Durée des bois
La durée des bois dépend essentiellement de leurs qualités propres, des soins apportés à leur conservation et à leur dessiccation avant leur mise en œuvre, et des conditions dans lesquelles on les place. La durée intrinsèque des bois varie en raison inverse de l'humidité du milieu et en raison directe des substances antiseptiques et colorantes qu'ils renferment. Ainsi l'aubier dure moins que le cœur ; le chêne, l'orme, le noyer sont plus durables que le charme, le hêtre. Il ne faut cependant pas confondre la coloration naturelle du bois avec celle engendrée par certaines pourritures et décelant un commencement de décomposition.
Les bois poreux, c'est-à-dire riches en tissus conducteurs, ont une moindre durée que les bois à grain serré, c'est-à-dire offrant une forte proportion de tissus de soutien.
Pour les constructions civiles, la durée dépend principalement de l'état de siccité des bois et des conditions dans lesquelles ils ont crû. Les chênes durs et nerveux des taillis sous futaie sont bien meilleurs que les chênes tendres des futaies pleines. Le flottage augmente également beaucoup la durée du chêne. Pendant longtemps, les architectes parisiens
n'ont employé dans leurs constructions, que des bois flottés et en grande partie purgés de leur sève.
Hartig, opérant sur des pièces de 0m,08 de diamètre plantées verticalement en terre avec la moitié de leur longueur à l'air, a trouvé comme durée maxima :
Cinq ans pour le hêtre, le charme, le bouleau, l'aune, le peuplier, le tremble, les saules, le tilleul, le marronnier, l'érable champêtre, le platane ;
Huit ans pour l'érable plane, le sycomore, Forme, le bouleau noir, le frêne, le sorbier des oiseleurs ;
Dix ans pour l'aubier de chêne, de pin sylvestre, de sapin et d'épicéa.
Lecœurdeces mémesarbres, l'acacia, le mélèze, lepincembro, le thuya occidental et le genévrier de Virginie n'offraient, après ce même temps, aucune trace d'altération. Le même auteur fit encore une série d'expériences avec des poutres de 0ra, 10 de côté, prises dans des arbres âgés et plantées totalement en terre. Après cinq ans, l'érable plane, le hêtre, le tilleul, le bouleau commun, le bouleau noir, l'aune commun, l'aune blanc, le tremble, le peuplier noir, l'érable à feuilles de frêne, le peuplier blanc, le peuplier d'Italie, le marronnier, tous les saules et le sorbier des oiseleurs, étaient totalement pourris. Le sapin, l'épicéa et l'érable étaient pourris après dix ans. Les chênes rouvre et pédoncule, les ormes, le sycomore. le chêne rouge d'Amérique, le platane, le pin weymouth étaient pourris après H ans. Le mélèze, l'acacia et le pin sylvestre de 130 ans étaient encore intacts à cette époque .Dupont et Bouquet de la Grye' .
Soumis à l'atmosphère chaude et humide des mines, les bois se comportent de façon très différente. Des expériences faites à Commentry ont donné, comme ordre de durée de conservation des étais, les résultats suivants :
1° Chênes rouvre et pédoncule ; 9° Orme ;
2° Pin sylvestre ; 10° Tremble ;
3° Aune ; 11° Cerisier ;
-i° Frêne ; 12° Bouleau ;
5° Pin maritime ; 13° Charme ;
<i° Acacia; 14° Hêtre ;
7° Saule ; 15° Peuplier.
8° Erables plane, champêtre et sycomore ;