FRONTAL
Syu. ' : M. fronlis (Fallope, Morgagui) ; M. fronfalis (N. a.)-; M. de Vattenllon^ de Z>7oH/ie»ie/i^ (J3uchenne, de Boulogae.}
Absence. — M. le professeur Macalister a noté une fois l'absence du muscle frontal. [Transactions of the royal Irish Acadcmy, 1871.)
Variations de structure. — Le frontal olTre, suivant les individus et suivant les races, des ditférences sensibles dans son épaisseur et dans sa couleur. M. le docteur Ilamy a présenté à la séance de la Société d'anthropologie du 3 mars 1870 une belle planche reproduisant les muscles de la face d'un négrillon. Or dans cette planche on voit très nettement que, malgré la grande jeunesse du sujet, ces agents contractiles, intimement unis entre eux, sont très prononcés. Il en est de même chez le nègre représenté dans l'atlas de Cuvier et Laurillard. M. Chudzinski a constaté : que les « muscles frontaux étaient très rouges, absolument comme les autres muscles striés de l'économie... et le muscle occipito-frontal très épais chez divers nègres et certains
' Les muscles de la lace ayant été décrits sous des noms très différents, je crois devoir donner ici une synonymie exacte de chacun d'entre eux. Pour me conformer à l'usage je sépare le muscle frontal du muscle occipital que les anthropo-zoologistes considèrent avec raison comme un seul muscle [M. occipllo-fronlalis; M. eplcranitis ; M. crun'ii cutaneus).
- Les deux lettres (n. a.) signiûent d'après les nomina anatomica.
mongoloïdes ^ » Un nègre Ashanii, disséqué par le docteur Popowsky, avait aussi les muscles faciaux volumineux et peu indépendants^.
Le frontal peut ressembler aux muscles des pois.so?is, être divisé en fasciculi.
M. Chudzinski a trouvé chez une Annamite une intersection tendineuse de 12 mm. au-dessous de l'angle supéro-externe du muscle en question.
Union des deux muscles. — J'ai observé sur une femme l'entrecroisement des fibres inférieures des deux frontaux.
AxATOMiE COMPARÉE. — L'occipito-froutal {M. cimnii ciitaneus; souscutané épicranien) appartient à la grande classe des plat i/s7na myoïdes. Comme les platysma myoïdes il est plus ou moins développé, disparaît quelquefois des régions oii on le trouve normalement ou se montre anormalement dans des régions oii il n'existe pas. Sur un gorille mâle disséqué par M. Chudzinski le frontal était très épais et très rouge. Chez le fœtus de gibbon les deux frontaux semblent se toucher par leurs bords internes, du moins en bas^
Variations des Insertions. — Variations des insertions supérieures. — D'ordinaire l'aponévrose épicranienne s'avance entre les bords charnus supérieurs convexes des deux frontaux en formant un angle obtus à sommet inférieur. Comme M. le professeur Macalister et Sœmmerring, j'ai noté souvent la disparition de cette lamelle nacrée triangulaire et la fusion complète des deux frontaux dans toute leur hauteur.
Normalement les frontaux ont pour limite supérieure une ligne située à égale distance de la suture fronto-pariétale et des arcades orbitaires. Exceptionnellement ils s'étendent jusqu'à la suture frontopariétale. Mayer^ a même signalé l'union du muscle occipital et du muscle frontal. Chez deux Xéo-Calédoniens disséqués par M. Chudzinski, « le frontal était limité, en haut, par un arc festonné et les fibres du temporal superficiel s'engageaient sous son bord externe qu'elles prolongeaient jusqu'à l'arcade zygomatique ».
' Chudzinski. Quelques observulions sur les muscles peauciers du crâne et de la peau dans les races humaines, Paris, 1896, p. 11.
- Popowsky. Journal l'Anthropolofjie, 1893.
^ Deniker. Recherches anatomiques et emhryolorjiques sur les sinrjes anthropoides, Paris, 1886, p. 117.
* Mayer, t. III, p. 159,
Anatomie comparée. — Dans \Q.Vespertilio miirinus le pcaiicior du crâne est une lame musculaire très mince dans laquelle il n'y a pas à considérer une aponévrose épicranienne qui serait intermédiaire à deux muscles dont l'un serait l'occipital et l'autre le frontal, de façon à constituer un véritable digastrique. Il est vrai que par endroits la couche musculaire devient plus épaisse et ses fibres plus nettes; mais en réalité il y a là un pannicule charnu non interrompu dans toute son étendue'. M. Chudzinski a retrouvé chez les gorilles le mode de conformation du frontal qu'il a observé chez les deux Néo-Galédoniens qu'il a disséqués-.
Variations des insertions inférieures. — Dans son travail très consciencieux et très complet sur le Musculiis frontalis in Verslarjen en Mededeelingen der K. Akademie van Wetenschappen Natuurk. Deel VII and Archiv (Bd. II, lift. I, p. 48), M. Halbertsma donne, en bas, comme normales les insertions suivantes du frontal :
L'apophyse orbitaire interne, la peau du sourcil et de l'espace intersourcilier, l'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure. A ces insertions j'ajouterai avec MM. Wilson et Macalister la face profonde de l'orbiculaire des paupières.
C'est à tort que divers anatomistes prétendent que la continuité du frontal et du releveur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure constitue une anomalie, l'exception et non la règle. J'admets entièrement cette continuité non seulement avec ^I. le professeur Halbertsma, mais aussi avec Lauth, Langenbeck, Rosenmûller, Theile, Albinus, Courcelles, etc.
Anormalement le muscle frontal peut se fixer infériourement :
1" A l'arcade orbitaire (x\rnold, Bock, Mcckel, deux observations personnelles, sur deux hommes);
2° A l'arcade sourcilière (Bock, Fies, Hyrtl, Langenbeck, Meyer, Weber) ;
3° A la glabelle (Arnold, Fies et Hyrtl);
4'' Aux os propres du nez (Arnold, Bock, Langenbeck, Bohmer, Rosenmilller, ïhcile, Henle et Weber);
o" A la suture fronto-maxillaire (Macalister);
' Maisoniieuve. Traité de Vanalomle et de la p/njsiolor/le du Vesperlllio mur'mus. Pari?, 1878, p. 143.
- Chudzinski. Loc, cit. suprà, p. 13.
6° A l'apophyse nasale de l'os maxillaire supérieur (Meckel, Bock, Bôhmer).
Theile a vu le muscle frontal renforcé par un faisceau provenant de la crête temporale de l'os frontal, et d'autres anatomistes, par un faisceau détaché de l'apophyse orbitaire. Au dire de M. Chudzinski, la surface du frontal atteint son maximum de développement dans la race jaune et son minimum dans la race noire ; la race blanche tient le milieu entre les précédentes'.
A>'AT0MiE COMPARÉE. — Lcs fibrcs du muscle frontal s'entre-croisenl chez le fœlus de gorille avec celles du muscle orbiculaire et du pyramidal du nez (Deniker). Elles sont donc plus développées que chez le gorille adulte chez lequel elles dépassent à peine, d'après Ehlers, la partie postérieure de l'arcade sourcilière.