‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 3)Chapitre 15 sur 107 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS

II est facile de reconnaître un arbre vivant, encore pourvu de ses organes, mais il est, en revanche, souvent difficile de diagnostiquer avec certitude une espèce végétale uniquement représentée par des fragments de son bois. Dans ces sortes d'analyses, l'aide du microscope est parfois précieuse ; malheureusement, l'usage de cet instrument exige des procédés d'investigation qui manquent aux praticiens. Pour ce motif, nous nous bornerons à indiquer, d'après le Dr Gayer, les moyens pratiques de distinguer le bois des principales essences indigènes et exotiques, en recourant exclusivement à l'examen macroscopique, c'est-à-dire à l'usage de l'œil nu ou armé de la Joupe. Mais, pour bien faire comprendre les brèves descriptions données ci-après, il est nécessaire de rappeler en quelques mots la constitution élémentaire du tissu ligneux.

f • Constitution des tissus ligneux. — Quand on prend une rondelle de bois et qu'on l'examine en allant de la périphérie au centre, on trouve successivement l'écorce, le bois et la moelle. L'écorce se subdivise elle-même en deux parties : l'une, extérieure et morte, joue un rôle de protection pour la plante ; l'autre, intérieure et verte, a pour fonction essentielle de conduire la sève élaborée par les feuilles,

c'est-à-dire de véhiculer les éléments plastiques servant à la vie et à l'accroissement de l'arbre. C'est à la partie morte ou rhytidôme, qu'appartient le liège utilisé dans l'industrie, et à la partie verte ou liber, qu'appartiennent les fibres textiles du tilleul.

Le bois est un tout complexe, formé d'une succession de couches plus ou moins distinctes, édifiées chacune pendant le cours d'une saison, par voie de développement centrifuge, ce qui fait que les couches internes sont les J>lus âgées.

Dans les régions tempérées, où la végétation est intermittente, on peut facilement calculer l'âge des arbres en comptant le nombre des couches annuelles ou cernes. Dans les pays tropicaux, cette détermination est impossible, car le nombre des couches formées pendant l'année est essentiellement variable.

Chaque couche annuelle comprend trois sortes principales de tissus, qui sont :

1° Le tissu vaseulaire ou conducteur, dont la fonction essentielle est de conduire l'eau et les matières minérales nutritives, des racines aux feuilles. Ce tissu est caractérisé par des organes présentant de larges cavités et des parois peu épaisses. Chez les bois feuillus, ce sont des vaisseaux formés de tubes allongés, continus ou imparfaitement cloisonnés, et principalement groupés à la région interne des couches. Cette région est généralement désignée sous le nom de bois de printemps. Ces vaisseaux, visibles à l'œil nu, apparaissent clairement, sur les sections transversales, sous forme de trous ou de pores, et, sur les sections longitudinales, sous forme de canaux ou de sillons. Chez les bois résineux, la formation de printemps comprend uniquement des fibres fusiformes, munies de ponctuations aréolées et que l'on désigne sous le nom de trachéides. Par suite, fa présence ou l'absence de vaisseaux suffit pour différencier les deux grandes catégories de nos bois indigènes.

2° Le tissu de soutien dont le rôle est de procurer au bois une somme de résistance mécanique nécessaire pour porter le poids de l'arbre, soutenir les branches et les rameaux, placer les feuilles dans la situation la plus favorable par rapport à la lumière, protéger le végétal contre la violence

EXAMEX MACROSCOPIQUE DES BOIS 5

des vents et le poids des neiges. Le tissu de soutien est constitué par des fibres ou des trachèides fibreuses, longues et élastiques, à parois épaisses et à lumens étroits. H se rencontre principalement dans la partie externe des couches annuelles, et caractérise conséquemment les formations (tété et £ automne.

3° Le tissu rayonnant qui a pour mission d'emmagasiner, pour les périodes ultérieures de végétation, les matières plastiques inutilisées, telles que : amidon, huiles grasses, matières albuminoïdes, etc. Ces matériaux de réserve sont amassés dans des cellules courtes, vivantes, disséminées par places dans le corps ligneux. On distingue : le parenchyme ligneux, spécial aux bois feuillus, tantôt entourant les vaisseaux et formant autour d'eux une sorte de claire auréole. tantôt formant entre les tissus de conduite et de soutien des cordons brillants, ondulés, concentriques, qui subdhisent chaque couche annuelle en un certain nombre d'autres plus petites ; les rayons médullaires, répandus dans les bois de toutes espèces et qui ne sont autres que des lames verticales et miroitantes, allant de la moelle à l'écorce et apparaissant plus ou moins sur les différentes sections, sous forme de taches foncées ou claires, droites ou flexueuses, suivant la direction du débit et l'incidence de la lumière.

La moelle est la partie centrale de l'arbre ; elle ne se montre bien apparente que dans les formations primaires de la tige et chez certains arbrisseaux, comme le sureau. Elle se dessèche, se contracte et disparait à la longue, laissant au centre de l'arbre un petit vide, généralement entouré de fentes rayonnantes. Dans quelques cas, la forme de la section

Ckin*. Beuptùer frêne. Axant*-

et la couleur de la moelle peuvent aider à la distinction des espèces. C'est ainsi que la section est étoilée dans le chêne, pentagonale dans le peuplier, quadrangulaire dans le frêne, triangulaire dans l'aune.

b CONSTITUTION DES BOIS

Les caractères anatomiques n'entrent pas seuls en ligne de compte dans la détermination des espèces ; il en est d'autres plus importants encore dans la pratique; tels sont notamment ceux tirés de la présence de cœur différencié, de taches médullaires, de canaux résinifères, etc.

En faisant une section transversale dans le tronc d'un chêne, d'un mélèze, etc., on observe que les couches externes offrent une teinte plus claire que celles du centre. Les premières constituent Y aubier, les secondes le bois parfait ou cœur. D'où suit déjà une première et fort importante distinction entre les bois à cœur et aubier confondus, et les bois à cœur et aubier distincts. Une seconde différence naît ensuite des teintes variées que prend le cœur en vieillissant.

Les taches médullaires sont des lames minces de parenchyme rougeâtre ou brunâtre, intercalées, chez les bois feuillus, dans les zones moyenne et externe des couches annuelles. Suivant le débit, elle apparaissent tantôt sous forme d'arcs peu étendus et concentriques aux accroissements, tantôt sous l'aspect de lignes sombres disposées suivant le fil du bois, tantôt enfin comme de longues bandes bifurquées et plus ou moins ramifiées.

Les canaux résinifères existent dans le bois d'un grand nombre de conifères ; ils sont, ou bien visibles (pins), ou bien invisibles (sapin), à l'œil nu. Us sont constitués par de véritables glandes creuses, disposées comme les vaisseaux des bois feuillus ; ils apparaissent sur une section transversale sous forme de pores ou de trous remplis de résine solidifiée, reconnaissables à leur teinte jaunâtre ou brunâtre. A l'inverse des vaisseaux toujours nombreux, principalement répartis dans le bois de printemps et de calibres inégaux, les canaux résinifères sont rares, espacés, isodiamétriques, et distribués seulement dans les formations d'été et d'automne.

2. Examen différentiel des bois. — Pour arrivera la détermination des différentes espèces de bois, il est nécessaire de les examiner sur trois faces différentes :

1° Sur une section transversale ABCD dirigée suivant un plan perpendiculaire à Taxe de la tige et qui fournit les caractères distinctifs les plus nombreux et les plus précieux ;

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS

2° Sur une section radiale ou sur maille BEFG dirigée suivant un plan longitudinal, dans la direction d'un rayon ;

3° Sur une section tangentielle IJKH dirigée suivant un plan tangent à la circonférence des accroissements annuels.

3. Classification générique des bois les pius employés dans Findusfrie. — La classification ci-après est tirée de l'ouvrage classique du Dr Gayer sur l'exploitation des bois (1) ; elle offre le très grand avantage d'être claire, succincte, précise et aussi complète que le sujet l'exige. Les bois y sont répartis en deux grandes divisions comprenant : d'une part, les feuillus indigènes et exotiques, d'autre part, les résineux. Quelques brèves indications sont consacrées aux palmiers et aux bambous. Dans chaque division, les bois sont étudiés par groupes établis d'après leurs affinités naturelles.

Des gravures extraites de l'édition allemande et remarquables au point de vue de l'exécution, permettent de se rendre compte rapidement de l'ensemble des caractères révélés par l'examen macroscopique, et suffisent souvent pour établir la distinction entre les principales essences utilisées par l'industrie.

PREMIÈRE DIVISION Bois feuillus.

Cette division comprend tous les bois pourvus de vaisseaux ; elle est subdivisée en deux sections formées, l'une par les essences indigènes, et l'autre par les essences exotiques.

(i) Forstbenutzung, 9« édition, Paul Parey, Berlin 1903.

PREMIÈRE SECTIQH Bois fexrilluB indigènes.

Groupe des Chênes.

Section transversale. — Epais rayons médullaires alternant avec d'autres plus (1ns et se détachant, par leur aspect brillant, sur le fond mat de l'entourage. Vaisseaux gros et généralement ordonnés suivant deux cercles concentriques dans le bois de printemps, de

Fig. 1. — Chêne, -éjection transversale; S, section sur maille; F% section tangentiellc ; "mu T v*UkUm^%^ *» boi8 d'automne ; d e, aubier ; M M, e «, rayon.

médullaires.

calibre décroissant dans le bois d'automne, ici bordés par un anneau de parenchyme cellulaire et bien visibles. Entre les lignes claires,

EXAVEX MACllOSGmUUE DES BOIS 9

radiales et bifurquées du parenchyme et des vaisseaux, chaque couche annuelle est encore divisée en zones nombreuses par des lignes de parenchyme blanchâtres, concentriques et flexueuses. Coeur coloré en brun, à peine apparent dans les bois à très faibles accrnisanmenfta,

Sertie* surwÊoiUe. — Vaisseaux tranchés formant des sillons ou canaux creux, légèrement brillants dans l'aubier, remplis de thylles dans le cœur. Rayons médullaires dessinant de larges bandes ou des plaques pins petites (maillures), tantôt sombres et mates, tantôt claires et brillantes, suivant Tiucidence de la lumière. Limites des couches annuelles marquées, sur la maillure, par un filet plus sombre. Parenchyme ligneux indiqué, sur les sections maillée et radiale, par des lignes parallèles aux rayons médullaires.

Section tangentielle. — Traces des vaisseaux coupés en forme de sillons où de canaux plus ou moins longs, groupés en arcs continus et sinueux, indiquant ainsi les limites des accroissements annuels. Rayons médullaires accusés par des lignes verticales, longues, sombres, mates et quelque peu épaissies au milieu. Masse du bois d'automne rubanée transversalement et brillante.

Aubier d'épaisseur très variable. Cœur de différentes couleurs, allant du fauve clair an brun noirâtre.

Espèces indigènes.

Chêne pédoncule. Quercvs pedunculata. ) Impossibles à distinguer Chêne rouvre. Q. sesstiiflora. $ une fois mis en œuvre.

Chêne chevelu. Q. Cerris. Aubier très large. Cœur teinté de rose ou

veiné de brun.

Chêne Tauzin. Q. Tozzti. Aubier non parlai- >e e e

tement délimité.

Chêne yeuse. Q. Ilex. Cœur très foncé.

Couches annuelles non distinctes.

Chêne liège. Q. suber. Bois variant du gris

au brun rougeâtre.

gKftfW*

Espèces africaines. ?

Chêne JZéen^ Q. Mirbeckii. Un seul rang de

vaisseaux dans le bois de printemps. \ ? j,

Chêne Affarez. Q. castaneifolia. Cœur d'un

brun rougeâtre. %\ a

Espèces américaines. „. «,

Fig. 2. — Chêne rouge.

a», a3, a9, bois de printemps; 6»

62, 63, bois d'automne ; e,e*et rayons

médullaires.

Chêne ronge. Q. rubra. De" 2 à 6 rangs de vaisseaux dans le bois de printemps.

Groupe des Hêtres.

Section transversale. — Vaisseaux visibles seulement sur des tranches minces et transparentes, alors très fins, très nombreux et tous égaux. Rayons médullaires épais ou très minces, en lignes brillantes ou sombres suivant l'incidence de la lumière. Bois d'automne plus compact et plus coloré que le buis de printemps, ce qui rend les accroissements distincts.

Section sur maille. — Bordures des couches annuelles formant des lignes sombres et de largeur variable. Rayons médullaires apparais-

Fig. 3. — Hêtre.

H% section transversale ; S, section sur maille ; F, section tangentielle ; a, bois de printemps ; b, d'automne ; ee, rayons médullaires.

santsous l'aspect de plaques plus ou moins grandes, tantôt sombres, tantôt brillantes, suivant la lumière.

Section tangentielle. — Bois d'automne en bandes plus foncées que l'entourage. Traces des rayons médullaires très nombreuses et dessinant des sillons lenticulaires et sombres.

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS

Aubier très abondant. Cœur à peine coloré chez notre espèce indigène, d'an brun clair chez les espèces américaines. Immédiatement après la coupe, le bois de notre hêtre est blanc ; il se fonce ensuite plus ou moins de rouge dans les forêts de plaine ; il reste uniformément blanc dans les forêts de coteaux et de montagnes. Cette distinction est importante pour les usages variés auxquels on destine le hêtre. La couleur rouge foncé qui entoure la moelle est un défaut.

Groupe des Frênes.

Section transversale. — Vaisseaux nombreux et gros dans le bois de printemps, plus rares, petits et entourés d'un parenchyme brillant dans le bois d'automne, ressemblant alors à des points

sô

Flg. 4. — Frêne.

blancs. Parenchyme ligneux invisible. Par là, s'accuse la différence entre le bois de frêne et celui du Hickory (Carya); chez ce. dernier, le parenchyme dessine des bandes concentriques, parallèles aux

42 C0N9TITTTTI0* DES BOIS

couches d'accroissement. Rayons médullaires non distincts ou à peine distincts. Bois d'automne tranchant sur le bois de printemps par sa teinte plus sombre. Cette coloration et la présence des gros vaisseaux rendent les cernes très apparents.

Section mr maille. — Extrémités des couches annuelles, marquées par la section des gros vaisseaux du bois de printemps. Rayons médullaires peu accentués et indiqués par des taches punctiformes très nombreuses et brillantes.

Section tangentielle. — Limites des couches annuelies,dessinées par les traces des gros vaisseaux du bois de printemps; petits vaisseaux du bois d'automne et bandes d'entourage, nettement visibles sur des tranches bien unies, apparaissant alors sous forme de lignes tantôt plus claires que le fond d'entourage, tantôt plus sombres.

Aubier très abondant. Cœur coloré en brun clair, d'abord à peine différent de l'aubier, puis brunissant ensuite un peu plus, surtout dans les régions de plaine.

Espèces indigènes.

Frêne commun. Fraxinus excelsior. ) Cœur plus ou moins flambé de Frêne oxyphylle. F. oxyphylla. ] brun.

Espèces africaines.

Frêne dimorphe. F. dimorpha. Cœur brun jaunâtre.

Groupe des Ormes.

Section transversale. — Vaisseaux gros, très rapprochés, disposés généralement sur une-deux files radiales dans le bois de priutemps; plus petits, environnés d'une gaîae de clair parenchyme et dessinant des arcs concentriques pins ou moins nets et flexueux dans le bois d'automne. Cernes bien apparents. Rayons médullaires sous forme de petites lignes très Unes, légèrement brillantes sous une incidence convenable.

Section sur maille. — Rayons médullaires ressortant sur le fond d'entourage, en petites bandes ou plaques faiblement brillantes. Extrémités des couches annuelles, reconnaissables aux sillons des vaisseaux coupés. Lignes ondulées de la section transversale, se transformant en fines lignes parallèles sur la section radiale.

Section tangentielle. — Tranches des vaisseaux coupés, d'autant plus longues que la section est plus tangentielle ; sous tous autres rapports, comme dans la section radiale. Traces des rayons médullaires.à peine visibles et présentant l'aspect de traits amincis, courts et sombres. Vaisseaux et arcs de parenchyme d'automne, donnant des lignes parallèles en zigzag, plus sombres que l'entourage et tout fait caractéristiques.

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS

Aubier abondant, d'un blanc jaunâtre. Cœur d'abord d'un brun clair, devenant ensuite fortement rouge brun.

Espèces indigènes.

Orme champêtre. Ulmus campes tris. Cœur rouge. Orme rouge. Orme tortillard. V. effusa. Cœur d'un jaune brunâtre, plus ou moins

flambé de brun. Orme roau'e.

Orme de montagne. U. montant. Cœur d'un brun clair. Orme bâ-

tard. Orme blanc.

Orme diffus. U. effusa. Cœur d'un jauue brunâtre. Orme blanc.

Fig. 5. — Orme

Groupe des Châtaigniers.

Section transversale. — Vaisseaux gros et rapprochés dans le bois de printemps, disposés, comme chez le chêne, en files radiales souvent bif arquées et auréolées de parenchyme clair qui ressort en

lignes blanchâtres et fourchues sur le fond d'entourage du bois d'automne. Cernes très distincts.

Section sur maille. — Extrémités des couches annuelles, nettement indiquées par les sillons brillants des vaisseaux. Rayons médullaires très peu apparents, dessinant de courts filaments rubanés à reflet plus clair.

Section tangentielle. — Gros vaisseaux de printemps, délimitant de façon très nette l'extrémité des couches annuelles. Lignes ondulées des Ans vaisseaux et de leur cadre de parenchyme, à peine visibles sous forme de lignes sombres.

Aubier très mince. Cœur semblable à celui du chêne, mais s'en distinguant par l'absence de maillures.

Fig. 6. — Châtaignier.

Espèces indigènes.

Une seule espèce subspontanée en France, spontanée en Algérie, Castanea vulgaris.

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Groupe des Robiniers.

Section transversale. — Vaisseaux du bois de printemps presque aussi gros que ceux du bois d'automne, tantôt ouverts, comme dans l'aubier, et alors visibles sous forme de points noirs, tantôt remplis de thylles, comme dans le cœur, et alors moins apparents dans la zone claire et jaune du bois de printemps. Dans le bois d'automne, les vaisseaux et leur cadre de parenchyme ressortent en lignes blanches et brisées, ondulées ou rectilignes. Bois de printemps très poreux. Cernes très nets. Rayous médullaires apparaissant comme des traits clairs, fins et courts. "

Fig. 7. — Acacia.

Section sur maille. — Extrémités des couches d'accroissement, reconnaissables, dans l'aubier, aux sillons des vaisseaux coupés et, dans le cœur, à la teinte claire du bois de printemps. Rayons médullaires sous forme de bandelettes brillantes. Parenchyme du bois d'automne indiqué par de blanches lignes verticales.

16 COSSTITUT10X OES BOIS

Section tangentielle. — Vaisseaux de l'aubier et du cœur comme dans la section sur maille. Parenchyme du bois d'automne en rubans onduleur, parallèles aux extrémités des couches annuelles, et tantôt plus clairs que l'entourage, tantôt plus sombres, suivant l'incidence de la lumière.

Espèces naturalisées en France.

Robinier faux acacia. Robinia pseudo-acacia. Aubier peu abondant, blanc. Cœur lustré, jaune ou jaune verdâtre.

Févier inerme e* Févier épineux. Gteditschia inermis. G. spinosa. Aubier large. Cœur rougeatre.

Chicot. Gymnocladus canadensîs. Aubier abondant. Cœur brun verdatre.

E*péces naturalisées en Algérie.

Prosopis juliflorat D. C. — Cœsalpinia, mimosoïdes, Lam. Erythrina corallodendron9 L, E. umbrosa, E. crista-galli. — Parkinsonia aculeata, L. — Bauhinia aculeata, L. — Acacia melanoxyla, H. Brown, A.pycnantha, Beotham, A. retinoïdes, Ben., A. Gummifera, Wild, A.tortilis,L.,A. arabica, Wild, A. Lebbek, Wild, A. decurrensy Wild, A. dealbatat Link ; toutes espèces très difficiles à distinguer sans laide des feuilles et des inflorescences.

Groupe des Noyers.

Section transversale. Vaisseaux assez également distribués dans les couches annuelles, parfois quelque peu ramassés dans le bois de printemps et plus gros dans ce dernier que dans le bois d'automne. Bois d'automne plus sombre que celui de printemps. Hayons médullaires à peine visibles.

Section sur maille. — Cavités des vaisseaux du bois de printemps, apparaissant sous forme de gros canaux de couleur plus ou moins foncée, presque noirs chez certaines espèces. Rayons médullaires comme ci-dessus.

Section tangentielle. — Extrémités des cernes, très nettes et formées par une ligne sinueuse, sombre ou claire, suivant l'incidence de la lumière. Vaisseaux comme dans la section précédente. Rayons médullaires invisibles.

Espèces indigènes subspontanées.

Noyer commun. Juglans regia. Aubier abondant^ gris. Cœur brun, plus ou moins veiné et flambé de noir et de rouge.

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS

Espèces américaines.

Noyer noir. J. nigra. Cœur d'un brun rougeâtre. Noyer cendré. N. satiné. J. cinerea. Cœur variant du brun clair au gris brunâtre.

Groupe des Érables.

Section transversale. — Bois de printemps, tranchant par sa teinte plus claire sur le bois d'automne, différenciant ainsi les couches annuelles. Vaisseaux égaux, très fins, non visibles. Rayons médullaires très nombreux, dessinant de petites lignes claires et môme un peu brillantes sous une incidence convenable/

Section sur maille. — Extrémités des couches annuelles, marquées par une fine ligne sombre. Rayons médullaires, apparaissant sous forme de très nombreuses bandes ou plaques, brillantes et satinées sous les jeux de la lumière.

Mathby. — Exploitation des bois. I. 2

Section tangentielle. — Extrémités des couches annuelles, visibles sous forme d'une bande de largeur variable et de teinte plus sombre que l'entourage. Rayons médullaires présentant l'aspect de boutonnières très menues, très nombreuses, se détachant sur le fond clair.

Aubier et bois parlait ordinairement confondus.

Espèces indigènes.

Erable sycomore. Acer pseado-platanus. Bois blanc, peu lustré mais

bien maillé.

Erable plane. A. platanoïdes. Bois d'un blanc un" peu rougeâtre ;

maillures moins belles que dans le sycomore.

Tig 9. — Erables et Pruniers.

Erable champêtre. A. campcstrc. Bois d'un Liane lustré dans les forêts de plaine, satiné et d'un jaune rougeâtre dans les forêts de montague. Cœur flambé de brun chez les vieux arbres.

EXAMEX MACROSCOPIQUE DES BOIS 19

Erable à feuilles d'obier. A. opulifolium. Bois satiné, d'un rose clair. Erable de Montpellier. A. Monspessulanum. Bois lustré, d'un blanc rougeàtre.

Groupe des Amygdalées.

(Cerisiers, Pruniers, Amandiers).

Ces bois offrent de grandes analogies avec ceux des érables sous le rapport de la distribution et de l'apparence des rayons médullaires, sous le rapport aussi des fins rayons de printemps qui, par leur réunion, dessinent une zone poreuse, étroite ou assez large, rendant les accroissements distincts ; ils en diffèrent essentiellement par la coloration.

Espèces indigènes ou subspontanées en France et en Algérie.

Merisier. Cerasus avium. Aubier blanc. Cœur d'un rouge brunâtre clair, veiné, maillé et brillant.

Cerisier à fruits acides. C. acida. Tacbes médullaires brunes.

Mahaleb. C. mahaleb. Aubier blanc, très mince. Cœur rouge clair.

Cerisier à grappes. C. padus. Aubier blanc, large. Cœur rouge clair. Odeur très forte.

Prunier domestique. Prunus domestica. Bois rouge brun, veiné et diversement nuancé.

Prunier épineux. I\ spinosa. Bois veiné et coloré en brun rougeàtre.

Amandier commun. Amygdalis communis. Aubier blanc, peu épais. Cœur d'un bran marron, bien veiné. Bois de printemps plus foncé que le bois d'automne. Légères m ai Hure s.

Groupe des Charmes.

Section transversale. — Les rayons médullaires sont très fins, à peine visibles sur des coupes minces ; ils donnent naissance par leur réunion, à de faux rayons très capricieusement distribués et apparaissant en clair sur le fond mat de l'entourage. Accroissements en lignes ondulées, peu distincts, reconnaiçsables simplement aune légère différence de teinte entre les bois de printemps et d'automne. Vaisseaux à peine visibles.

Section sur maille. — Vaisseaux et fins rayons médullaires, peu apparents. Faux rayons clairement visibles sous forme de larges bandes d'un blanc mat.

Section tangentielle. — Bois d'automne, faiblement accusé par des bandes en zigzag plus sombres que l'entourage. Faux rayons médullaires en lignes épaisses, sombres et de longueur inégale. Cœur et aubier confondus.

Deux espèces indigènes : le charme commun, Carpinus betulus, dont le bois est d'un blanc d'ivoire, et le charme-houblon, Otirya carpinifolia, dont le bois est rouge clair, comme celui du poirier.

Mg 10. — Charmes.

Groupe des Aunes.

Section transversale. — Vaisseaux et fins rayons médullaires non visibles. Faux rayons très distincts, épais et longs, tau tôt peu nombreux ou même absents, tantôt assez abondants. Extrémités des couches annuelles assez nettes, ce qui résulte de la différence de teinte entre le bois de printemps, clair, et une partie du bois d'automne, sombre.

Section sur maille. — Les extrémités des couches annuelles sont surtout visibles dans l'épaisseur des faux rayons, ceux-ci traçant sur la section de larges bandes ou portions de bandes, sombres et mates. Fins rayons médullaires très peu apparents.

Section tangentielle. — Extrémités des couches annuelles, nettes surtout dans le trajet des faux rayons ; ceux-ci se montrent sous

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS 21

forme de lignes longues, sombres et mates (un peu, par conséquent, comme les bandes médullaires du hêtre, qui ont jusqu'à 10 centimètres de largeur).

Cœur et aubier confondus. Bois coloré en rouge ocreux vif quand il est débité à l'état frais, un peu rougeâtre à l'état sec Grandes et larges maillures. Canal médullaire triangulaire.

Fig. 11. — Aunes.

Espèces indigènes.

Anne glntineux. Alnus glutinosa.

Aune blanc. Alnus incana.

Anne cordifonne. Alnus cordifolia.

Groupe des Bouleaux. '

Limites des couches annuelles, marquées par une zone sombre et très mince de tissu plus serré. Sur une surface bieu unie, rayons médui-

laires apparaissant seulement à la loupe, sous forme de lignes fines et nombreuses en coupe transversale, et sous forme de taches brunes en coupe longitudinale. Le caractère dominant est fourni par la présence de vaisseaux nombreux, serrés, qui, sur une section ou une déchirure longitudinales, laissent voir, sous une incidence convenable de lumière, leur cavité brillante et comme tapissée de nacre. Cœur et aubier non distincts. Bois uniformément blanc.

Espèces indigènes.

Bouleau verruqueux. Betula verrucosa.

Bouleau pubescent. B. alba.

Groupe des Tilleuls.

Accroissements marqués sur toutes les sections parun mince filet d'un jaune blanchâtre, très caractéristique. Cavité des vaisseaux sans reflets nacrés. Par contre, rayons médullaires plus longs, plus larges et mieux visibles que dans le groupe précédent. Maillures apparentes. Bois uniformément rougeâtre, moins dense que celui du bouleau.

Espèces indigènes.

Tilleul à petites feuilles. Tilia parvifolia.

Tilleul à grandes feuiles. T. grandiflora. Bois plus léger et plus mou que celui de l'espèce précédente.

Groupe des Pomaoées.

(Poiriers, Pommiers, Alisiers, Sorbiers).

Bois intermédiaire entre celui des Amygdalées et des Tilleuls. Il diffère des premiers par des vaisseaux invisibles même à la loupe et non groupés en zone périphérique et par des rayons médullaires plus étroits, des seconds par un poids spécifique beaucoup plus grand.

Chez les pommiers, les accroissements flexueux sont à peine distincts ; l'aubier est blanc, le cœur flambé de brun. Chez les poiriers, les cernes sont plus réguliers, plus nets ; l'aubier est large, le cœur moins coloré. Chez les sorbiers, l'aubier est rougeâtre, le cœur d'un gris argent tournant au brun ou au rouge clair ; les accroissements, assez visibles, sont marqués par un filet plus sombre» principalement au niveau des taches médullaires qui marbrent, çà et là, de brun ou de jaune, les formations de printemps. Chez les alisiers, le bois est blanc ou légèrement rougeâtre, le cœur souvent peu différencié.

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS 2

Espèces indigènes.

Poirier commun. Pirus communis.

Pommier acerbe. Malus acerba.

Alisier blanc. Sorbus aria. Pas de taches médullaires.

Alisier torminal, alisier gris. S. torminalia. Taches médullaires jaunâtres.

Sorbier des oiseleurs. S. aucuparia. Bois satiné, blanc rougeàtre, moins dur et moins lourd que le sorbier domestique, S. domestiea9 dont le bois d'un gris argenté, légèrement [rougeàtre, est excessivement dense.

Espèces algériennes.

Poirier longipède. Pirus longipes.

Dans ce groupe, rentrent aussi les aubépines et, notamment, l'azerolier d'Algérie, Cratœgus Azarolu*, dont le bois, lourd et blanc, est parsemé de taches médullaires et chevillé de nœuds d'un noir d'ébène.

Groupe des Salicinées.

(Peupliers, Trembles, Saules).

Le bois des arbres de ce groupe, léger et en général blanc, ressemble beaucoup à celui des résineux ; il en diffère seulement par la présence de vaisseaux nombreux et fins, aisément discernables à la loupe. Une plus forte densité, l'absence de reflets nacrés sur les sillons longitudinaux des vaisseaux, établissent la distinction avec le bouleau. L'absence d'un filet jaune blanchâtre â la limite des accroissements annuels, sépare en outre le bois des Salicinées du bois des Tilleuls.

Espèces indigènes.

!™ Section. — Saules. Cœur et aubier distincts. Taches médullaires brunes ou rougeâtres.

Saule blanc. Salix alba. Aubier blanc. Cœur d'an rouge tendre uniforme.

Saule fragile. Salix fragilis. Aubier blanc, peu abondant. Cœur uniformément rouge tendre.

Saule marceau. S. caprœa. Aubier blanc rougeàtre. Cœur rouge vineux.

2* Sxction. — Peupliers.

A. Espèces a cœur et aubier confondus : Peuplier noir ou d'Italie. Populus nigra. Veines noires au cœur chez les arbres âgés.

Peuplier du Canada, Peuplier de Virginie, Suisse, Suisse régénén5, elc. P. canadensis. Bois uniformément blanc» ou légèrement rougeâtre au cœur.

B. Espèces a cœur et aubier districts : Peuplier blanc, Ypréau, Blanc de Hollande. P. alba. Aubier blanc.

Cœur nettement rougeâtre.

Peuplier grissrd ou grisaille. P. canescens. Aubier rougeâtre. Cœur

d'un rouge brunâtre.

3* Shcthh*; — Tremble. P. tremula. Cœur et aubier confondus dan»

tes bois provenant des forêts de plaine. Cœur distinct, auréolé - d'anneaux plu» vivement colorés, d'un rouge vineux, dans les

bois provenant des forêts de montagne et de coteaux. Distinction

importante pour les bois à papier ; la couleur grise ou noire est

un défaut.

Groupe des Tamaricinôes.

Bois ressemblant beaucoup à celui des saules, mais néanmoins puis lourd, et parcouru par des rayons médullaires peu nombreux et très épais, donc visibles sur toutes les sections et constituant un caractère distinctif très net.

Aubier large et blanc. Cœur rouge clair. Maillures prononcées et nombreuses.

Espèces indigènes.

Tamarin de France. Tamarix gallica.

Espèces algériennes.

Tamarin d'Afrique. T. af ricana.

Tamarin pauciovulé. T. pauciovulata.

Tacahout. T. articulata.

Groupe des Hyppooastanées.

Marronnier d'Inde.

Sur des coupes unes, masse de bois absolument homogène, d'un blanc mat d'argent, extrêmement douce au toucher. Accroissements annuels marqués par une ligne un peu sombre qui provient du contraste entre le bois d'automne, sombre, et le bois de printemps, clair. Bois très léger. Aubier et cœur confondus.

EXAKE3 MACROSCOPIQUE DES BOIS

DEUXIÈME SECTION Bois feuillus exotiques.

Groupe des Caryas.

Les Caryas sont des Juglandées d'Amérique, dont le bois, industriellement connu sous le nom anglais de Hickory. ressemble beaucoup à celai du frêne, mais en diffère cependant, à l'examen ma-

Fig. 12. — Acajou.

croscopiqne et sur des sections unies, par la présence de lignes de parenchyme fines, claires et parallèles.

2tt CONSTITUTION DES BOIS

Groupe des Méliaoées.

A ce groupe appartiennent la plupart des bois connus en France sous le nom d'Acajou, en Angleterre sous celui de Mahagoni. Le genre Swietena donne le bois d'Acajou proprement dit ou Mahagoni; le genre Cedrela, le bois d'acajou femelle.

Section transversale. — Rayons médullaires en lignes radiales, brillantes et très nettement visibles. Vaisseaux gros, nombreux, régulièrement distribués et apparaissant comme remplis d'une sciure très fine et rougeâtre.Couches d'accroissement interrompues par des lignes blanchâtres caractéristiques. Dans son ensemble, bois un peu brillant.

Section sur maille. — Fac ettes miroitantes des rayons médullaires» ressortant nettement sur le fond déjà clair delà niasse d'entourage. Vaisseaux coupés, apparaissant en sillons sombres ou plus rarement pourvus d'éclat.

Section tangentielle. — Limites des couches d'accroissement, distinctes sous forme de bandes claires. Cavités des vaisseaux, dessinant des traits foncés. Section à reflets brillants.

Swietena. — Aubier étroit. Cœur coloré en brun rougeàtre clair. Densité à peu près égale à celle du noyer.

Cedrela. — Coeur coloré en brun grisâtre. Bois plus blanc et plus léger. Vaisseaux de printemps, plus gros que ceux d'automne. Eclat beaucoup moins vif.

Groupe des Verbénacées.

(Teck, Tcctona grandis).

Section transversale. -- Au début de la végétation, formation d'une zone ligneuse de couleur claire, parsemée de vaisseaux espacés, gros, visibles sous forme de ponctuations foncées. A la fin de la végétation, zone ligneuse de teinte sombre, ponctuée de clair par les pores des vaisseaux remplis d'une sorte de sciure blanchâtre. Rayons médullaires à peine apparents.

Section sur maille. «— Sillons des vaisseaux tranchés, apparaissant dans la zone claire, sous l'aspect de canaux noirâtres, et, dans la zone sombre, sous l'aspect de canaux brillants. Extrémités des couches d'accroissement, accusées par une ligne plus claire. Rayons médullaires donnant naissance à des maillures qui ressortent en teinte plus vive ou plus foncée sur le fond de la masse d'entourage.

Section tangentielle. — Formations annuelles, séparées les unes des autres par une bande de couleur claire. Vaisseaux comme cidessus. Çà et là, vaisseaux solitaires, plus gros, remplis d'une sciure neigeuse et apparaissant sous l'aspect de ponctuations blanches sur la section tangentielle, de lignes également blanches sur la

section longitudinale.

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS

Bois d'an gris brunâtre, à odeur prononcée et typique de caoutchouc.

Pour remplacer le teck devenu rare.on pourrait employer avec avantage, dans la membrure des vaisseaux, certains bois de la Guyane française notamment une légumineuse, l'Angélique {Dicoryzia paraensis) dont le bois est rougeatre.

Fig. 13. — Teck.

Groupe des Zygophyllées.

(Gaïac, Lignum sanctum).

Couches annuelles séparées les unes des autres par des zones d'an bran foncé. Rayons médullaires non visibles. Vaisseaux fins, sous forme de lignes ou de ponctuations d'un vert sombre. Dans les couches annuelles, fibres alternativement dirigées de droite à gauche et de gauche à droite. Aubier jaune. Cœur brun, très compact.

Beaucoup d'antres bois sont vendus sous le nom de Gaïac. Ainsije Diptcrix odorata de la Guyane, légumineuse facile & distinguer par son bois

très dur et d'un jaune rosé, où les fibres s'emmêlent à la façon d'une chevelure. Ainsi encore YAoaoia spirorbis ou faux Gaïac de la Nouvelle-Calédonie, & aubier Jaune et mince, à cœur très dense, d'un brun foncé.

Groupe des Ébénaoées.

(Ebène, Diospyro* chenus y etc.)*

Les Plaque miniers donnent le bois connu dans le commerce sous le nom d'ébène. Au début, ce nom avait été réservé au seul Diospyros ebenus.

Rayons médullaires invisibles. Vaisseaux plus gros et cernes plus accentués chez les espèces à feuillage caduc, que chez celles à feuillage persistant. Aubier peu abondant, de couleur claire. Cœur grisâtre et veiné pour les espèces à feuillage caduc, d'un noir foncé, plus ou moins veiné de vert pour celles à feuillage persistant. Chez ces dernières, les vaisseaux apparaissant comme des trous d'épingle, brillant dans la masse noire et souvent odorante du bois.

Groupe des Bignonacéet.

(Palissandre, Jacaranda),

Vaisseaux épars, brillants, très gros et régulièrement distribués. Lumens plus ou moins remplis d'un parenchyme ayant l'aspect d'un vernis luisant. Aubier large, tendre, d'un gris sale. Cœur très dur, ordinairement marbré par le mélange d'un brun foncé, presque noir, et d'un brun plus clair, un peu rouge. Bois dégageant une odeur douce et agréable.

Groupe des bols de rose.

Le commerce désigne, sous le nom de bois de rose, un certain nombre d'essences variées, point ou peu maillées, très employée» autrefois en ébénisterie, et qui ont pour trait commun, d'abord, leur senteur particulière à l'état frais, puis la coloration de leur cœur, coloration variant du rose au rouge cerise et qui s'atténue beaucoup avec le temps chez la plupart des espèces.

Parmi les bois de rose les plus communs, on peut citer le Tkespetia populnea de la Nouvelle-Calédonie et de la Gochinchine, malvacée à odeur musquée, & aubier blanc et cœur noirâtre, facile à travailler ; les Tamanous

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS 2

Calophyllum inophyllum et C. montanum, clusiacées de môme provenance, présentant un cœur rougeâtre, veiné et facilement reconnaissable à ses fibres très colorées, spiralées et disposées en faisceaux ondulés ; cœur qui se laisse, d'ailleurs, difficilement raboter et qui s'écaille sous l'outil.

Groupe des bois de Santal.

Ces bois sont connus en France sons le nom de Santal rouge, en Angleterre sous celui de Padouk ; ils proviennent d'une légu mineuse commune aux Indes, en Cochinchine et à la Réunion, le Pterocarpus indica.

Sur une section transversale et polie, lignes menues de clair parenchyme circulant au milieu de la masse rougeâtre du bois, ouvertures des vaisseaux faiblement brillantes. Fibres ligneuses grossières, disposées en couches concentriques, mais dirigées les unes dans un sens, les autres dans l'autre. Le bois, fendu suivant le diamètre, se sépare en deux morceaux engrenés l'un dans l'autre. La surface rabotée est alternativement polie et rugueuse. Bois d'abord blanc et prenant ensuite une teinte rougeâtre uniforme.

Groupe des Magnolaoées.

(Tulipier, Liriodendron Tulipifera).

Section transversale* — Rayons médullaires, comme chez le bois d'érable. Extrémités des couches annuelles, marquées par une ligne blanchâtre. Vaisseaux invisibles.

Section sur maille. — Bandes faiblement brillantes, dues aux rayons médullaires, intercalées entre les couches annuelles. Celles-ci délimitées par une ligne verticale blanchâtre. Vaisseaux invisibles.

Section tangenlielle. — Extrémités des couches annuelles, indiquées par des bandes se détachant en clair sous une incidence convenable.

Aubier large. Cœur olivâtre ou d'un vert argenté, très clair.

DEUXIÈME DIVISION Bois résineux.

Cette division comprend tous les résineux. Le bois se distingue de celui des feuillus, principalement par l'absence de

vaisseaux et de taches médullaires, par l'abondance des cellules fibreuses, dites cellules aréolées ou trachéides, qui donnent à la section transversale un aspect muriforme, souvent aussi par la présence de canaux rèsinifères.

1er Groupe.

Epicéa, Pins (sections pinastre et tœda), Mélèzes et Pseudo-Tsugas.

Section transversale. — Rayons médullaires peu visibles. Canaux rèsinifères verticaux et horizontaux. Les premiers sous forme de

Fig. 14. — Résineux, 1er groupe : Fig. 15. — Résineux, 1" groupe : Epicéa, Pins a 2 aiguilles, Mélèze Pins à 3 aiguilles,

et Sapin de Douglas.

ponctuations ressortant en clair dans la masse foncée du bois d'au.

EXAJÏE.X MACROSCOPIQUE DES BOIS

tomne. Les seconds couchés dans le sens des rayons et se détachant en clair ou en sombre, suivant l'incidence de la lumière. Bois de printemps léger, blanc et passant brusquement ou par transitions ménagée s. au bois d'automne. Assez fréquemment, formations surnuméraires de bois d'automne dans le bois de printemps.

Section sur maille. —Canaux résinifères marqués par de fines rayures. Rayons médullaires peu visibles, donnant cependant de l'éclat au bois par le débit sur maille. Extrémités des cernes indiquées par la différence de coloration entre les bois d'automne et de printemps.

Section tangentielle. -— Canaux résinifères distribués surtout dans le bois d'automne et dessinant des ligues plus ou moins longues. Accroissements bien distincts.

Genre Picéa. — • Aubier et cœur à peine distincts sur le bois mis en œuvre, mais aisément reconnaissables, sur une section fraîche d'abatage, à la résine qui s'écoule de l'aubier. Bois blanc, lustré.

Genre Pinus. — Section Pinaster, 2 aiguilles. — Cœur et aubier distincts. Aubier faiblement coloré en rouge brun. Cœur brunissant après l'abatage. Canaux résinifères plus gros que dans le genre picéa. Passage du bois de printemps au bois d'automne, se faisant plus brusquement que dans le genre précédent.

Fig. 16. — Pitchpin.

Pin sylvestre, Pinus sylvcstris. — Aubier large, blanc ou blanc jaunâtre. Cœur rougeàtre.

Pin de montagne, Pinus montana. — Aubier blanc. Cœur d'un blanc terne. Bois léger et tendre.

Pin Laricio, Pin noir, Pinus Laricio. — Aubier blanc, très abondant. Cœur rouge brun.'

Pin d'Alep, Pinus halepensis. — Aubier blanc. Cœur d'un roux clair. Bois lourd, très imprégné de résine, gras.

Pin maritime, Pinus pinaster. — Aubier blanc. Cœur rouge brun. Bois lourd, très résineux, parcouru par de gros canaux résinifères*

Pin pinier, Pinus pinea. — Bois difficile à distinguer de celui du pin maritime. Les tissus sont pourtant moins imprégnés de résine.

Section tœda, 3 aiguilles. — Aubier de largeur variable. Cœur distinct et brunissant après l'abatage. Canaux résinifères plus gros et plus apparents que dans la section précédente. Passage au bois

Fig. 17. — Résineux, 2« groupe : à gauche, pin pignon; h droite, pin Weymouth.

d'automne se faisant brusquement dans la zone large, dure et rouge du bois de printemps.

Cette section ne comprend guère que des pins américains, dont le pitchpin est le type. Le bois, d'un beau rouge, renferme jusqu'à 45 % de formation d'automne daus le cœur. L'aubier est parfois coloré en bleu dans les bois mis eu œuvre. On distingue :

Pinus palustris, Pitchpin;

Pinus fieterophylla. Pitchpin, Spruce-pin ;

Pinus echinata, Yellow-pin ;

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS 33

Pinus tada, Bastard-pin.

Genre mélèze. — Aubier mince, de couleur claire. Cœur très distiuct, rouge brun. Canaux résinifères plus rares et plus petits que chez tous les autres genres du groupe.

Genre Pseudo-tsuga. — Type représenté par le sapin de Douglas. Aubier large. Cœur rouge brun, ne se distinguant de celui du mélèze qu'à l'examen microscopique.

2e Groupe.

Pins à 5 aiguilles.

Canaux résinifères apparaissant sur toutes les sections comme chez les pins pinastres, mais moins accusés que chez les pins tœdas. Passage du bois de printemps au bois d'automne, se faisant par transitions ménagées. Bois d'automne peu abondant, sous forme de rubans étroits.

Aubier large. Cœur clairement coloré en rouge brun, brunissant à la longue. Le bois du Weymouth provenant des couches extérieures des vieux arbres ne peut être distingué de celui du pin Cembro qu'à l'aide du microscope.

Pinus strobus, Pin Weymouth. — Bois à grain grossier.

Pinus cerabra, Pin Cembro. — Bois à grain très fin.

3e Groupe.

Sapins, Tsugas, Séquoias, Cryptomêrias, Cyprès-Chauves

et Cèdres.

Pas de canaux résinifères. Distinction entre les bois, très difficile et ne pouvant être basée que sur la couleur et l'examen microscopique.

Sapins. — Cœur et aubier confondus comme chez l'épicéa. Distinction entre ces deux essences, exclusivement basée sur l'absence de canaux résinifères chez le sapin et sur la matité du bois.

Tiugas. — Aubier large. Coeur allant du gris au gris brun.

Séquoias. — Aubier étroit. Cœur frais coloré en rouge cerise, mais devenaut brun rouge sur des sections plus vieilles.

Math et. — Exploitation des bois. I. 3

Cryptomèria. — Au-

Cyprès. — Aubier large. Cœur gris brun, bier large. Cœur rouge brun.

Cèdre* — Aubier large. Cœur gris brun. Odeur caractéristique.

Fig. 18. — Résineux, 3e groupe : Sapins, Tsugas, Séquoias, Cryptomérias, Cyprès chauves et Cèdres.

4e Groupe.

CupressinéeSy Chamœciparisy Cyprès, Thuyas, Thuïopsisj Libocèdres, Genévriers.

Pas de canaux résinifères. Bois plus dense que dans le groupe précédent ; grain également plus fin, surtout dans les formations d'automne. Distinction des genres reposant sur la couleur et l'odeur des bois.

Cyprès de Lawson, Chamœciparis Lawsonia. — Aubier large. Cœur rouge clair, à peine distinct de l'aubier.

EXAMEN MACROSCOPIQUE DES BOIS

Cyprès Hinoki, Chamœciparis obtusa. — Cœur rosâtre ou rougeâtre, aubier blanc. Bois soyeux.

Sawara Cyprès, Chamœciparis pisifera. — Cœur d'un gris argent.

Thuya gigantea. — Cœur gris brun.

Thuya occidentalis. — Cœur et aubier confondus.

Thuya quadrivalvis. — Aubier blanc, peu abondant. Cœur rouge brun.

pig. |9# — Résineux, 4« groupe : Cyprès, Chamœciparis, Thuya, Genévriers.

Juniperus commuais, Genévrier commun» — Aubier jaunâtre. Cœur brun grisâtre. , ;

Juniperus virginiana. Genévrier de Virginie» — Aubier mince. Cœur rouge cerise à l'état frais, passant au brun en vieillissant* Odeur forte.

Juniperus oxycedrw, Genévrier oxycèdre. — Cœur^un . clair. Odeur vivef agréable. i .

Juniperus phenicea, Genévrier de Phénicie. — Aubier blanc, abondant. Cœur foncé, d'un brun jaunâtre. Odeur (désagréable, pénétrante.

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