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II. - LES GRANDS EMPLOIS DU BOIS

Art. I".

Tout wagon est formé de deux parties distinctes : le châssis et la caisse. Le châssis comprend le système en bois et en métal qui supporte la caisse. La partie en bois se compose essentiellement [fig. 287) de longerons AA, ou bran-

IB

Fig. 287.

cardSy soutenus directement parles essieux, puis d'un cadre en charpente BB, formé par des traverses extrêmes CG ou intermédiaires DDD, au nombre de 3 ou 5, reliées par une croix de Saint André E E, EE. Ces traverses portent plus particulièrement le nom de châssis.

Au châssis, sont suspendus des marchepieds ; les pièces qui les composent sont les bandeaux, palettes et boudins.

Mathey. — Exploitation des bois, II.

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La caisse, entièrement distincte du châssis, varie de forme suivant qu'il s'agit de wagons de ballast {fig. 288), de marchandises (wagons plate-forme, /î(7. 289, wagons tombereaux.

FJg. ^IS&. — Wagon de balUst (Oecauville).

fig, 290, wagons couverts, fig, 291) ou de voyageurs. Elle se compose néanmoins toujours : 1** démentants verticaux, qui s'élèvent sur le cadre de fond et servent à former les panneaux ou à encadrer les portières : ce sont les pieds (pieds

Fig. 289. — Wagon plate-forme (DecaaviHe).

corniers, pieds debout, pieds d'entrée); 2"^de traverses à^ couverlure CC {fig. 289) ou de /aliage DD {fig. 290), qui servent de contreventement ; 3° de lames ou frises de caisse

ou de porte, qui constituent les panneaux ; 4^ de lames ou de planches de plancher.

Dans les wagons de voyageurs, les panneaux latéraux se

Fig. 290. — Wagon tombereau (Decauville).

terminent à leur partie supérieure par une sablière qui supporte le toit ou pavillon {fig. 292).

Les deux sablières opposées sont réunies par des membrures curvilignes, ou courbes de pavilLns, qui sont assem-

Fig. 291. — Wagon coQTert (Decauyille).

blées avec elles. Des lames de pavillon vont d'une membrure à Tautre. Enfin, l'aménagement intérieur des wagonsde voyageurs se compose de montants, de cloisons^ de banquettes et de pieds.

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Fiij. 232.

' Les brancards, châssis, croix de Saint-André sont pris exclusivement dans des chênes durs, nerveux, tels en un mot que

les donnent nos taillis sous futaie. Leur prix varie suivant longueur.

On peut demander pour les longueurs inférieures à 4 mètres, 120 à i 40 francs le mètre cube ; pour celles égales ou supérieures à 4 mètres, 145 à 165 francs.

Les bandeaux, les palettes et les boudins se font en sapin, pitchpin, orme ou hélre ; les bois d'orme valent 85 francs le mètre cube, ceux de hêtre 75 francs. Les traverses de couverture et de faîtage sont en chêne, ainsi que les lames ou frises de caisse. Les frises supérieures des portières se fabriquent souvent en pitchpin; Forme serait moins cher et plus résistant. Les lames ou planchers sont en chêne. Dans les wagons couverts, on pourrait utiliser l'orme blanc. Les courbes de pavillon sont en frêne, chêne, noyer, hickory. Le -hêtre, presque aussi facile à cintrer que le frêne, donnerait aussi de bons résultats.

Les aménagements intérieurs se font en peuplier pour les wagons de marchandises ; en frêne, platane, pitchpin, acajou, teck pour les wagons de voyageurs.

Ce sont en général de grands ateliers, comme ceux de la Buire, près de Lyon, de Baume et Marpent, dan& le Nord, voire même les Compagnies de chemins de fer elles-mêmes, qui fabriquent les pièces pour wagons en ouvrant des bois en grume. Mais dans ces grands ateliers, le rendement est faible, le déchet énorme, et le débit ne peut satisfaire aux exigences des besoins. Chaque année, des commandes importantes sont passées à l'industrie privée. Les pièces sont nombreuses, elles doivent être toutes avivées, purgées de cœur, elles sont cotées à un millimètre près; les réceptions sont difficiles. On comprend donc que les scieurs préfèrent fabriquer des sciages marchands, dont le débit est plus facile. Pour la fabrication des bois de wagons, il faut des arbres droits, longs de 5 à 6 mètres, presque sans aubier.

Nous donnons ci-après quelques types de devis pour garnitures de wagons qui, mieux que les descriptions, feront connaître la nature des demandes, les dimensions des pièces et, autant que possible, les qualités et les prix demandés ou offerts :

Les plateaux doivent provenir de grumes affranchies à la culée et arasées au-dessous de la première grosse branche, lis doivent être suffisamment droits et larges pour que, dans toute leur longueur, on puisse équarrir sur la dimension minima demandée, une pièce de bois dur, purgée d'aubier, entièrement saine et absolument avivée. La largeur est mesurée à mi-ilache, sans écorce, à la partie moyenne du plateau. L'épaisseur est prise au point le plus faible. Les plus longs bois doivent être livrés en premier lieu. On tolère quelques nœuds sains, durs, très adhérents, de 3 centimètres au plus de diamètre. Les plateaux de 85, 05 et 105 millimètres doivent être entièrement purgés de cœur. Ceux de H5, 125 et 135 millimètres peuvent ne pas être totalement affranchis du cœur, mais ce dernier devra être sain, à découvert, sans roulure et non étoile.

Les planches et autres pièces avivées doivent Tétre rigoureusement, de plus, droites, sans flache et débitées à Gl droit. Quelques petits nœuds sains, durs et très adhérents sont tolérés. Aucune trace d*aubier pour les pièces au-dessous de 25 centimètres de largeur; au-dessus, on tolère au maximum 1 centimètre d'aubier sain, sur la largeur seulement. Les pièces de longueurs et de largeurs quelconques, dont l'épaisseur est inférieure à il5 millimètres, doivent être entièrement purgées de cœur. Pour les épaisseurs plus fortes, on tolère le cœur à découvert, s'il est sain, non roulé, ni étoile et sans défaut. Le cœur renfermé, mais sain, n'est admis que pour les pièces dont l'épaisseur dépasse 180 millimètres.

Prix à demander : loO à 165 francs le mètre cube.

LES GRATÏBS EMPLOIS BU BOIS

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