceau inférieur de Vauriculaire postérieur (Sappey) ; Occipital transverse (Testut), etc.
Insertions et structure. — Il a été décrit pour la première fois, et d'une façon magistrale, par M. le professeur F. Eilhard Schultze, de Rostock'.
Il naît de la protubérance occipitale externe et de la partie interne de la ligne courbe supérieure de l'occipital, au-dessous ou au-dessus du trapèze, et se termine en dehors d'une façon variable.
' Eilhard Schultze, de Rostock. SchmidCs Jahrhuch, Bd CXXYII, p. 288.
Il est donc ianioi stis-trapézien, tantôt sous-trapézien.
Lorsqu'il est siis-trapézien, il se fixe, en dehors, soit ù la partie la plus externe de la ligne courbe supérieure de l'occipital, soit au bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdicn, soit à l'auriculaire postérieur. Quand cette dernière disposition existe, comme les deux muscles sont unis par une corde tendineuse, le muscle transverse de la nuque et le muscle auriculaire postérieur semblent ne former qu'un seul muscle digastrique. Des exemples de muscles transverses de la nuque ayant l'une ou l'autre des conformations ci-dessus sont notés par Henle*, par Gibson- et par Hallett ', etc.
Si le transversc de la nuque est couché en partie ou en totalité audessous du trapèze, il s'attache en dehors, soit au crâne dans le môme point que le splenius capilis, soit à l'auriculaire postérieur, soit au bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien, soit au trapèze, avec lequel il se confond souvent.
Des cas de ce genre sont signalés par Walther, Sœmmerring '% Schultze, Theile et Macalister.
Fréquences. — Le professeur Schultze prétend avoir trouvé ce muscle dix-huit fois sur vingt-cinq sujets. M. le professeur Macalister ne croit pas à un pareil degré de fréquence, il l'a rencontré sept fois seulement sur trente sujets \ Flesch abaisse un peu cette proportion *. La statistique du professeur Macalister me paraît être exacte : elle est corroborée par celle du docteur Knott et par la mienne.
Il ne me paraît pas encore possible de déterminer laquelle des deux variétés, sus ou sous-trapézienne, est la plus commune.
Ce qui me semble certain, c'est que, quand le trans verse de la nuque est profond, il est plus souvent confondu en dehors avec le trapèze.
Selon M. le professeur Macalister, ce muscle serait toujours symétrique et les deux transverses de la nuque se rejoindraient au niveau de la protubérance occipitale externe.
« Je ne connais, pour ma part, dit M. le professeur Testut, de Lyon, aucun fait en désaccord avec cette dernière assertion. »
'llervle.Muskellehre, p. 138.
-Gibson. Anatomy, 1716, p. 489.
^ Hallett. Edinb. Med. Journ., 1849, p. 2. ^ Sœmmerring, vol. III, p. 81.
^ Macalister. Loc. cit., p. 4.
"Flesch. Varietalen Beobachfunrjen ans dem l'rœparirsaale zti Wiirsbourg ; sep. abd.mis den Veshandl derphys. med. f/es zu Wursbourg, 1879, N F., XlII. Bd.
Il en existe pourtant. Sur vingt-huit sujets qu'il a examinés, le docteur Knott a trouvé sept fois le transverse de la nuque ; cinq fois le muscle était bilatéral et deux fois unilatéral \ Dans le cas d'unilaté- .ralité, le muscle manquant était remplacé par une corde tendineuse. J'ai trouvé huit fois le transverse de la nuque sur trente-quatre sujets : cinq fois il était bilatéral, deux fois unilatéral avec une arcade tendineuse du côté opposé, une fois unilatéral sans trace de tissu fibreux ou musculaire du côté opposé. Chez les sujets qui n'ont pas de transverse de la nuque, une corde tendineuse unilatérale ou bilatérale constitue souvent un vestige de ce muscle.
Signification. — Il est hors de doute pour moi que sous le nom de transverse de la nuque on a décrit :
1° Des fibres du cléido-occipital ;
2° Des rudiments des muscles rétracteurs de l'oreille qui chez les animaux s'étendent, ainsi que nous l'avons vu, jusqu'à la protubérance occipitale externe. Tels sont les cas de Hallett, de Gibson, etc., oii le transverse de la nuque se continuait direclement avec l'auriculaire postérieur ;
3° Des vestiges du pannicule charnu des Quadrupèdes. Tels sont les peaiœiers sous-occipitaux de Cruveilhier, « petits faisceaux parallèles au muscle auriculaire postérieur, se fixant à la peau par leurs extrémités qui présentent des languettes tendineuses d'une très grande longueur ».
Pour Gegenbaur, l'auriculaire postérieur, l'occipital et le transverse de la nuque dérivent, du reste, du peaucier du cou qui remonte derrière l'oreille.
Stylo-auriculaire.
Syn. : Styîo-auricuîaris (Hyrti). Dexjressor auricuîœ (Lauth), Faisceau auriculaire du stylof/losse (Wenzel Gruber), Auriculo-ylosse (Macalister), Auriculo-styloidien (Testut, etc.).
Le stylo-auriculaire est un muscle situé profondément dans la loge parotidienne, entre l'os ten^^oral et la parotide et inséré, en dedans, à l'apophyse styloïde ou aux parties dures ou molles qui l'avoisinent et, en dehors, au conduit auditif externe.
' Knott. Journal of anatomy and phys., vol. XV.
Historique. — Il a été trouvé d'abord par Garcngcot ', puis successivement par Souchon et Ranibaud -, Duverney ', Macalister, Walsham '*. Hyrtl etLauth qui Font rencontré aussi l'ont appelé, le premier stylo-aiiriculaire '', le second depressor aiiricidce ^ Wenzel Gruber l'a consciencieusement étudié et le considère comme un faisceau auriculaire du stylo-glosse ^
Le stylo-auriculaire dont Sappey a mis l'existence en doute a été signalé encore, en 1887, par Tataroff*. D'après Gruber on l'observait chez un sujet sur six.
Structure et insertions. — Il peut être composé d'un chef unique charnu ou tendineux dans toute son étendue, ou tendineux seulement à sa partie moyenne (digastrique), à Tune ou l'autre de ses deux extrémités, et même à ses deux extrémités. Ce chef unique, quelle que soit sa structure, naît en général de l'apophyse styloïde ou de l'apophyse vaginale et se termine sur le conduit auditif externe à l'union de sa portion osseuse et de sa portion cartilagineuse, ou dans un point quelconque de sa portion cartilagineuse, le plus communément près du méat externe.
Il peut être bicipital soit avec deux faisceaux d'origine, soit avec deux faisceaux de terminaison. Il peut enfin être constitué uniquement par un tractus contractile qui se rend de l'oreille au stylo-glosse (cas de Gruber) ou à l'aponévrose cervicale (cas de Walsham).
Dans un autre cas de Walsham, la constitution du muscle en question était singulière : émanant du cartilage du canal conchinien par deux têtes distinctes, il se divisait de nouveau en dedans pour envoyer un premier chef sur l'apophyse styloïde et un second chef sur l'aponévrose cervicale, sous la carotide.
J'ai vu deux fois ce muscle. Je transcris mes notes.
I. Le 17 mars 1888, un de mes élèves, M. E. Dubois, m'appelle pour me montrer un petit faisceau anormal qu'il vient de mettre à
' Garengeot. Myolomie. p. 68.
- Souchon et Uambaud. Gaz. méd., 1861, n" 37, p. 585.
'Duverney. L'Art de disséquer méthodiquement les muscles du corps humain, Paris, p. 11 et 12.
'Walsham. Bartholomeus liospital Repû)'ts, 1881, t. VII, p. 70.
» Hyrtl. Œslerreich. medic. Jarhhuch., voL XXX.
•^ Lauth. Mémoire de la Société dliistoire naturelle de Strasbourg, t. I, 1830, p. 65.
'Wenzel Gruber. Bull. math, class. Akad. der Wissenchr., in St-Pétersbourg, 1854, vol. XIII, p. 257, et vol. XV, p. 286 : « Ilenle u. Pleufer's Zeitschrift ", Uecher, X, p. 268.
« Tataroff, Arch. f. anat. u phys., 1887.
nu au-dessous du pavillon de l'oreille droite d'un homme de cinquantecinq ans, mort de congestion pulmonaire. Ce faisceau se fixe, en dehors, à la partie inférieure du cartilage du conduit auditif externe, au niveau de l'orifice de ce conduit, et profondément à la partie profonde du rocher près de l'apophyse vaginale. Très mince et très étroite la production musculaire anormale est plaquée sur le canal conchien auquel elle est même reliée, par un tissu aréolaire assez dense, à l'union de la portion cartilagineuse et de la portion osseuse. Il n'y a aucun vice de conformation à gauche.
II. Homme, vingt-sept ans, suicide par coup de feu dans la tempe droite. Juin 1889.
En sectionnant le pavillon de l'oreille droite pour examiner la blessure, je m'aperçois qu'il est retenu par une petite lame musculaire. Je poursuis cette lame qui côtoie la partie inférieure du conduit auditif externe dans toute sa longueur et se termine profondément par deux tendons, dont l'un s'attache à la face externe de l'apophyse vaginale et l'autre à la partie moyenne de l'apophyse styloïde. La disposition est identique à gauche.
Anatomie comparée. — Avec Wenzel Gruber faut-il admettre que l'auriculo-styloïdien est un faisceau accessoire du stylo-glosse ? A coup sûr quand il reproduit un auriculo-glosse, c'est-à-dire reproduit exactement une conformation spéciale à divers animaux. Chez le 2)hoque par exemple, <( le stylo-glosse provient non de l'apophyse styloïde,. mais de la portion inférieure du conduit auditif externe ».
Mais je ne saurais regarder comme des auriculo-giosses les styloauriculaires qui s'étendent de la portion dure de la pyramide du temporal au canal conchinien. Quelle serait donc leur signification ? Voici mon opinion :
Dans quelques espèces animales, les Équidés, entre autres, la charpente cartilagineuse de la conque est formée de trois pièces qui sont : 1° le cartilage conchinien; 2° le cartilage annulaire; 3° le cartilage scutiforme. Du cartilage sciitiforme, situé à la surface du muscle crotaphite, en avant de la conque à laquelle il transmet l'action de quelques muscles fixés sur les os du crâne, nous n'avons rien à dire. Il n'en est pas de môme du cartilage annulaire.
On appelle ainsi une toute petite lame roulée en anneau et servant d'intermédiaire à la conque et au conduit auditif. C'est la membrane tégumentairc interne, doublée de quelques faisceaux jaunes
élastiques, qui unit le cartilage annulaire aux deux parties entre lesquelles il se trouve placé; il reçoit la saillie osseuse circulaire formant le contour de l'hiatus auditif, et lui-même peut s'enfoncer dans le canal infundibiiliforme du canal conchinien : disposition qui rappelle le mode d'articulation des ditférents tubes d'une lunette d'approche.
Pour raidir le tube auditif et le raccourcir en faisant rentrer l'une dans l'autre les différentes pièces qui le composent il faut un muscle ? Ce muscle existe, c'est le t ijmpano-auriculaire ^ maslo'ido-aurlculaire ou aunculah'c profond.
Très grôle chez le cheval où il est accolé au coté interne du tube cartilagineux qui représente l'entrée du conduit auditif, il est inséré, d'une part, sur le sourcil de l'hiatus auditif externe et, d'autre part, sur la base de la conque. Dans la girafe il s'étend également de la portion dure du temporal au tube conchinien sur lequel il se termine. Dans le porc il présente un faisceau supplémentaire qui se détache de la face interne du cartilarje scutiformc. Dans le chien et le cJiat un de ses faisceaux antérieurs se prolonge jusqu'à la pointe de la conque. Il manque, enfin, normalement chez le bœuf.
Pour moi j'opinerais à supposer que, les auriculo-glosses exceptés, la plupart des faisceaux anormaux compris chez l'homme entre le rocher et le canal conchinien sont les homologues de l'auriculaire profond des animaux. Comme presque tous les muscles auriculaires, l'auriculaire profond disparaît chez l'homme qui n'a pas besoin, pour veiller à sa défense et pourvoir à la recherche de sa nourriture, d'un cornet acoustique mobile susceptible d'allongement ou de raccourcissement.
MUSCLES IXTRINSÈQLES
Ce sont des muscles qui s'insèrent exclusivement sur le pavillon de l'oreille. Ils sont au nombre de sept.
Ce sont :
1° Le grand muscle de l'hélix ;
2° Le petit muscle de l'hélix, peaucier ;
3° Le muscle du tragus à fibres croisées [muscle de Tataroff) ;
4° Son faisceau pyramidal atteignant l'hélix (m. pyramijdalis auriculx de Jung, faisceau accessoire de Sappeij ') ;
' Tataroff. Arch. f. anat. ii. Phys., 1887,- Jung, Beridit liber die Verliandl d. Nal. Gesellsch, 1849.
5° Le muscle de l'anti-tragus ; 6" Le muscle transverse ; T Le muscle oblique.
Absence. — J'ai constaté souvent l'absence de l'un ou l'autre de ces muscles et principalement du petit muscle de l'hélix, et du muscle de l'antitragus. Quelquefois les fibres musculaires du transverse sont remplacées par des fibres conjonctives.
Augmentation de nombre. — Il n'est pas rare non plus de rencontrer à la partie supérieure du pavillon une bandelette musculeuse isolée (muscle transverse supérieur). J'ai vu sept fois cette bandelette : cinq fois chez l'homme, deux fois chez la femme et toujours des deux côtés.
Variations des insertions et connexions plus intimes des muscles entre eux. — Sœmmerring * et Albinus - ont trouvé un faisceau de communication entre le muscle du tragus et le muscle de l'hélix, et un entre le muscle du tragus et le grand muscle de l'hélix. Je suis certain de la fréquence de ces malformations. Le grand et le petit muscle de l'hélix peuvent être plus ou moins confondus.
Anatomie comparée. — Chez les animaux mômes dont le pavillon de l'oreille est formé par des cartilages plus ou moins étalés et minces et, par conséquent, dont l'oreille se soulève au moindre bruit, les muscles de la conque n'ont pas l'importance qu'on supposerait. Y! éléphant n'a que le muscle du tragus et le muscle transverse. Le chat ne possède que V antitragus-antilobien qui n'existe pas chez l'homme, et le conchien interne qui est l'homologue du muscle du tragus de l'homme. Dans le chien, cependant, le muscle transverse assez bien développé est divisé en deux portions : iine portion orale, la plus importante, située au milieu de la face convexe de la conque, et une portion aborale, située près de la base et du bord aboral de la conque.
' Sœmmerring. De covpor. humuno, Fabri. III, p. 32. "Albinus. Hisloria mascidorum, p. 183.
MUSCLES DE LA TÊl'E 77