AVERTISSEMENT
impuissante a éclairer ses actes dans les cas étrangers à sa routine quotidienne, et, en ce siècle de lutte acharnée pour le profit, il reste en état d'infériorité funeste à ses intérêts vis-à-vis de ceux de ses concurrents dont les lumières sont venues de plus haut et de plus loin. La nation qui conquerra sur ses voisines une primauté industrielle incontestable, ne le devra pas plus à l'activité soutenue du travail dans ses comptoirs, dans ses usines, à l'habile association des capitaux qui les ont fondés, qu'à une culture intellectuelle sans cesse en progrès, grâce à laquelle chaque agent de la production nationale possédera à tout instant les connaissances les plus exactes, les plus étendues, sur chacun des points rentrant dans sa spécialité.
i La signature de la Préface, qui demeurera pour mon ouvrage un rare ornement, en même temps qu'un bien précieux honneur, dit assez quels encouragements son exécution a trouvé de la part de M. L. Dau- •brée», Directeur général des Eaux et Forêts, quels droits il avait à la dédicace qu'il a bien voulu en accepter. Et je suis heureux, très flatté, je l'avoue encore, de pouvoir penser que cet intérêt de notre chef éminent s'est confondu avec celui, autrement vaste et fécond en bienfaits, qu'il a toujours porté au côté commercial, pratique, des questions forestières.
C'est effectivement à lui, nul ne doit l'ignorer, que sont dus, dans les règlements forestiers, toutes les innovations heureuses dont le commerce des bois français a bénéficié successivement pendant le dernier quart de siècle. Auparavant, les exploitants de nos coupes domaniales et communales étaient un peu traités en quantité négligeable. Maintenant, ils sont devenus des collaborateurs, en quelque sorte, pour les