‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois;Chapitre 23 sur 194 · OB · texte numérisé non relu

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Rondins de 0>»,25 à 0>»,45 de tour et quartier mélangé.

Branchages refendus.

Bûches fendues en prisme triangulaire de 0^,12 de côté.

Toutes grosseurs.

Grosses bûches refendues ayant plus de 0™,60 au

gros bout.

Bois de dimensions inférieures.

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12 LES BOIS DE FEU

circonstances économiques locales : il varie suivant que la région est riche en forêts ou non, industrielle ou agricole, houillère ou manufacturière. L'un et lautre sont d'ailleurs fonction des influences climatériques, mais moins qu'on ne le croit communémeht.

Le commerce achète au décastère en gros et revend au stère ou au poids en détail. Il tient compte, dans une certaine mesure, de la nature des bois. Ainsi, lorsque le bois pelard se paye à Paris 120 francs le décastère, le bois gris, à condition qu'il n'y en ait pas trop sur le marché, vaut à peu près le môme prix ; la traverse, ou grosse menuise (hêtre fendu), vaut 5 francs de moins, soit 115 fr., et le charme 10 francs <le moins, soit 110 fr. ; la menuise ordinaire, rondinage de hôtre, exclusivement achetée par les usines de distillation, ne se vend guère que 65 francs le décastère pris sur les ports.

Les bois flottés se payent sensiblement le même prix que ceux qui ne l'ont pas été. Le bois pelard est recherché, non seulement comme chauffiage de luxe, mais encore comme chauflage industriel : usines de céramique, faïenceries, bombeurs de verre, etc. ; les charcutiers en consomment aussi de grandes quantités. Ailleurs, comme à Dijon, l'écorçage fait subir au bois de feu une perte de 1 franc par stère.

Les bois de boulange ont des cours distincts. Lorsqu'il s'agit de feuillus, on sépare le bouleau, l'aune et le tilleul (110 à 115 francs le décastère), du mauvais tremble qui n'a pu servir au papier (70 à 75 francs le décastère). Les résineux, classés à part, s'enlèvent entre 125 et 145 francs le décastère.

Ci-dessous la variation des prix sur le marché parisien de la moulée de bois gris, de la boulange et du pin, depuis 1863 jusqu'à 1905 [fig, 4).

De l'examen de ce diagramme, trois faits sont à retenir.

C'est premièrement la baisse subie depuis vingt-cinq ans par le chauiTage proprement dit, baisse d autant plus sensible que les prix donnés ci-dessus s'entendent de bois fabriqués. Or, la maind'œuvre a augmenté d'au moins 25 ^/q durant ce laps de temps. Si elle représente le dixième de la valeur du bois, c*est une diminution de 3 ^Iq, La période de 1881 à 1905 se solde donc par une baisse de 14 4- 3 == 17 «/g, par rapport à la période de 1865 à 1881. Cette

BOIS DE CHAUFFAGE

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t4 LES BOIS DE PEU

baisse ira en s'accentaaiit encore, les maisons modernes ne se -chauffant plus qu'à l'aide de systèmes perfectionnés : calorifères, radiateurs à eau chaude, etc., et de f^énérateurs marchant à la houille. On a voulu attribuer aux octrois Peffond rement du cours des bois de feu ; il n*en est rien. Les octrois supprimés, les bois de feu continueront à s'avilir. Et cela tient à ce que la demande se restreint, et que Toffre, non seulement ne diminue pas, mais augmente. Paris, qui consommait 461.774 stères de bois de chauffage en 1879, n'en brûle plus maintenant que 250.000 stères, soit environ moitié. En môme temps que sa population s'accrott, ses besoins en combustibles ligneux diminuent. IL en est de même partout. Le • commerce doit tirer un double enseignement de ces indications. En premier lieu, c'est de ne convertir en chauffage que la quantité strictement nécessaire à la consommation de son rayon de vente ; en second lieu, il ne doit pas, par des prix trop élevés^ éloigner de lui la clientèle qui lui demeure encore fidèle.

Le deuxième fait mis en évidence par le diagramme ci-dessus consiste dans la bonne tenue des bois de boulange, dont les prix sont restés fermes depuis vingt ans. Si les fours modernes consomment moins de combustible que les anciens, en revanche le nombre de ces fours s'est sensiblement accru, et la consommation n'a pas diminué. Elle était à Paris de 301.093 stères en 1879 ; elle est maintenant de 299.000 stère» environ. De là, on peut conclure que l'avenir des bois blancs est largement assuré, et que la spéculation seule pourrait amener ultérieurement des variations sensibles dans le cours de cette marchandise.

Ce que nous venons de dire des bois blancs s'applique au pin, qui est également un bois de boulange concurrencé par Tétai de t mines et la pâte à papier.

Ce bois de boulange, qu'il provienne de résineux ou de feuillus, doit toujours être refendu. On commence généralement par empiler le rondin brut (feuillus) ou écorcé (pins), puis on fend. Les frais de façon sont de 0 fr. 80 à 1 franc pai* stère pour Tabatage et l'empilage, de 0 fr. 50 à 0 fr. 75 pour la fente, soit, au total, de 1 fr. 30 à 1 fr. 75. La fente donne un foisonnement de 18 à 2i> ^/q au moins, qui couvre et au delà tous les frait^ d'exploitation. L'écorçage du pin est de rigueur pour Paris. Il se fait superficiellement, en respectant les couches vertes du liber. Ainsi préparé, le bois reste plus blanc et conserve toute sa résine. La fente s'effectue ensuite par secteurs ; chez les pros bois de 0«»,70 et au-dessus, le foisonnement peut atteindre jusqu'à 30 ^/q. Pour le bois de boulange, le facteur d'empilage s'élève ainsi de 1.62 à 1.76, c'est-à-dire qu'un mètre cube de bois rond donne de 1 st., 62 à i st., 76 de bois fendu. Le commerce de province classe ses bois de feu de façon très différente suivant les régions. Ci-après quelques exemples des catégoi ries marchandes les plus usitées et de leur prix :

BOIS DE CHACFFAGE

Prix du stère.

PiAtMn dfi Langrea

Voigc.

€iuirmi« quartier . . .

6 à 9 fr.

Hêtre quartier . «

12 fr.

Hêtre quartier. . . . 5,50 à S »

Chêne quartier . .

Rondin futaie charme .

Rondinage sapin • .

» taillis charme .

Quartier sapin . . ,

» iremble . . .

Quartier pin sjWeatre.

fiJbO »

» braaehes hêtre.

4àd »

Jara

Bois dur

.... 10 fr.

Pelard .

Roodinage hêtre, sapin et épicéa. 7 » fiois blancs 6 »

Dans le Bordelais, le cent de bûches de pin maritime vaut de 35 à 45 francs.

Nota. — En général, les cours de la province sont moins sujets à variation que ceux de la capitale ; ils nen suivent pas exactement les fluctuations.

La vente au poids est usitée à Paris, à Chambéry, dans le Midi delà France et en Algérie. Elle a son bon et son mauvais côté. Elle supprime bien tous les défauts de l'empilage mais elle retrouve d'autres inconvénients dans le degré plus ou moins grand de siccité du bois.

On peut établir comme suit le prix de revient d'un stère de bois dur, pris en forêt d'Orléans, à proximité du canal, et rendu en cave à Paris :

Prix du stère sur le parterre de la coupe . . 8 fr.

Transport au canal 1

Transport à Paris par bateau 2,80

Octroi 3,20

Chargement dans le camion 0,50

Camionnage à domicile 2,50

Prix du stère rendu à domicile, mais non scié,

Di descendu en cave 18 fr.

Admettant 450 kilos pour poids moyen du stère,

cela met les 1.000 kilos à 40 fr.

Si Ton ajoute pour sciage à deux traits et descente

en cave de 1.000 kilos • 5

On arrive à un total de 45 f r.

LES BOIS DE FEU

Sur cette somme de 45 francs représentant la valeur de 2 st. 23, le propriétaire foncier a peut-être touché 10 francs et le marchand de hois 4 francs ; tout le reste s'est évaporé en salaires. Par là, or ' peut juger de la situation de la propriété boisée en France, quand elle ne veut produire que du bois de feu.

Nous donnons ci-dessous, d'après Hufnagl, le poids moyen du stère de bois de feu, pris en forêt, avec sa surmesure de hauteur :

Efinenees

Hêtre , Chêne .

Bouleau.

Aune. .

Epicéa Sapin Pin .

Mélèze

A Peut frai»

Quarlier Hoodin

kilos

kilos

kilos

kilos

A l'aide de ces chiffres empruntés aux foriMs allemandes, il est facile de calculer la puissance P en grandes calories, d'un stère de bois, au moyen de laïormule suivante :

„ ^ 4500(100-W) — 600 W P == G jQJ3 ,

dans laquelle W désigne la proportion en Vo d'eau contenue dans le bois, et G le poids du stère.

Exemple : Un stère de quartier hcHre pesant 530 kilos avec une teneur en eau de 12 %. a ^ine puissance de :

^3^ 4500(100.12)^-600x12 2.060.640 calories.

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