C. RÉPARTITIO.N DE LA RESINE DANS l'aRRRE. D'après IcS In
vaux du D' Gayer, la région de Varbre la plus riche en resir^ est la souche. Viennent ensuite les parties basses du fut jusqu'à 2 mètres de hauteur, les grosses branches, la partie hauir du fût, les petites branches et Tccorce. Le côté Sud de la piaule renferme plus de résine que le côté Nord. Et contrairemert à ce que pourrait faire croire la pratique du gemmage, l'aabier est toujours moins résineux que le cœur.
Mais, comme la quantité de résine produite n'augmente dafl? Tarbre que jusqu'à 200 ans, il s'ensuit que la région exttrieure du cœur est plus riche en résine que la région inlérieure. La partie supérieure des branches est aussi plu? résineuse que la partie inférieure.
Quelle qu'en soit l'espèce, les bois résineux produisent plus de résine dans les stations chaudes que dans les froides. Ce sont donc les arbres de bordure, de massif clair ou fortement éclairci, ceux qui ont crû sur des versants au Sud on sur des terrains sablonneux, qui fournissent la plus grande quantité de résine. De même, toutes choses égales d'ailleurs, la production de résine augmente quand on se déplace géographiquement du Nord vers le Midi.
En ce qui concerne la quantité d'oléorésine renfermée dans du bois frais, Gayer a trouvé les nombres suivants :
Pin de 100 ans, 1 quintal d'aubier frais conlient. 3,18 k<^. d oléor^siflM Epicéa de 100 ans, 1 quintal d*aubier frais contient. 9,92 Pin sylvestre de 45 ans, 1 quintal d'aubier frais
contient 13,89
Pin sylvestre de 113 ans, 1 quintal d'aubier frais
contient 24,23
Pin sylvestre de 113 ans, 1 quintal de cœur (rais
contient 33,95
Pin sylvestre de 235 ans, 1 quintal d'aubier frais
contient 20,85
Pin sylvestre de 235 ans, 1 quintal de cœur frais
contient 37,23
Mélèze de 80 ans, 1 quintal de cœur frais contient. 34,03 Pin Weymouth de 138 ans, 1 quintal d*aubier frais
contient . 29,47
Pin Weymouth de 85 ans, 1 quintal d'aubier frais
contient 18,82
ESSENCES ET RESINES 757
Pour pouvoir comparer la teneur en résine des bois résineux exotiques et européens, le D' Gayer a dosé la (juanlité de résine solide contenue dans un kilogramme de bois sec ; les résultats de ses recherches sont consignés ci-dessous :
1 kg. de bois sec provenant du cœur d'épicéa
de Norvège contient 8 gr. 96 de résine solide
1 kg. de bois sec provenant du cœur de sapin
de Bavière contient 12 13 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur d'épicéa
de Bavière contient 14 98 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de sapin
de Douglas américain contient 19 34 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de mélèze
du Tyrol contient 23 40 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de pin sylvestre de Norvège contient 24 26 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de pin
de montagne des Alpes contient 30 40 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de sapin
de Douglas de Hambourg contient .... 38 42 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de mélèze de Bavière contient 45 88 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de pin sylvestre d'Allemagne contient 52 40 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur deWeymoulh de Bavière conlient 67 04 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de Weymouth du nord de TAmérique contient . . 78 76 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de pitchpin du nord de l'Amérique contient 82 78 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de branches d'épicéa du nord de l'Amérique contient. 59 09 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de souches d'épicéa du nord de l'Amérique contient. . 98 97 »
1 kg. de bois sec provenant du cœur de branches de mélèze du nord de l'Amérique contient 44 00
1 k^. de bois sec provenant du cœur de souches de mélèze du nord de l'Amérique contient . 58 35 »
La haute teneur en résine des souches des arbres résineux montre le grand intérêt de leur distillation pour la fabrication du goudron.
La production anormale de résine, consécutive aux blés-
738 PRCHWJITS ACr.ESSMRES
sures, a pour résultat d'isoler la plaie du contact des gorm^^ destructeurs et dernpécher l'introduction cfe l'eau dan? lumen des cellules. Cette résinifieation ne se pro<iiiit que -ales tissus jeunes ; si le bois de cœur est atteint, ii n'y «i f > d'écoulement de résine, et la place reste dés lors e\p»-^ à toutes les causes ordinaires de désorganisation. Les ch.npignons qui infectent vigoureusement l)ois et racine, comiii Agaricus melleus, Polyporus annosus^ Peridermbi^ fini, etc., provoquent aussi des écoulements de résine. Oli^i les racines de pin, la pourriture qui gagne de proche «t, proche refoule la résine devant elle et provoque une ré^inilcation des tissus sains, analogue à celle que donne le .^»Mimage. Les bois ainsi résinifiés brûlent facilement et pou^ servir pour allumer le feu ou fabri(|uer des torches.
L'extraction de la résine des conifères, connue sous I nom de (jemmnqe, et la fabrication ultérieure du goudron a\ ■' ' les arbres gemmés constituent une grande industrie forf*sfi* j -dont nous résumons les procédés dans les articles suivani?.
Art. II. — GEMMAGE DU PIN MARITIME DANS LES LA>'DIi:S .
A. TKriiMQiE Dc r.EiiMAGE. — La gemme est le produit principal des futaies de pin maritime ; elle provient de Faul» ' r des arbres, et s'écoule par la section tranchée des cano \\ longitudinaux des coucher récemment formées. Dans 1j Lande, le pin maritime atteint facilement 15(1 ans et 2tl 3 24 métrés de haut: il grossit en moyenne de O^.Oià de W\t par an. Dans la Dune littorale, h longévité n'est que de -!«» ans, la hauteur de 10 à 12 mètres.
Les particuliers exploitent leurs pins entre 30 et GO an>. les communes et l'Etat, entre 00 et 80 ans. Les révolution^ le plus communément adoptées dans les ïoréts soumises m régime forestier, sont celles de : 70 ans, avec H périodes î*.
(') M. J. Bert. —"Sotes s-itr les Dunes de Gascotfne. F*art*, 1^0^. — P^" E^ G4.BA. — Le reftinage dans les forêts 4e pins tnaritimes das Laitdte^, Jvi«^ nal forestier suisse, \\)0Z. — Croizkttk-Desnoykhs. — Notice sur le g» *,*mn(jc du pin maritime. Paris, 1878. — Violetfb. — Oeinmage du j-ii inarilime. Paris, lyOO.
ESSENCES ET RESINES 759
cincj ans; 72 ans, avec 12 périodes de six ans; 75 ans, avec 15 périodes de cinq ans; 80 ans, avec i6 périodes de cinq ans.
Pendant la durée de chaque période, les affectations sont parcourues par des coupes d'amélioration par gemmage, ou (l'éclaircie sans gemmage. L'affectation la plus âgée est régénérée par coupe à blanc éloc.
Un pin est jugé propre au résinage dès qu'il a atteint une certaine dimension, variable d'ailleurs avec le but qu'on se propose.. On prépare les peuplements au gemmage en les éclaircissant de bonne heure vigoureusement. Dans les forêts particulières, destinées à vivre peu de temps, on commence à éclaircir entre 5 et 10 ans, de façon que les arbres soient complètement isolés vers 15-20 ans, âge auquel commence la récolte. Dans les forets soumises au régime forestier, on ne gemme qu'à partir de 20 à 25 ans.
On distingue deux sortes de gemmage : le gemmage à vie et le gemmage à mort.
Le gemmage à mort ou il pin perdu, est pratiqué sur des arbres de 0"\ 40 de tour et plus, qui doivent tomber dans les éclaircies, et sur ceux arrivés au terme de Texploitabilité. Le gemmage à vie s'applique au contraire aux sujets d'avenir ou pins déplace, ayant au minimum i"',IO de tour à 1"*,30 du sol.
La pratique du gemmage repose sur l'ouverture à la hache, dans le corps de l'arbre, d'entailles ou carre* ayant des dimensions en hauteur et en épaisseur déterminées par l'usage et les règlements, et dont le nombre varie suivant le rôle assigné au sujet gemmé, dans le peuplement. Chaque carre ne peut être indéfiniment montée. Au bout d'un nombre fixe d'années, elle doit être abandonnée. On appelle rotation cette période d'ouverture et de surlage des carres. Dans les forêts particulières, la durée de cette rotation est en général de 4 ans ; dans les forêts soumises au régime forestier, elle est de 5 ans pour les pins gemmés à vie, de 4 ans pour les pins gemmés à mort.
Par le gemmage à mort ou à carres multiples, on cherche 'à retirer, dans le plus court laps de temps possible et sans se préoccuper de la santé et de l'avenir de l'arbre, la quantité
70)0 PRODUITS ACCESSOIRKS
maxima de résine qu'il peut produire. Autrefois, on lîmitair à une seule rotation le maintien de l'arbre sur pied ; mai.s oo a reconnu que ces quatre années sont insuffîsanles poar extraire la totalité de la résine produite par les sujets de grosseur moyenne. Aussi, gemme-t-on maintenant à une carre, pendant une rotation de 5 ans, les pins ayant au moins 0",ïlO (le tour destinés à disparaître après gemmage à mort, à la fin de la rotation suivante. C'est ce qu'on a appelé le gemmage épuisement, opération mixte entre le gemmage à vie et le gemmage à mort, qu'il y aurait lieu d'appliquer, non seulement aux pins d'éclaircie, mais encore aux pins des premières coupes de régénération, sur lesquels on pratiqueriiit des carres de plus en plus nombreuses.
Par le gemmage à vie ou à une carre, on cherche à prolonger au contraire la vie des pins pendant un temps variahlt?, suivant leur vigueur et la place qu'ils occupent dans le peuplement, temps qui devrait théoriquement au moins s'étendre à la révolution tout entière pour les 200 à 250 arbres qui ne tomberont qu'à la dernière période. A cette fin, les carres, au lieu d'être ouvertes simultanément, le sont successivement, \
suivant des règles invariables. De plus, on tend avec raison à intercaler des temps de repos entre les périodes de production, une ou deux années par exemple après chaque rotation de i, 5 et G ans (M. Broilliard, Traitement des Bois . C'est ainsi que les particuliers interrompent le piquage après la première carre, jusqu'à ce que l'incision soit aux 2/3 ou aux 3/i refermée, ce qui demande 2 à 4 ans suivant la force du sujet. Ils laissent encore reposer l'arbre pendant un ou deux ans, après la seconde incision ; mais ils ne donnent plus ensuite aucun arrêt au résinage. Il serait peut-être sage d'imiter cet exemple dans les forets soumises au régime forestier, ce qui serait facile, sans toucher à l'aménagement, en prenant une rotation uniforme de i ans de résinage et repos d'un an.
B. Dimensions des carres. — D'après le cahier des charges pour le gemmage dans les forêts soumises au régime forestier, les carres doivent être commencées au-dessus du collet de la racine et élevées toujours verticalement, savoir : la première année, de 0"',G5 ; chacune des 3 années suivantes, de
ESSENCES ET RESINES 761
0°*,75 ; la cinquième, de 0"\80, de façon que la hauteur totale de la carre soit de 3"*, 70.
Dans le cas où la rotation n'est que de 4 ans, la carre est élevée de 0'",65 la première année, de 0'",95 chacune des années suivantes, de î'",15 la quatrième, de façon que la hauteur de la carre soit encore de 3"", 70.
Suivant les cas, on fait donc :
!«•• année, une
incision
de .
ou de .
On^.ÔS
La largeur des carres ne doit pas excéder 0'",09 dans la partie inférieure de l'arbre et 0'",08 dans la partie supérieure, c'est-à-dire au-dessus de la carre de la troisième année. Leur profondeur ne peut dépasser 0'",0i, mesure prise sous la corde tendue d'un bord à l'autre de Tenlaille, à la naissance inférieure de la partie rouge de l'écorce. Les carres anciennes doivent être abandonnées au bout de la rotation, quelle qu'en soit la hauteur.
Grâce à M. l'Inspecteur général J. Bcrt, on tend à réagir contre les dimensions actuellement données aux entailles. La production de résine ne dépend pas seulement de ces incisions, mais encore et surtout de la vigueur du sujet. 11 est donc possible que des carres de 0™,08 à 0™,07 de largeur, de 0™,008 de profondeur et de 2™, 50 à 3 mètres de hauteur, donnent le même rendement en résine, que les entailles actuelles, do 0'",09 à 0'°,08 de largeur, 0™,0i de profondeur et 3'", 80 de hauteur. En ménageant la santé de l'arbre, on pourra, sans nul doute, allonger les révolutions, par suite récolter plus de bois et plus de gemme. C'est dans cette voie que devra être cherchée l'amélioration du résinage (M. Broilliard;.
Epoque du gemmage, — L'opération du gommage est limitée entre le 1" mars et le 15 octobre de chaque année; mais l'adjudicataire peut commencer à racler les pins et à placer les crampons, dès le 10 février.
7i>2 PROOLUTS AGCESSOIRRS
C. Emplacement et ouverture des carres. — L'emplacement de la première carre n'est pas abandonné à Tapprèciation de Touvrier. Chez les sujets à tiges droites, on choisit le côté de Tarbre où Taccroissement en diamètre est le plus fort, c'est généralement le côté opposé à la direction du vent dominant, le côté Est. Chez les sujets déjelés et tordus, on choisit la face de la tige tournée vers la terre.
L'ouverture de la carre se fait en plusieurs fois. Dès le mois de février, le résinier dégrossit et amincit récorce trc? rugueuse du pin, sur remplacement de la carre à ouvrir et sur une surface légèrement supérieure à celle qu'aura celle entaille. La tolérance d'écart est de C^?^:^====--^ 0™,iO en hauteur, de 0'",()2 à 0",0:^
en largeur. Puis, en mars, la carre est définitivement ouverte, sur O^JW à 0™,0« de large et 0^,03 à 0".0i de haut, à l'aide d'une cognée à lame concave, très tranchante, a manche courbe, nommée abclhot ou ackoHe Hg. 380 . De mars à octobre, et cela sans interruption, le résinier rafraîchit sa carre tous les o ou 8 jours.
C'est là l'opération du piquage, uê- Fjg. 3î^o. cessaire pour faciliter Técoidement
de la résine et déboucher les canaux obstrués par la colophane solidifiée. A chaque piquage, od enlève un mince copeau de bois à la partie supérieure de la carre (jui se trouve successivement montée de 1 centiniètre et qui atteint 0'",(>5 à la fin de la première année. L'habileté du résinier consiste à n'eniever, lors du piqmfte, (|u'une pellicule extrêmement mince de bois, de façon à ne point dépasser la profondeur maxima de un centimètre qu elle doit avoir.
Ce travail se continue d'année en année, jusqu'à ce que l'entaille parvienne à la hauteur de 3™, 70, fixée par le cahier des charges, ce qui se produit, co»me on l'a vu, au bout de 4 on 5 ans.
Dans les premières années, le résinier peut facilement rafraîchir ses carres au moyen de rai)chot ; maisv les MtaîUes
ESSENCES ET RESIItES
venant à s'élever, il est finalement obligé, pour atteindre leur extrémité, de se servir de Tchangues, sortes d'échelles à perroquet, entaillées de larges encoches ou garnies de marches coni(|ues,] clouées alternativement sur deu\ des faces [fig. 381;. L'usage de celte échelle tend à tomber en désué-
Fi|r. 381.
Fig. 382.
tude et le piquage se fait directement à Taide d'im rasclel qui n'est autre chose qu'un» abcliot à échelons (fig, 382).
D. NosEBRE ET DisposmoN DES CARBES. — Ds^iis le gcmmage à vie, on n'ouvre qu'une cainre à la fois, puis on laisse reposer l'arbre pendaot ua ao: ou deux. Ensuite, on lait une nouvelle incision distante de las première et on répète l'opération jusqu'à la coupe du sujet.
7fiî
Le nombre théorique des carres à ouvrir sur un arbre est donné par l'expression :
dans laquelle N représente le temps pendant lequel Târbre est présumé devoir rester sur pied, n Tage à partir dufjiiel il a commencé à être résiné, r la durée de la rotation augmentée de la période de repos, s'il en existe.
En réalité, la courte durée des révolutions adoptées ne permet guère d'ouvrir plus de 6 à 8 carres consécutives autour de chaque tige gemmée à vie. Si Ton envisage, en effet, une rotation de 4 ans avec période de repos d'un an, le tour de Tarbre sera achevé au bout de 5 x 6 = 30 ou de 5x8= iO. Si Ton ajoute à cette durée les 25 années p*'ndanl lesquelles le peuplement s'est étoffé et les 4 années de gemmage à morl, on trouve 60 à 70 ans, soit la durée moyenne d'une révolution. On trouverait 66 à 78 ans, avec une rotation de 5 ans, suivie d'une période de repos d'un an.
Fig. 383.
Parlant de ces données et de quelques autres physiologiques, on a adopté deux modes particuliers de taille, portant le nom de taille à quatre-huit et de taille à trois-six, mises sullisammenl en évidence par le schéma ligure 383.
Les numéros marquent l'emplacement reporté sur une seule circonférence des carres successives par rapport les unes aux autres d'abord, par rapport aux quatre points cardinaux ensuite. La taille à quatre-huit est exclusivement pratiquée dans les forêts domaniales, la taille à trois-six est surtout employée dans les forets particulières.
ESSENCES ET RESINES 7ti5
Lorsque ce cercle d'entailles est terminé, il n'y a plus lieu de chercher à fixer rationnellement Tordre d'ouverture des nouvelles carres. Celles-ci sont placées contre les bourrelets de cicatrisation des plaies refermées, ou même sur ces bourrelets eux-mêmes, s'il ne reste pas d'autre bois.
Dans le gommage à mort, aucune règle ne préside au résinage : on taille sur toutes les faces à la fois, en conduisant les carres aussi haut que possible. On obtient ainsi beaucoup de résine en peu de temps, mais l'arbre ne tarde pas à succomber à ses blessures. Il y aurait lieu de faire précéder ce gemmage à mort d'un gemmage-épuisement, et d'augmenter progressivement le nombre des carres.
E. Faculté d'él4Gage. — Les adjudicataires peuvent faire élaguer les arbres gemmés à vie jusqu'à une hauteur de 4™, 50. Il y aurait lieu de réduire cette hauteur au strict minimum, soit à 4 mètres.
F. RÉCOLTE DE LA RÉSINE. — Autrofois, la résine qui s'écoulait des blessures était récoltée dans un auget ou crot, creusé dans une partie saillante d'une racine ou môme dans le sol.
La gemme devait alors parcourir un trajet très long et perdait par évaporation la plus grande partie de sa térébenthine ; elle renfermait en outre de nombreuses impuretés, telles que fragments d'écorce et de bois. Actuellement, la récolte se fait dans des pots en terre vernissée, de 0,5 litre environ de capacité, que l'on peut déplacer à volonté. Une lame de zinc, fixée à la carre au moyen d'un crampon {fig, 304), dirige la résine dans l'intérieur du pot {fig, 384). Ces récipients ont 0°',14 de diamètre, 0",14 de hauteur et 0'",08 de largeur au fond. A quelques centimètres au-dessous du bord, ils sont perces d'une ouverture qui permet de les fixer à l'aide d'un clou et par où se fait l'écoulement des eaux. D'habitude, ils sont engagés à la partie supérieure sous le crampon, et ils reposent à la partie inférieure sur un clou fixé dans le corps de l'arbre [fig, 380). Afin de prévenir l'évaporation de Tessence, il serait bon de fermer les pots par un couvercle mobile, en forme d'entonnoir, et percé d'un orifice à son centre.
La résine qui s'écoule dans les augets est recueillie toutes les 3 semaines en été, toutes les 5 semaines au printemps et
PJUmUITS AGGESSAUllilS
en automne. Les pots placés bars de Talteiate de la aMÀn €ont détachés à Taide d'une fourcbe {fig. 3^7). La produclâoB ^est d'autant plus abondante que la température nest plus dukuile.
Fig. 384\
Fig. 885"
Fig. 386.
* a, pot: è, lame de aine; c, support. ** Crampon servant à fix«r la l&me de zinc. A, plan; B, aeetioa longitnd^.
En outre de la térébenthine liquide, il reste sur la carre une certaine quantité de résine solidifiée. Le galipot en est la partie la plus pure. Le résinier l'enlève au moyen d'une curette, cl il le mélange avec la résine molle provenant des récipients. Le tout est ensuite versé dans des barriqua> marchandes, contenant 235 litres dans la Gironde, 340 litres dans les Landes, puis livré directement à Tindistrie. Parfois, on conserve ce mélange dans des silos creusés on forêt ou dans de grands réservoirs, nommés barcous, construits en bois et en briques, à des places où les voitures peuvent iacilement accéder.
Le barras est formé par la résine durcie, adhérente à la carre. Il se récolle surtout à partir de la i"" année, de préférence en automne. Pour Tenlever, il faut racler fortement l'entaille. 11 est donc chargé d'impuretés ; aussi ne le mélange-t-on pas avec les autres produits du gemmage. 11 est vendu à part; sa valeur est moindre d'environ un tiers.
G. Circonstances influant sir la production de la réslne. — La production de résine ne dépend pas, comme on serait
ESSK!HCRS ET RfiSrNKS
tenté de le supposer, de la grandeur des carres. Il arrive même que, celles-ci ét»nt trop considérables, J'éocKulejnent dinninue. La vigueur de Tarbre, la température, l'humidité de Tair et du sol, sont les principaux facteui's qui exaltent la sécrélion. L'inllucnce de l'humidilc est parliculièremenl bien mise en évidence par ce fait que les arbres de la Dune produisent plus que ceux de la Lande.
IL Emplois de la ukslne. — L'industrie utilise la résine pour en tirer une foule de substances dont les principales sont l'essence de térébenthine, la colophane et les brais divers.
L'essence de térébenthine est obtenue par distillation. La gemme brute est placée dans une chaudière A [fig, 38tJ et (haulTée à feu nu jusqu'à ce (|ue la matière soit bien liquide.
On laisse reposer. Les substances contenues dans la gemme se déposent par ordre de densité. Au milieu se trouve un liquide presque homogène, qui est la térébenthine.
On filtre successivement les diverses parties du contenu de la chaudière sur des claies en paille, et l'on recueille la térébenthine. Celle-ci est ensuite placée dans une chaudière B ; elle se rend delà dans une cornue D, où elle est soumise à l'action d'un courant de vapeur d'eau E. L'essence passe dans le serpentin F, se condense, puis est recueillie en G, dans un récipient T, en même temps que l'eau W. La colophane, à l'état liquide, reste dans le fond do la cornue et s'écoule sur le tube II par une toile métallique qui sert de lillre.
PRODUITS Aa:ESSOIRES
Au lieu d'être chauffées à feu nu, les chaudières le sont plus avanlageusemenl à Taide de serpentins à vapeur : elles sont également fermées par des couvercles mobiles, afin de prévenir 1 evaporation. Des agitateurs mécaniques ajoutent, en outre, à Faction de la vapeur dans les cornues et permettent une liquéfaction plus complète de la gemme.
Fig. 388.
Lorsque les colophanes laissées par la distillation ne sont presque plus transparentes et qu'elles contiennent beaucoup de matières étrangères, elles prennent le nom de brais clairs. Les brais gras ou poix noires s'obtiennent en faisant brûler dans des fours les claies qui ont servi à filtrer la geninie impure. Les brais secs proviennent de la distillation du résidu obtenu en traitant ces mômes claies dans des caisses à double fond soumises à l'action de la vapeur. Lorsque le brai est très foncé, on le désigne sous le nom de brai noir.
La résine-jaune ou poix-résine a la même valeur que le brai clair. On l'obtient en traitant les brais, à leur sortie de la cornue, par l'eau bouillante et en brassant fortement le mélange recueilli dans des moules. Cette fabrication tend à disparaître. Il en est de même de celle des pales de térébenthine. Quelques usines produisent encore des pâtes à la chaudière, obtenues en faisant filtrer sur des claies la partie la plus pure de la gemme provenant de la chaudière A.
L'essence de térébenthine sert à la fabrication des couleurs
ESSENCES ET RESINES 769
à rhuile (1/3 à 2/3 du volume total), des vernis, de l'encaustique (1.000 parties d'essence pour 500 de cire jaune), des cirages, etc. On Tulilise également dans la préparation des tissus caoutchoutés et en médecine vétérinaire. Les cires à cacheter sont formées de pâtes de térébenthine, de colophane et de résine laque ; les goudrons à bouteilles, de résine jaune, de pâtes de térébenthine et de suif. Les brais sont employés, en mélange avec de la fécule et du kaolin, pour le collage du papier ; ils entrent aussi dans la composition de certains savons. Distillés, ils donnent une huile pyrogénée utilisée pour la fabrication des graisses végétales et des encres typographiques.
l. Documents. — Une barrique de résine de 235 litres pèse 275 kilos, savoir : résine 241^5; fût, 33\5. Elle donne environ 45 kilos d'essence et 160 kilos de matière sèche. Une barrique de 3i0 litres pèse 400 kilos, savoir : résine 357 kilos, fût 43 kilos.
J. Rendement d'un hectare de pineraie exploitée a 75 ans.