Gros bois
Le gros bois mesure au moins huit pouces, soit 0'",21 de tour au petit bout. Sous le nom de bois neuf, on désigne celui qui a moins de dix-huit mois de coupe, et qui parvient aux lieux de consommation par bateau ou par voiture. Plus anciennement coupé, il prend la désignation de bois vieux. •Les bois écorcés sont connus sous le nom de bois pe lards ; "ceux non écorcés sont appelés bois gris, ou bois couverts. Les 'bois flottés ont été transportés par trains, ou à bûches perdues. Le bois lavé, ou de gravier, est celui qui a été flotté sur un très petit parcours. On sépare généralement les bois durs, destinés au chauffage domestique, des bois tendres, ou blancs, destinés à la boulangerie.
LES BOIS DE FEU
Le bois de quartier comprend des bûches refendues, dont le tour au petit boni excode 0'",45, soit 0™,15 de diamètre, avec tolérance parfois, d'un quart de rondins. Le bois de ron» dïns comprend des bûches plus petites et entières. Pour le hêtre et les bois blancs, qui passent très vite, on fend à partir de 0"',24 au petit bout. Ce n'est plus alors du bois de quartier, mais du bois fendu, ou traverse. Lorsqu'il s'agit de bois durs, l'exploitant n'a pas intérêt à fendre au-dessous de 0",60 de tour. S'il gagne un peu sur la fente, il perd beaucoup plus sur la qualité. Pour le bois de boulange, il faut fendre toutes les grosseurs. Le bois tordu se fend très difficilement, et saute sous l'outil en donnant des éclats cunéiformes ; on facilite beaucoup le travail, en amorçant la fente aux deux extrémités de la bûche.
Quelle que soit la fabrication, plus le bois est rogné court, plus il est droit et mieux il s'empile, plus donc il est avantageux au consommateur qui achète au volume apparent, et désavantageux à l'exploitant qui vend à la même unité. Un stère de bois diminue son volume apparent d'un quart lorsqu'il est scié en deux, d'un tiers lorsqu'il est scié en trois et de plus d'un tiers lorsqu'il est scié en quatre.
En France, la longueur de bûche varie de 0'",f)0 à l'",45 ; elle est communément de 1 mètre, 1™,14, l'",16 et 1",33.
Aussitôt abattu, le bois de chauffage est scié à la longueur voulue, relevé, puis empilé par catégories et unités marchandes. Les tas, pilesiou rôles sont placés entre des piquets verticaux, consolidés en dehors par des arcs-boulants {/ig. 1).
Le volume de chaque rôle>e détermine aisément, en multipliant la longueur de bûche par la hauteur du rôle, et ce dernier produit par la longueur de la couche. Ces trois dimensions sont choisies
BOIS DE CHAUFFAGE
dans chaque localité, de façoii à fournir l'unité marchande de volume apparent : stère, moule, corde, etc.
Le diamètre moyen des bûches n'influe guère sur le volume réel des rôles lorsque ces bûches diffèrent très peu de grosseur entre elles. Si Ton considère, en eiïet, un carré de i mètre de côté, la surface réelle occupée par les sections des bûches empilées dans ce cadre sera toujours celle du cercle inscrit dans le carré. Désignant par a le demi côté du carré, on voit immédiatement que, dans le cas d'un seul rondin (fig. 2), la surface est égale à iza^ ; dans le cas de
quatre rondins, elle devient -^^ = Tza^ et de n^ rondins — ^^ = ^«^ = constante. Au contraire, plus le cadre renferme de bûches iné-
Fig. 2.
Fig, 3.
gales, plus il est plein. Il est facile de comprendre qu'alors les petites se glissent et se logent partiellement dans les intervalles des grosses (fig. 3).
En pratique, une foule de circonstances, telles que l'habileté ou Tinexpérience du inouleur, la rectitude ou la courbure des bûches, la présence ou l'absence de nœuds chez ces dernières, font varier considérablement Fempilage, au profit ou à la perte de l'exploitant ou du consommateur. Le bûcheron, qui est paye à la pièce, a toujours tendance à mal empiler son bois ; aussi, certains marchands ont-ils des mouleurs attitrés.
Pour qu'un empilage se fasse normalement, il faut : l'' que les bûches soient bien ébranchées et sciées d*é(|uerre ; 2" que les piles reposent sur des sous-traits empêchant les bois de s'enfoncer en terre.
Comme on a coutume, pour compenser le tassement inévitable, de majorer de 8 à 10 centimètres la hauteur des piles, on voit que les piles basses sont plus avantageuses que les hautes pour l'acheteur. Lorsqu'un habile empileur opère dans l'intérêt du propriétaire-exploitant, il doit placer
6 LKS BOIS DE FEU
d'abord tout le gros] bois dans le bas, avec bûches en travers* comme sous-traits, en ayant soin de mettre au milieu le bois le plus droit, mélangé avec les bois courbes et tortillards ; puis, il couronne sa pile avec le plus petit bois.
Lorsqu'au contraire, il travaille pour le compte d*un ache^ teur, il ne met point de sous-traits, place en bas tout son petit bois qu'il recouvre de gros, pour enfoncer la pile en terre ; il termine enfin par le tortillard dont le dos ou les bosses font dôme sur le premier rang.
Il peut y avoir une différence de 10 à 20 7o entre un bon et un mauvais empilage. C'est surtout à cause des difficultés de Tempilage, qu'on sépare habituellement, dans les ventes, le bois de brancha ff fi (Cimées, Régal), noueux et tortillard, du bois de tige [moulée, bois débuches), propre et droit.
Les piles en croix, où, dans chaque assise, les bûches sont placées parallèlement entre elles, mais perpendiculairement à celles des assises conliguës, renferment de 10 à 15 7o ^^ bois de moins que les piles dont les bûches ont été jetées côte à côte, parallèlement les unes aux autres.
L'unité de mesure légale pour le bois de chauffage est le stère, représentant un tas de bois de 1 mètre sur toutes faces. Le stère a donc les mêmes dimensions que le mètre cube ; il en diffère cependant beaucoup, car le mètre cube exprime le volume plein, et le stère le volume apparent, c'est-à-dire à la fois le volume des bûches et celui des vides ou interstices existant entre elles.
Si Ton considère un stère formé par une seule bûche de diamètre a et de longueur /, le volume apparent est égal à
7tÛ"Z
a*/, et le volume réel à —.- •
Le rapport ""^v^oTumTréir^ ^^^ désigné, dans le commerce, sous le nom de facteur d'empilage. C'est le nombre par lequel il faut multiplier \^volume plein.j^oMV obtenir le volume en stères empilés de chauffage. Théoriquement, ce facteur d'empilage est égal à :
BOIS DE CHAITPFAGE
= 0,2146. En réalité,
et le rapport du vide au plein à
les vides s&nt toujours plus grands, eit le coefficieiit d'empilage plus élevé. C'est ce que montre le tableau suivant, résultant d'expériences directes :
DàiignatioB
Pin noir, O^W à O^^ôO de tour, 3 à 10™ de
long (lige)
5aptn, épicéa, de bonne fente, éc^^^ unie (tige). » Tente difficile, écorce rabot*^.
HJftre quart., écopce tr. uoîb, tr. bonne fente Hêtre quart., écorce rabo^^» fente as. diffic^*'. Hêtre rondin, écorce assez unie. . . . , Hêtre rondin de cime, branches courbes . Ckêne, écorrce unie, fente facile. ....
"Chêne, éooToe nbotenee, fenste osiez diUfimle.
Chêne, cimeaux assez droits
Chêne, branches oonriMBS •
Volome
réel
Voinme da TÎda
d'empiUga
Le fecleur d'empilage intervient toutes les fois que Ton e^ime en stères des arbres dont on a déterminé préalaMe- •ment le volume plein sur pied. On domte à ce facteur des •valeurs plus ou moins fortes, suivant que Ton est vendeur ou acheteur. Ces valeurs sont comprises entre les limites pratiques suivantes :
Tiges bien droites.
Bois résTseux ] Tiges mélangées . . .
^ ■ f Bondinage de branches.
j: Tiges
BoiB Smxllfais ^ Tiges et brancfties méfiées
( JBonmchagBa .... «
Ci-dessous ie restât de l'empilage fait dans des conditions ifeOUBales, avec des bûches d'égale grosseur (Duponft et 9mt^ q»et de la <ÎTye) :
LES BOIS Ï)E FEU
Diamètre des bûebei
Nombre de b^tthei
par mètre earré
de la
seetton transTereale
Nombre de bftchei
par stère,
la bûcbe ayant