Généralités
Comme tous les corps organisés, la substance ligneuse introduite dans un air sature de \apeur d'eau absorbe beaucoup d'humidité et prend une augmentation de poids d>n\iron 15 °/o '» e"e n'absorbe que moitié de cette vapeur et n'accroît son poids que de 7 à 1$ °/0, si l'air, au lieu d'être saturé, abaisse de 50% son degré hygrométrique. L'accroissement de poids du à l'hygroscopicité est donc proportionnel à l'humidité de Pair.
En absorbant de la vapeur d'eau, le bois augmente de volume, il se gonfle. En perdant de la vapeur d'eau, le bois diminue de volume, il se gerce, se rétrécit, prend du ntrait.
PROPRIETES PHYSIQUES, MECANIQUES ET CHIMIQUES Oi>
Ce sont les parois cellulaires qui sont les agents du gonflement ou du retrait. Si l'on considère un groupe de cellules complètement desséchées, on constate que leurs cloisons sont réduites à des lames homogènes, ne présentant entre elles aucune lacune. Introduites dans un air à 50 % d'humidité, les cellules gonflent leurs parois, dont l'épaisseur est doublée, pour loger l'eau qui est venue s'amasser dans les espaces intercellulaires. Les mêmes phénomènes de doublement et de gonflement se répètent, si on porte ces cellules dans un air saturé d'humidité. C'est ce dont le diagramme suivant du I)r Gaver rend bien compte.
Air sec-
5o % d 'kwnidité Fig. 22.
Air sature
Le retrait du bois est donc proportionnel à la quantité d'eau éliminée par évaporation. Si cette é\aporation se fait lentement, le bois se contracte régulièrement et progressivement : il se gerce, mais ne se fend pas. Si, au contraire, I e\aporation est très acthe, le bois se contracte inégalement : il se produit des fentes qui nuisent au débit.
Pour ce motif, on doit soigneusement éviter d'écorcer et d'équarrir. aussitôt après l'abatage et longtemps avant leur mise en œuvre, les essences qui prennent un fort retrait, qui, en terme du métier, travaillent beaucoup. La compagnie I\ L. M. a même été obligée de renoncer à s'approvisionner en bois équarris, en raison du déchet 10 °/o que les fentes superficielles faisaient subir aux pièces de choix ; elle achète maintenant le bois en grume.
En passant de l'état vert à l'état sec, une grume de bois prend un retrait de :
0,1 % suivant sa longueur, 3 à 5 °/„ suivant le rayon de sa section droite, 6 à 10 °/0 suivant la circonférence de sa section droite.
La longueur ne varie donc pas d'une manière bien sensible. Au contraire, la section présente des variations considérables, surtout dans le sens tangentiel. De ce que le bois se rétrécit 2 à 3 fois plus à la circonférence que suivant le rayon, il en résulte que chaque anneau formé par les couches annuelles enveloppe une masse qui se contracte moins que lui ; il se trouve donc à peu prés dans le même état de tension que les cercles de fer, placés à chaud sur les moyeux des roues. Cette tension provoque, à un moment donné, la rupture de l'anneau.
Tantôt cette rupture n'occasionne que de petites fentes radiales, naissant dans la masse du bois au\ points de faible résistance, c'est-à-dire dans les larges rayons médullaires; le bois est alors plus ou moins superficiellement craquelé.
Tantôt, toute la masse jouant ensemble, il se produit successivement une ou plusieurs fentes centripètes. En général, plus il y a de fentes, et moins elles ont d'ouverture et de profondeur. Ces fentes de retrait se reconnaissent au\ petites esquilles qui accidentent les parois ou unissent encore les deux lèvres après le déchirement.
Le cœur étant plus pauvre en eau que l'aubier, travaille moins que ce dernier. Le bois rouge et anormal du hêtre et des résineux prend moins de retrait que le bois ordinaire, car il est, lui aussi, peu riche en eau. Le bois de branche travaille plus que le bois de lïit, et celui-ci plus que le bois de racine. // suit de là un moyen rapide et excellent de distinguer les fentes de cadranure des fentes de retrait chez les chênes arrachés. Ces fentes de retrait, très visibles et souvent très grosses sur la section d'éboutage du fut, sont très réduites ou invisibles sur la section de queulc. Par contre, les fentes de cadranure, quand elles existent, sont également prononcées sur les deux sections.
Les bois à cœur de même couleur que l'aubier travaillent
PROPRIETES PHTSIQLES, MECANIQUES ET CHIMIQUES
beaucoup moins que les bois ayant cœur et aubier distincts. Le mélèze prend, sur la circonférence, 10 °/0 de retrait, l'acacia 8 à 9 %, le sapin 6 %, et le cèdre 3 °/o seulement.
La teneur en résine diminue le retrait. Les essences très résineuses étant plus pauvres en eau, on comprend que le dessèchement doive s'opérer plus lentement. En général donc, ces essences travaillent peu. Parmi les résineux, le Weymouth prend moins de retrait que le sylvestre, celui-ci moins que l'épicéa et ce dernier moins que le sapin. Le Pitchpin travaille encore moins que le Weymouth.