MUSCLES DE LA FOSSE LOMBO-ILIAQUE
Les anatomisles anglais ' ont nol('' rabsence du petit psoas cliez 588 sujets sur 914
Schwalbe etPnizner^ —
Gruhcr ^ —
Th. Dwigiit* -
Penin '' —
Theile « —
ïeslut^ —
L'auteur —
Suit au total chez
Soil chez plus de la moitié des sujets.
Il est à remarquer que daus la statistique ci-dessiis, comme dans les statistiques cunceruaut le présterual et le pyramidal de labdomeu, rinllueucc ethnique apparaît. Ainsi, à
Saint-l^étersbourg, le petit psoas fait défaut chez 49 p. 100 des sujets. Strasbourg — — b7 —
Cambridge (en Massachussets) — 61 —
Angleterre — 64 —
A Tours la proportion dillère également des précédentes. En Angleterre même, les chitîres ne sont pas identiques dans les trois provinces du Royaume-Uni.
A Londres, le petit psoas n'existe pas chez SO p. 100 des sujets. En Ecosse, — — 03 —
En Irlande, — — 66 —
Ainsi chez les Russes la présence du muscle en question serait la règle, à Londres il serait aussi souvent présent qu'absent ; dans tous les autres pays il serait plus souvent absent que présent.
Winslow ^ et J. BelP ont aftirmc que le petit psoas manque plus fréquemment chez Thomme que chez la femme ; par contre, Riolan a prétendu qu'on ne le rencontre pas chez la femme. Jusqu'en 1886, j'ai partagé l'opinion de Winslow et de J. Bell '" ; depuis j'ai complété ma
' Tliii'd cniniial report of collect. invesluj. of l/ie anal. soc. of Uie Greaf Britalu (joarn. of unuL. and phijs , Bd, 27, S. 187).
- Schwalbe et Pfitzuer. Loc. cil. saprù, p. 485.
^ Gniber. Boebachfunf/ aus der luenslichen. lierliii, 1879, p. 29-39.
* Thoin. Dwight. Loc. cit. siiprà.
' Perrin. jï/eW. Time.s and f/az.. 1872, p. 202. "Theile. Encydop. anut., t. 111, p. 284. ' Testut. Trait, desunom. initsc, p. 188.
* Wiusiow. Expos, de lastruct. du corps hum , 1766, t. Il, p. 146. '■' J. Bell. T/te bones muscles, Ediuiburgh, 1793, p. 34.
'" Le Double. Reçue d'Anthropologie, 1886, p. 658.
statistique et constaté sur 600 sujets comprenant un nombre égal d'hommes et de femmes que le petit psoas manquait chez 208 femmes et 129 hommes. Ces chiffres concordent avec ceux de Gruber, de Th. Dwight et des anatomistes anglais, mais pas avec ceux de Schwalbe et Pfitzner. En effet, le muscle dont je traite faisait défaut :
Chez 57 des femmes et S7 des hommes disséqués iiar Schwalbe et Pfitzner.
Chez 54 — 45 — — Gruber.
Chez 70 — 56 — — Th. Dwight.
Chez 72 — 60 — — les anatomistes anglais.
Enfin je crois que dans les cas d'absence unilatérale le muscle droit manque aussi fréquemment que le muscle gauche, mais que l'absence bilatérale est moins rare que l'absence unilatérale.
Anatomie comparée. — Le petit psoas faisait défaut chez les gorilles jeunes et adultes de Deniker, de Duvernoy, de Chapman, mais était présent chez le gorille adulte de Bisclioff et le fœtus de gorille de Deniker.
Variatians de volume. — Le muscle en cause est d'ordinaire assez grêle. Il peut même être entièrement remplacé par un tendon (Blandin, Rouget). Sur un homme très robuste que j'ai disséqué en 1887, les deux petits psoas étaient près de trois fois plus volumineux que d'habitude.
Anatomie comparée. — Le petit psoas est, dans l'espèce humaine, le représentant d'un muscle très fort dans les Mammifères sauteurs oii il fléchit énergiquement soit le bassin sur la colonne vertébrale, soit la colonne vertébrale sur le bassin. Chez le kanguroo, le jerboa, les Macroscélides, il est très long et beaucoup plus volumineux que le grand psoas*. Q\\QzV ornithorynque il remonte jusqu'aux cinq dernières dorsales^'t constitue, au dire de Meckel, le plus grand des muscles de cet animal. 11 est encore très prononcé dans l'écureuil, le lièvre, les Solipèdes, les Ruminants, etc. Dans le lapin il n'est séparé antérieurement de son homologue du côté opposé que par le ligament vertébral commun inférieur.
Duplicité du muscle. — Le petit psoas surnuméraire est généralement
' Dans le hunrjuroo il naît de la dernière côte et de toutes les vertèbres lombaires, sauf de la dernière.
MUSCLES DE LA FOSSE LOMBO-ILTAQUE 331
placé on dedans du piHit psoas normal dont il partage les insertions. L'ne fois cependant j'ai trouvé, en dehors du petit psoas bien conformé, un second muscle qui naissait de la troisième lombaire et se terminait, comme d'habitude, sur l'éminenee ilio-pectinée et la portion correspondante du détroit supérieur du ])assin. Cette dernière anomalie, que M. Macalister m'a dit avoir observée, est signalée, au surplus, dans le Traité cVanalomie de MM. Beaunis et Bouchard. Meckel a fait mention d'un petit psoas supplémentaire, situé entre liliaque et le grand psoas et qui allait au petit Irochanter.
Parfois la division, au lieu d'ètfc totale, n'est que partielle, porte sur l'extrémité supérieure ou sur l'extrémité inférieure du muscle. Ces malformations seront interprétées avec celles qui suivent.
"Variations des insertions. — Tandis que les insertions supérieures varient peu, les insertions inférieures varient fréquemment. J'ai vu le petit psoas se fixer en bas : r sur le fascia iliaca ; 2° sur l'arcade crurale; 3'- sur le fémur entre le petit trochanter et la tête fémorale ; 4° sur le petit trochanter avec le grand psoas.
Des malformations analogues ont été indi([uées par MM. Macalister, Bankart, Pye-Smith et Philips, etc.
AxATOMiE COMPARÉE. — Daus l^plioque, le petit psoas, douze fois plus volumineux que le grand psoas et l'iliaque réunis (Meckel), est partagé en deux chefs dont l'un s'insère au fémur, non loin du petit trochanter, et l'autre à l'éminenee ilio-pectinée. Dans le kanguroo, \c jerboa et les Macroscélides une partie des fibres du petit psoas s'attache à l'éminenee ilio-pectinée tandis qu'une autre partie, convertie en une expansion aponévrotique, se perd sur l'arcade crurale. Dans le dromadaire le petit psoas indivis se fixe soit sur l'éminenee ilio-pectinée, soit sur la partie inférieure des muscles de l'abdomen. Le muscle en question a une constitution semi-pennée très nette chez les Solipèdes, les Ruminants domestiques et le jiorc : ses faisceaux successifs, fixés sur les faces latérales des vertèbres, laissent entre eux des ouvertures pour le passage des vaisseaux lombaires et de diverses branches nerveuses.
Faisceaux d'union entre le petit et le grand psoas. — Ces faisceaux d'union sont assez communs. « Le grand et le petit psoas paraissent dériver, ainsi que quelques fibres du crémaster, du feuillet le plus
profond du muscle ventral, » dit le professeur Humphry'. Les psoas existent, je crois, à partir de Tordre des Agiosscs. Chez le pipa et le xenopus ils me semblent constituer la partie inférieure de cette bande musculeuse, décrite par Meyer - sous le nom de musde abdominal postérieur, muscle que Meckel et Rouget'' considèrent comme l'origine des faisceaux œsophagiens du diaphragme. Ce muscle né de la diaphyse du fémur longe la paroi supérieure du tronc et vient s'attacher à l'hyoïde et au pharynx ou à la portion supérieure de l'œsophage.
Parmi les Mammifères^ le grand et le petit psoas sont encore unis, en tout ou en partie, dans le chat (Strauss-Durckheim), Y Ours brun iV Amérique (Testut), etc.
^ Ilumphry. Observ in .Vyo/. cil , p. 1£2.
-Meyer, de Bonn. Xovaacta nal. curios., vol. Il, p. 2.
^Meckel, Rouget. Loc. cil. passim.
MUSCLES DU PEUIXEE
Le fait que, pendant une période de la vie fœtale, les organes génilourinaires et l'intestin de l'homme sont réunis pour constituer le cloaque transitoire analogue au cloaque qui existe à l'état permanent chez les Amphibiens, les Oiseaux et même encore chez certains Mammifères, les Monotrèmes, permet de comprendre la musculature du détroit inférieur du bassin.
En effet, la disposition complexe des muscles périnéaux résulte de la disposition plus simple qu'ils présentent à ce stade plus reculé du développement. Us dérivent d'un muscle qui entoure primitivement le cloaque et qui est en partie lixé aux organes squelettiques voisins. Ce muscle est le sphincter du cloaque {sphiîicler cloacœ). En même temps que le cloaque disparait, son sphincter se divise : 1° en un groupe de muscles propres à l'anus ; 2° en un autre groupe de muscles propres à la paroi du sinus ou canal uro-génital ; et 3" enfin, en muscles qui n'appartiennent fxclusivement ni à l'un ni à l'autre de ces groupes. Les muscles du canal uro-génital se sont secondairement mis en rapport avec les organes érectiles et servent à les comprimer.
Chez les Vertébrés inférieurs^ la communauté d'origine de tous ces muscles, si ditrérents au point de vue physiologique, peut se reconnaître facilement.
Dans l'espèce humaine elle-même, nous trouvons encore, non seulement dans les nombreuses variétés qu'ils présentent, mais aussi dans leurs rapports normaux et anormaux, des preuves certaines de leur communauté d'origine. On trouve en germe, dans le périnée de la femme, les mêmes éléments que dans celui de l'homme.