‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 82 sur 116 · SPHINCTER D'O'BEIRNE — SPHINCTER TERTIUS · texte numérisé non relu

SPHINCTER D'O'BEIRNE — SPHINCTER TERTIUS

Avec Sappey je nie l'existence du sphincter d'O'Beirne * et avec Nuhn^ celle du sphincter tertius.

O'Beirne s'est trompé en affirmant que le sphincter auquel il a donné le nom de sjihincter supérieur^ est constant; car il est fréquent de voir les libres circulaires de la première portion du rectum ne différer en rien par leur développement de celles de FS iliaque ni de celles de l'ampoule rectale. Dans les cas assez rares où ces fibres sont plus prononcées que celles de l'S iliaque qui les précèdent et que celles du rectum situées plus bas, ce n'est pas un sphincter qu'elles forment mais un véritable canal de 6 à 10 centimètres de longueur.

Velpeau, Lisfranc, Nélaton, Hyrtl, etc., ont signalé, au niveau do la base de la prostate, l'existence d'un sphincter rectal qui n'offrirait pas moins d'intérêt que le sphincter supérieur. C'est le sphincter tertius.

Cet anneau musculaire, qui servirait à retenir les fèces dans l'ampoule rectale, serait presque toujours le siège des rétrécissements organiques du rectum.

Que les rétrécissements organiques du rectum siègent le plus souvent en ce point, soit ! Mais qu'il y ait là un sphincter qui s'oppose à la progression des fèces de la partie supérieure vers la partie inférieure du rectum, je ne saurais l'admettre.

Ce qui apporte un obstacle au cours du bol iécal dans le rectum, ce n'est pas un anneau musculaire, ce sont les replis transversaux qu'on voit dans l'intérieur de ce canal, replis qui sont dus aux froncements des parois dans chacun des points où elles changent de direction. Ces replis sont, en général, constitués par la tunique muqueuse et les fibres circulaires de la tunique musculeuse. Telle est la structure du sphincter tertius.

' J. O'Beirne. Nouvelle théorie de Vacie de la défécation {Avch. gén. de médec, 'i'' série, t. III, p. 84).

- Nunhn. Verhandliinr/en des naturfiistorish-medicinischen Veve'ms zu Ileidelberg, Band II (I8J9-1862, p. 225-228), et Ueber den Sphincter uni tertius (27 juin 1862;.

^ Parce qu'il correspond à l'origine du rectum, à la base du sacrum.

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« Pour adiiiclU'c l'cxislenco d'un pareil sphiacler, objeclo avec raison Nuhn, il faudrait que les libres circulaires de la tunique niusculeuse fussent plus nombreuses à ce niveau et que le faisceau qu'elles constituent entourât tout le reclum. Ni l'un ni l'autre de ces desiderata n'est rempli. L'épaississement en question est la conséquence du chevauchement d'un certain nombre de fibres circulaires de la tunique musculeuse les unes sur les autres dû au coude que forme la paroi. »

RELEVEUR DE L'ANUS

Ce muscle a été admirablement décrit par Luschka [Henle u. Pfeufers Zeifschrift, vol. V, p. 113). M. le professeur Macalister assure qu'il ne l'a jamais trouvé mal conformé. Je puis en dire autant. Sœmmerrintï affirme pourtant l'avoir vu soudé à l'ischio-coccygien. Considérées séparément, les fibres du releveur de l'anus présentent une direction ditférente. Les antérieures, venues du pubis et de son voisinage, se portent directement en arrière et glissent sur les parties latérales de la prostate chez l'homme et du vagin chez la femme ; les moyennes, détachées de la corde fibreuse qui s'étend du pubis à l'épine sciatique, se dirigent obliquement en arrière et en dedans ; les postérieures, provenant de l'épine sciatique et des parties qui la touchent, sont transversales. Quelquefois, les fibres antérieures forment un faisceau séparé, un muscle distiiict {M. levatorprostatœ, de Santorini; M. adductor vel compressor jorostaUT, de Leidy ; M. prostatique supérieur, de Winslow ; M. vésico-prostatique, de Cruveilhier).

En se basant sur son mode d'innervation, on doit conclure que le releveur de l'anus est primitivement indépendant du sphincter du cloaque. Le nerf qu'il reçoit du plexus sciatique pénètre dans le muscle en dedans^ tandis qu'il devrait y pénétrer en dehors, comme c'est le cas pour tous les autres muscles provenant du sphincter primitif.

Pour Lartscheider, le releveur de l'anus de l'homme est formé par la réunion des deux puissants muscles de la queue des Mammifères inférieurs : le muscla pubo-cocci/gien et le muscle ilio-coccijgien \

1 Lartscheider (J.), Die Steissbeininuskeln des Menschen und ihre Beziehungen zuiii M. levator ani und zur Beckenfascie. Eine vergleichende anatoiuische Stiidie. {Aiizeiger lier kalserlichen A/,nr/pinie (1er Wissenschaften zu Wien, n" 24, p. •234-235.)

L'élargissement et l'étendue des insertions du releveur de l'anus dans l'espèce humaine sont en raison directe des dimensions transversales du bassin relativement à sa hauteur. Chez les Carnassiers, et en particulier chez les Chiens, où il est plus prononcé que dans les Solipèdes et Ruminants, il est, d'après W. Ellenberger et H. Baum, divisé en deux portions : un faisceau iliaque externe assez grêle et un faisceau ischiopubien interne et plus fort. Le releveur de l'anus du Troglodytes Aubryï disséqué par Alix et Gratiolet ne différait pas sensiblement de celui de l'homme.

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