CHAPITRE II
Art. I". — ENDUITS EXTÉRIEURS.
Les huiles, les goudrons, les vernis et les laques ont été employés depuis la plus haute antiquité pour préserver le bois des influences extérieures. On conserve les pieux enfoncés dans la terre humide en revêtant leur extrémité d'un enduit de coaltar ou d'un mélange de brai sec et de brai liquide. Ce procédé de préservation, très simple et très peu coûteux (0 fr. 1 Ole mètre carré , ne réussit que pour des pièces de faibles dimensions et d'une dessiccation déjà avancée. Employé dans les constructions maritimes, il hâte la décomposition du bois et ouvre la porte à la pourriture sèche, en entravant le dessèchement naturel. Les enduits doivent donc être appliqués exclusivement sur des bois secs, et spécialement sur les faces de jonction des pièces en contact. C'est, en effet, dans la lame d'air stagnante, interposée entre ces pièces, que se développent surtout les champignons qui engendrent la pourriture sèche. Celle-ci se développe d'autant plus facilement que les bois en contact ne sont pas de même essence.
En Russie, où les constructions en bois jouent un très grand rôle, on badigeonne simplement avec un lait de chaux pour se prémunir des atteintes du Merulius lacrymans. Cette pratique est absolument justifiée, attendu que la chaux agit comme isolant d'abord et comme durcissant ensuite. Chacun a pu observer combien est dur et imputrescible le bois des caisses de maçons après un usage un peu long. En France,
on emploie surtout le Minium et le Carbolineum Avenarius. Ce dernier produit, formé principalement par des huiles lourdes de goudron, coûte environ 0 fr. 40 le kilogramme et convient pour des charpentes exposées à l'air ; 1 kilogramme suffit pour enduire une surface de 5 à 6 mètres carrés.
Art. II. — FLAMBAGE DES BOIS.
La carbonisation superficielle des bois est un des plus vieux modes de préservation connus. Les Anciens avaient coutume de flamber l'extrémité des pieux qui devaient être enfoncés en terre. De temps immémorial, on flambe le pied des échalas, des tuteurs, des perches à houblon, etc. Dans le commerce, on durcit à la flamme la plupart des pièces de raclerie fabriquées en hêtre, telles que pelles, attelles, bois d'arcole. M. de Lapparent avait même songé à utiliser ce procédé pour la conservation des charpentes de navire ; mais on a dû l'abandonner, à cause de son peu d'efficacité et des dangers d'incendie que présente son emploi.
Le flambage agit de plusieurs façons différentes : il rend d'abord la surface du bois plus compacte et moins perméable; il tue et détruit ensuite les germes organisés qui se trouvent dans les couches superficielles ; il détermine enfin, audessous de la partie brûlée, la production d'une petite quantité de goudron qui pénètre de un ou deux millimètres dans le bois, et suffit pour arrêter son altération pendant quelque temps.
On se sert, pour flamber de grandes surfaces, de l'appareil Hugon(/ty. 136). II se compose essentiellement d'un cylindre en fonte A, rempli de charbon de terre et surmonté d'une cheminée B. Cette dernière étant ouverte, on allume par le conduit C. On ferme ces deux orifices et on projette la flamme sur le madrier D, à l'aide des soufflets S, actionnés mécaniquement. La flamme sort très volumineuse et horizontale d'un ajutage recourbé E. Le flambage s'effectue dès lors aisément en faisant rouler, devant le jet enflammé et sur un rouleau R, les pièces à carboniser.
Certaines compagnies de chemins de fer ont utilisé ce procédé pour la conservation des traverses. Le flambage revient à environ 0 fr. 15 par pièce.
Art. III.— SUBSTANCES ANTISEPTIQUES.