‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 3)Chapitre 18 sur 107 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Art Ier. — PROPRIÉTÉS PHYSIQUES.

!• — Matières colobantes. — Bois de teinture.

Organismes vivants, les arbres peuvent fabriquer et accumuler dans leurs tissus, des matières colorantes que l'industrie extrait et utilise. Tels sont les bois de teinture. Ces bois proviennent en général des régions tropicales. Il en est cependant, comme l'Epine-vinette commune, qui croissent spontanément sous notre climat. Le Campêche {Ilœmatoxylon campechiacum), petit arbre de la famille des Légumineuses, donne lieu, à la Guadeloupe et à la Martinique, à un assez grand commerce d'exportation. Le cœur, seul utilisé en teinture, renferme une matière colorante rouge, VHématoxyline, que Ton obtient en pulvérisant le bois et en traitant cette poudre par l'eau bouillante. Le rendement d'-extrait coloré du commerce est d'environ 25 à 30 %• Le cœur des Cœsalpinia chrisla, sappan, echinata, de la Guyane, connus sous le nom de Bois du Brésil ou simplement encore de Brésil, fournit une autre matière colorante rouge, la Brésiline, qui s'obtient par les mêmes procédés que l'Hématoxyline. Le cœur du Pterocarpus angolensis ou Santal rouge très abondant au Congo, contient la Santoline qui colore également en rouge. L'écorce et le bois du Gomme- Gutte (Hypericum bacci/erum) de la Guyane donnent, dis-

sous dans l'eau, une très belle couleur jaune, propre à la teinture de la soie. Le bois violet {Copaifera bracteata), originaire de la même colonie, produit des violets préférables à ceux de 1 orseille. Les copeaux bouillis du bois de Mincoart M inquart ia guyanensis donnent une belle teinture noire. Or, la France qui consomme annuellement 100.000 tonnes de bois de teinture, n'en reçoit pas même 650 de ses colonies* Il y a donc là, pour nos colons, une mine féconde à exploiter.

Nous avons vu que la coloration générale des bois fournit souvent un bon caractère pour leur détermination, et que cette coloration, uniforme chez certaines espèces, change chez d'autres, présentant ainsi cœur et aubier distincts. Les nuances les plus vives s'observent principalement chez les arbres des régions chaudes ou tropicales. Les bois colorés sont plus lourds que les autres. Ils ont aussi une plus longue durée, au moins en ce qui concerne le cœur, car les substances colorantes sont en général des substances antiseptiques, comme le tanin ou la résine. Ils se prêtent enfin à des usages industriels spéciaux, cette coloration les faisant rechercher par les ébénistes pour la confection des mosaïques, meubles de luxe, etc.

On distingue avec le l)r Gayer :

' C pin,mélèze,tsuga,

essences pauvres en \ pseudo. tsugaf

i* Les bois où la coloration du 1 u ( cyprès.

cœur est apparente et qui v f chêne, orme, frêne,

se divisent eux-mêmes en i essences riches en \ tilleul, prunier, ' eau I mûrier, chàtai-

\ \ gnier.

(( épicéa, 8apin,8ciaessences pauvres en \ d . ^

eau / , / V. lotaxus.

.hêtre, charme, cœur n'est pas apparente et' ( boulean, peu-

qui se divisent encore en . i essences riches en J .^ tremDie

f eau f érable, marron-

* . nier.

Le cœur est de la même couleur que l'aubier chez l'épicéa, le sapin, le fusain, le marronnier, le peuplier, le bouleau, le hêtre;

Peu différent de l'aubier chez l'érable, le tilleul, le sorbier, I chamœciparis lawsonia, le thuya occidental ;

Jaune chez le buis, l'épine-vinette, le sumac, le citronnier, le grenadier, le maclura, le santal blanc, le chamœciparis pisifera, le sureau noir, le ferolia ou bois de satin ;

Brun clair chez le chêne, l'ail an te, le micocoulier, le carya, le Ghâtargnier, le prunier, l'orme, le frêne, le gaînier, l'olivier, le genévrier oxycèdre et le genévrier de Phénicie ;

Rouge brun chez l'if, le mélèze, l'acajou, le eedrela, le prunier, la bruyère arbre, le pin sylvestre, le pin cembro ; Brun foncé chez le cladrastris, le mûrier, le taxodium ; Brun gris chez le teck, le noyer, le palissandre, le thuya giganlea, le genévrier commun, le taxodium distichum, le catalpa ; Gris clair chez tous les arbres des contrées volcaniques du Japon ; Noir gris chez le plaqueminier, le siderodendron, le cupania ; Noir chez les plaqueminiers à feuilles persistantes ; Hosé chez le genévrier de Virginie, les bois de rose de la Guyane, etc. (Thespesia, Tamanou, etc.), le chamœciparis obtusa, le picéa silkensis et le picéa bondoenpis ;

Rouge jaunâtre chez le févier, le gymnoclade, le cytise, le chêne cerris, le pin Weymouth ;

Rouge censé chez le séquoia et le pterocarpus santalinus ou bois de santal ; Rouge bleu chez le campêche, le catalpa speciosa ; Verdâtre chez le laurus chloroxylon, le cocos ; Vert d'argent chez le robinier faux acacia ; Olivâtre chez le magnolia, le tulipier; Noir d'olive chez le gaïac, Taspalathus.

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