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CHAPITRE IV

Art. I". — DEFINITIONS.

Les bois entrant dans la confection des parquets sont désignés dans le commerce sous les noms de frises, friselles^ lames et coursons. On distingue le parquet à frises, \q parquet (C assemblage et le paquet sur bitume.

Le parquet à frises est composé de planches étroites, bien corroyées, jointes à rainures et à languettes, d'où leur appellation de frises rainées. Elles sont fixées sur des pièces carrées ou lambourdes, reposant elles-mêmes sur le solivage. Les frises sont tantôt placées transversalement aux lambourdes, tantôt perpendiculairement à leur longueur, tantôt obliquement. Dans ce dernier cas, elles sont coupées d'onglet à leur extrémité et forment deux à deux un angle droit, dont le sommet est au milieu de la lambourde. Chaque rangée de frises présente ainsi une ligne brisée, dont les parties d'égale longueur constituent une suite d'angles droits, alternativement rentrants et saillants.

En variant dans la direction des planches deux rangs qui se touchent, on peut obtenir dos effets d'ornementation très agréable. On peut encore alterner dans chaque rangée de frises, des bois d'essence et de nuance différentes, tels que chêne, hêtre, érable, cerisier, noyer, pin et sapin. Ci-dessous les principales dispositions adoptées pour les parquets.

Le parquet d'nssemblaffe est formé par des pièces de bois, assemblées à tenons et à mortaises ; il se fait par section de feuilles carrées, composées de bâtis et de panneaux arasés.

Fig. 209. — Parquet à Tanglaise (coupe perdue).

Fig. 210. — Parquet à bâtons rompus.

Fig. 211. — Parquet point de Hongrie.

Fig. 212. et 213 — Parquets d'assemblage.

Fig. 214. — Parquels sur bitume.

Tantôt on met les côtés des feuilles parallèlement à ceux de la chambre : c'est ce qu'on appelle le parquet carré ; tantôt on présente les feuilles par les angles : c'est ce qu'on appelle le parquet losange. Le long des murs, on place ordinairement

460 LES SCIAC.ES

des pièces de bois longues et étroites, appelées frises couvantes, qui forment un encadrement dans lequel les feuilles du parquet entrent à rainure et languette. On donne à ces assemblages les formes les plus variées.

Le parquet sur bitume est posé, soit directement sur le bain de bitume, soit sur des lambourdes scellées dans ce bain. Le plus économique est le parquet à bâtons rompus sans lambourdes. Les frises n'étant pas assemblées à rainure et languette, doivent être parfaitement coupées d'équerre. Malgré tout, elles désaffleurent promptement, même après le replanissage, par suite de la fonte du bitume. 11 en résulte une série de creux et de bosses très désagréables à Tœil et très incommodes au pied.

L emploi des lambourdes supprime cet inconvénient, et permet d'utiliser des frises rainées, par conséquent de faire le parquet à l'anglaise ou au point de Hongrie.

Art. II. — CIASSEMENT.

A. Frises de chêne, a) Classement français. — Le classement suivant, adopté le 14 janvier 4904 par la Chambre syndicale des bois de sciage et d'industrie, la Communauté des marchands de bois à œuvrer, l'Union syndicale des marchands de bois de France, la Chambre syndicale des agents et conunissionnaires, répond à tous les desiderata de précision et de clarté ; il est donc destiné à devenir le Code du commerce en celte malière :

Dimensions courantes :

Epaisseur, — L'épaisseur doit être de 27 millimètres i Tétat sec, soit au minimum 28 millimètres en bois vert.

Longueurs. — Les longueurs sont assorties de 0°*,60 à 3 mètres, et découpées de 0",2o en On>,2o pour celles au-dessus de 1 mètre, et de 0»",10 en Om,10 pour les coursons de 0",60 à 0™,90, comptés h 3 pour 2.

Les longueurs de 0",30 à O^.bo sont découpées de 0",03 en 0",05 et vendues à part.

Pour les longueurs de 1 mètre à 3 mètres, la moyenne est de l-,50 à 1»,60.

Largeurs. — Sont considérées comme frises, les largeurs de O^.IO à 0'",12. comme frisettes comptées à 3 pour 2, les largeurs de O^jOS et 0°»,09.

Les coursons de 0°^,60 à 0^^,90 sont comptés à 3 pour 2 de leurs catégories, en frises comme en frisettes.

Qualité. — On distingue deux catégories :

1° Les frises « bon bois ».

2« Les frises inférieures, à 3 pour 2.

Frises « bon bois ». — Sont classées comme « bon bois », toutes les frises sans défauts, et celles ayant sur le parement quelques petits nœuds sains, adhérents et ne dépassant pas 0^,02 de diamètre moyen par longueurs de O^jSO, 0»,03 par longueurs de 1 mètre.

L'aubier est toléré sur une partie du contre-parement dans la proportion d'un tiers de la largeur, à la condition qu'à la fabrication la rainure et la languette en soient exemptes.

Des défauts plus importants, y compris le cœur, sont acceptés, si la pièce comporle deux tiers de bois net d'un seul tenant.

Frises inférieures, à 3 pour 2. — Sont considérées comme frises inférieures, celles qui, par suite de défauts trop nombreux, ne peuvent être admises dans la catégorie du « bon bois ».

Les frises légèrement croches, mais sans autres défauts, sont admises.

Les frises gélivées, piquées, roulées, pourries, échauffées, ainsi que celles cintrées à Texcès, avec cœur ouvert, complètement couvertes d'aubier au contre-parement, comportant de gros nœuds vicieux, sont exclues de tout classement.

Lorsqu'aucune stipulation n'existe, le prix s'entend au mèlre linéaire, avec 4 o/^ de fourniture.

La vente se fait aux 104 mètres courants, plus rarement au mètre cube.

Le parquet fini vaut 5 francs h 5 fr. 75 en l»' choix, 4 francs à 4 fr. bO en 2® choix, 2 fr. 50 à 3 francs en 3« choix, le mètre carré sur wagon départ.

La frise brute et verte, c'est-à-dire tombant de la scie, se vend 28 à 30 francs les 104 mètres linéaires, toujours sur wagon départ.

Le fabricant qui achète le parquet en vert, pour le revendre en sec, après préparation, doit compter sur les frais suivants :

Achat de 1.040 m. de frises brutes à 30 fr. le cent, ci. 300 fr.

Transport et emmagasinage à Tusine, ci 90

Empilage à 0 fr. 30 le cent, ci 3

Intérêts de 2 années à 5 o /q, temps nécessaire pour la

siccité parfaite des lames 40

Déchets de fabrication, 10 o/o 40

Façon, à raison de 4 fr. les 100 m., ci 40

Total 513 ir. le millier

La frise se tire exceptionnellement de petits arbres mesurant 0^,70 à 1 mètre de tour; plus souvent elle provient des chutes de scieries, ou des troncs que des vices trop ac-

462 LE» SGUQES

cusés rendent impropres au débit en sciais de plus grandes dimensions.

Suivant grosseur et qualité des bois, un mètre cul}e réel produit 130 à 180 mètres courants de frises brutes, soit IGO mètres en moyenne, que l'on peut classer comme suit :

80 m. le» choix à 0 fr. 30, ci 24 fr.

40 2« » 0 25, ci 10

40 30 » 0 20, ci 8

Débris 2

Total 44 fr.

Déduisant :

Pour transport à Tusine 8 fr.

Pour débit 8

Total , . . 16 fr.

11 reste net 26 francs au géométrique ou volume réel. Ce rendement moyen s applique à des bois sains, de 1",10 à l'^j^O de tour. Le déchet serait plus considérable avec des arbres plus petits ou noueux. 11 n'est point avantageux de débiter exclusivement en frises les chênes offrant une certaine valeur. Pourtant, lorsqu'on a des sciages inférieurs de 27 millimètres, dont le placement est difficile, il est parfois commode de les redébiter en lames de parquets.

S'il s'agit de très petits arbres (0",60 à 1",10 de tour, le rendement est beaucoup moins fort, en raison de l'énorme proportion d'aubier. On peut alors compter que 2 mètres cubes (volume réel) donnent 30 mètres carrés de frises brutes, valant 60 francs à 2 francs le mètre carré sur wagon départ. Défalquant le transport 10 francs et le débit 15 francs, il reste pour la valeur des arbres sur pied 22 fr. 50 le mètre cube réel, abstraction faite des débris, d'une valeur de 4 francs.

Le décompte des sciages bourguignons se fait en moyenne de la façon suivante :

100 m. G, d'arbres roulés, char- i ^^^*

géa d'aubier, donnent ; ) J^^"^^^^'' '"^^« ' " '

V 1 raverses et membrure»,

Douelles, frises 15

.^ ,, , ,. C Pïot 35 m. c.

100 m. c. d arbres sains, ordi- ) rk n /^ • ^e

, ♦ . j Douelles, fnses 15 »

° (Traverses et membrures. . . 20 »

100 m. c. d'arbres sains, bien i Plot 50 »

faits, avec une proportion l Douelles, frises 10 »

normale d'aubier, donnent : v Traverses, nuembrures ... 10 »

b) Classement d'Autriche- Hongrie (commerce (TexpûrtaXion), On distiogue :

Les coursons destinés aux parquets point.de. ELongrie ou à bâton» rompus ; ils ont 40 à 90 centimètres de long, lea coupures se font de. 10 en 10 centimètres..

Les longues employées dans les parquets à la Fcançaise et à TAnglaise ; elles ont 1 à 3 mètres de long, et sont livrées en coupures de 25 en 1:5 centimètres. Les moyennes longueurs sont de : 60 centimètres pour les coursons, 1ib,70 pour les longoes^

L*épaisseur est de 25, 27 et 34 millimètres ;, on ne fabrique couramment qu'en 27 millimètres. La largeur varie de 6 à 12 c. ni.

Ces parquets provenaient jadis exclusivement des chênes ner^ veux de la Croatie, de la Carinthie et de la Hongrie. Hais, pour les appartements de Lure, on emploie des frises> débitées sur maille» dans les chênes tendres de la Siavonie. Ces derniers parquets se reconnaissent à leur belle teinte jaune paille et à leurs larges maillures ; ils sont nets de nœuds.

La qualité ordinaire se vend au mètre cube, en i*' et 2® choix. Le 1*^ choix comprend les lames parfaitement avivées» à arêtes droites et parallèles, à têtes perpendiculaires aux parements, nettes ou demi-nettes de nœuds, purgées* d'avbier, sans vices ou défauts. Le 2® choix est également net d*aubier et en bois sain, mais il comtporte quelques fentes de télp, de légères irrégularités dans le sciage, des nœuds petits et adhérents sur les deux faces.

Les frises d'Autriche Hongrie sont vendues à peu près au même prix que les autres sciages, soit 120 à 140 francs pour les coursons, 130 à 160 francs pour les longues ; en France, elles sont regardées comme articles de luxe. L'importation en a beaucoup diminué depuis Tapplication des droits de douane. Elles sont remplacées par les frises de Russie, de Dantrig et d'Amérique, meilleur marché,. mai>sf très notablement inférieures, comme résistance et beauté, à nos lïimes en chêner de France.

c) Classement d*AUemagne, — En Allemagne, les frises brutes ont :

62 c. de long 8,5, 9,5, 10,5, 11,5 c de ]arg« 27 à 28 et 32 à 33 mm. d'ép.

52 » 8,5, 9,5, 10,5, 11,5 > 27 à 28 et 32 à 33 •

42 » 7,5, 8,5, 9.5 » 27 à 28 et 32 à 33 »

37 » 7,5, 8,5. 9,5 >► 27 à 28 et 32 à 33 »

32 » 6,5, 7,5 » 27 à 28 et 32 h 33 »

25 >» 6,5 » 27 à 28 et 32 à 33 »

Les frises brutes sont vendues au mètre cube, les frises sèches, rainées et languettées, au mètre carré. Les parquets prêts à poser

LES SCfAGGS

recoa|>e des lames. Il en résulte ua déchet souvent appréciable, et Ton ne s'explique Traîment pas Tengouement dont ils sont l'objet en France. Nos essences indigènes, bien débitées, fournissent des marchandises très supérieures. En particulier, nous avons tu que le sapin pouvait fournir des parquets de rive, répondant à la !*• qualité des bois du Nord.

H. Parquet en pin maritime kt en pin d'alep. — Les Landes fabriquent beaucoup de parquets en pin maritime. Ces parquets sont débités en longueurs de 2 mètres, en largeurs de 9, 10 et 11 centimèlres, en épaisseurs de 41, 35, 30, 25, 20, 15, 13 et 10 millimètres. On vend 1«', 2« et3« choix. Les qualités sont à peu près comparables à celles des bois du Nord. Le l*"^ choix se fait en longueurs de 2 et 3 mètres ; les 2' et 3" choix n'ont pas de dimensions fixes en longueur et en largeur. On vend au mètre carré, à raison de

41 mm.

25 mm.

15 mm.

1er choix 2« > 3o »

le*" choix 2« »

1er choix

4fr.

35 mm.

20 mm.

13 mm.

10 mm.

Mer choix ]2« »

Ifr.

/ 1er choix

l le»" choix < 2® »

y 1er choix 2e »

Il s*agtt de lames bien sèches, rainées et bouvetées, sur wagon départ

I. Parquets en pitchpin. — Ces parquets, d^origine américaine, proviennent du Pinus paiu«lris ou du Pinus echinata; ils sont habituellement livrés en 24 millimètres, plus rarement en 20 et 28 4 30 millimètres d épaisseur ; en 9 à 21 centimètres de largeur et en très grandes longueurs. On Tend ordinairement en qualité unique et mélangée, comprenant 60 ^/q de lames bon bois, à peu près nettes de nœuds, et 40 ^/^ de lames inférieures, avec nœuds plus ou moins volumineux, traces d'aubier et de marbrures bleue» sur les rives. Bien examiner le contre-parement qui comprend très souvent une proportion considérable d aubier déjà altéré et bleuâtre. Seméfier des taches de résine nombreuses, qui creusent le parquet à la, longue.

Les lames de pitchpin ont une belle couleur rouge vineux, mais elles s'écaillent vite dans les appartements et se rabotent alors difficilement. Le mètre carré, rainé et langueté, vaut en France de 2 fr. 75 à 4 francs le mètre carré. C'est beaucoup trop cher pour l'usage qu'il fait. .

Le Klindried est l'aubier du pichtpin passé à l'étuve, puis séché. U ne vaut pas le marronnier'.

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