Fagots
Les fagots sont le résidu des exploitations. On utilise pour leur confection toul ce qui ne peut entrer dans la charbonnette. On distingue :
A. Les fagots marchands. — Ils renferment des brindilles constituant le corps du fagot, puis des branches ^Ym^ grosses,
LES ROIS OE FEU
placées en dehors et appelées reins, parements, triques ou jarrets.
Ces fagots à deux liens ont généralement 4 pieds, soit 1",30 à 1",33 de long, et 0",80 à 1 mètre de tour sur le lien. Ils se vendent au cent. Le prix varie, suivant le poids, de 12 à 25 francs ; la façon est de 5 à 7 fr. 50 le cent.
On peut admettre que le cent de fagots renferme à peu près autant de stères, que le poids d'un fagot renferme de fois cinq kilogrammes. Par suite ;
100 fagots de 15 kilos l'un contiennent 3 etères » 20 » » 4 »
En comptant le stère de fagotage à 4 francs sur coupe, on aura immédiatement le prix du cent, soit 12, IG, 20, 24, 32, 40 francs, suivant les poids.
Les fagots se confectionnent : sous le pied, en forme, au
chevalet ou à la presse.
Dans le fagotage sous le pied, le bûcheron étend ses harts à terre, puis il les recouvre de parements et de brindilles, et les serre avec le pied. 11 pare ensuite le fagot, en coupant avec sa serpe les brindilles qui dépassent les parements.
Fig. 7.
Pour les fagots sans brindilles, on se sert d'un chevalet {fig. 7) dont les fourches abc, de f renferment exactement la quantité de bois voulue; un crochet en bois A, fixé à Fun des montants, permet de retenir un des leviers avec lequel on serre la hart du cotret. Pour les fagots et les bourrées composés de brindilles, on peut se servir de Tappareil représenté dans la figure 8 : il se compose de deux chevrons en croix, assemblés à mi-bois et retenus par une forte che-
BOIS DE CHAUFFAGE
ville. L'un des chevrons porte deux cornes a et 6, entre lesquelles on dispose les ramilles ; Taulre reçoit deux crochets
Fig. 8.
c et d, servant à retenir les leviers de la chaîne e, employée pour serrer le fagot. On peut aussi utiliser le boa de M. Tinspecteur Bachtold : il consiste {fig. 9) en une chaîne longue d'un peu plus d'un mètre, portant à Tune de ses extrémités un fort dard en fer a muni d'un manche en bois 6, et à Tautre extrémité un solide bâton ou levier d. Lorsqu'on veut se servir de l'appareil, on enfonce le dard dans le fagot jusqu'à l'arrêt b et, saisissant le bâton à l'autre bout de la chaîne, on enroule celle-ci, au moyen du levier, autour du manchon mobile, jusqu'à ce que le fagot soit assez serré pour qu'on puisse attacher le lien. Le boa pèse 2, 3 kilogrammes et coûte 8 francs. Enfin, pour la confection des longues fascines demandées par l'artillerie, on utilisera le dispositif de la figure 10.
La presse se compose {fig. H) d'un fort anneau de fer formé de 3 arcs : l'arc inférieur fixe et d'un demi-cercle, les
Fig. 9.
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antres mobiles autour d'articulations avec celui-ci et d'un qfcrart de cercle chacun. La presse étant ouverte, le bûcheron
Fig. 11.
Fig. 10.
place son bois dans l'arc inférieur, puis il rabat les arcs supérieurs, ou couvercles, à l'aide de manches qui les surmontent. Il fait un effort, et le fagot se trouve fortement comprimé et prêt à être lié. Prix d'une presse : 3 à 4 francs.
B. Bourrées. — Ce sont de petits fagots à un lien, ne renfermant que des brindilles.
Excellentes et très économiques pour allumer les feux, eDes servent également aux tuiliers, chaufourniers et boulangers. Elles ont ordinairement 1",30 de long et 0™,60 à 0",80 de tour sur le lien. Poids variable. Vente au cent. Prix 5 francs sur coupe. Façon 3 francs. En détail, les bourrées valent de 0 fr. 10 à 0 fr. 20 pièce, rendues au domicile du consommateur.
G- CoTRETs. — Le cotret se compose de brins de 0'",20 à 0",30 de tour ; il a 0'",66 de long et 0",50 de circonférence au lien. Après un an de coupe, il pèse 6 à 7 kilos en bois dur, 4 à 5 kilos en bois blanc. Il vaut environ 20 fr. le cent.
D. Margotins. — Les margotins destinés à la place de Paris ont ©""jSB de longueur et 0"\38 de tour. Leur poids est d'environ 1 kilo. Ils valent de 4 à 5 francs le cent, en coupe. Un cent de bourrées donne 450 margotins. Un wagon peut transporter 5.200 margotins (M. Picard).
E. Palourdes. — Ce sont des fagots à 2 liens, formés de bois de pin écorcé et fendu, ayant l",14de long, 0'",72 à 0",.80 de tour. Les falourdes sont utilisées principalement
BOIS DE CHAI FFAGC
par les boulangers parisiens. On distingue celles originaires des Landes, de celles provenant de la Sologne. Les premières, plus lourdes, mieux faites, brûlent mieux que les secondes souvent désignées sous le nom de cotrets. Les ■cotrels de premier choix, ou gros bois, comprennent 4 à 5 morceaux à la falourde; ceux de deuxième choix, ou bois moyens, 6 à 7 morceaux ; ceux de troisième choix, ou petits bois, un plus grand nombre encore. Le bouleau est vendu <lans les mêmes conditions de façonnage, maiç non écorcé ; il est utilisé principalement par les pâtissiers.
Depuis quelques années, la boulangerie de Paris emploie -en assez grande quantité de petites falourdes n'ayant que O^jfiO de longueur et liées à 0™,70 de circonférence. Ces boia sont employés dans les fours Merlet, dits fours à système, à chauffage par dessous, qui paraissent se multiplier.
Suivant la grosseur des bois qui les composent, les grandes lalourdes se vendent sur le pied de 58 à 70 francs le cent, rendues franco à Paris ; les petites valent de 25 à 30 francs le <*enl, également franco Paris. A ces prix, les bois transformés en cotrets rapportent environ 14 à 15 francs le mètre -cube réel sur wagon départ.
Les falourdes des Landes se vendent en moyenne 20 francs. <le plus par cent que les cotrets de la Sologne.
F. Faissoxnats. — Fagots formés de 7 à 12 billons de bois ronds ou refendus. Longueur 1", 50, pourtour aux liens O^jBO. Ils se fabriquent en chêne (90 à 100 francs le cent\ ou en pin écorcé (00 à 75 francs le cent . Spéciaux au Bordelais.
G. Fagots d'allumage. — Les Compagnies de chemins de fer font à Tindustrie privée, de grosses commandes de bourrées destinées à l'allumage des machines. Ci-dessous •quelques spécifications :
a) Compagnie de rEst. — Fagots de bois durs, charme, chêne, orme, noisetier ou autres, ù Texclusion des bois blancs; boaleatt ^dmis par exception, jusqu'à concurrence du tiers du poids de •chaque fagot. Un tiers du poids en parements, deux tiers en brindilles. Fagots aussi secs que possible ; liés avec deux harts ou deux liens en fil de fer recuit ou galvanisé, ou môme avec une seule hart ou un seul lien, à condition qu'ils soient suffisamment serrés et •que la ligature soit solide et résistante.
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Longueur 0"a,80 à ln>,20 ; circonférence sur le lien 0™,80; poids de chaque fagot inférieur à 7 kilos et autant que possible voisin de 6 kilos. Chargement d'un wagon, 500 fagots. La vérification se fait en prenant 10 à 20 fagots, sur difTéreuts points des tas, jusqu'à ce qu*on ait le chargement d'un wagon, soit 500 fagots. Une fois ce wagon-type constitué, on le fait passer sur la hascule, et on le tare. La différence entre le poids total et la tare du wagon vide donne le poids net du chargement. Ce poids, divisé par 500, indique le poids moyen du fagot à appliquer à tous les chargements de la journée. Si le poids est inférieur à 6 kilos, la fourniture peut être acceptée, mais le nombre des pièces à facturer s'obtient en divisant par 6 le poids net total. Fournitures à faire dans une des gares du réseau.
b) Compagnie de Paris-Orleam. — Bourrées bien sèches, liées aux deux extrémités par des liens eu bois ou en fer» et composées de branchages de chêne, bouleau et châtaignier, dont les tiges principales ont au moins 15 à 1^0 millimètres de diamètre ; longueur 0™,90 à 0",95; circonférence sur les liens 0«»,75 à 0"^,80; poids minimum 6 kilos.
Toutes bourrées ne pesant pas 6 kilos subissent une réduction de prix proportionnelle au manque de bois ; celles présentant un remplissage de feuilles et de brindilles sont refusées. Réception aux lieux de destination. Les livraisons faites pendant un mois allant du 25 au 24 sont récapitulées sur un mémoire unique, et payées le 20 du mois suivant.
c) Compagnie P. L. M, — - Fagots secs ou séchés artificiellement, dépourvus de feuilles, à 2 liens parfaitement solides et résistants, convenablement serrés et contenant le moins de vide possihle. Composés exclusivement de bois dur, en général essence chône, et formés, pour un tiers de leur poids, de brins ayant 1,5 à 3 centimètre de diamètre, pour deux tiers au moins de brins plus petits. Poids moyen : 12 kilos, écart toléré allant de 10 à 14 kilos ; longueur l'n,75 ; circonférence 0°»,75. Fagots fabriqués avec des boisabattus au plus tôt dans le dernier trimestre de Tannée précédente et déposés dans des lieux connus de la Compagnie. Livraison sur wagons, dans l'une des gares du réseau désignée par la soumission. Réception dans un magasin de la Compagnie voisin du lieu de livraison et désigné dans la commande. Lors de la réception, il est fait appréciation des feuilles et de l'humidité ; on effeuille complètement et on dessèche artificiellement dix fagots pris en différentes parties du chargement ; si le poids moyen de ces fagots ainsi purgés d'humidité et dépouillés de feuilles est inférieur à 12 kilogrammes, le prix fixé dans la soumission est diminué proportionnellement à la différence trouvée en moins ; s'il est supérieur à 12 kilos et inférieur à 14 kilos, le prix fixé dans la soumission est. augmenté proportionnellement à la différence trouvée en plus; mais s'il dépasse 14 kilos, il n'est rien payé pour l'excédeuL
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Les fagots refusés sont réexpédiés aux frais du fournisseur à la gare de livraison, mais les frais de transport de la gare de livraison au magasin réceptionnaire restent à la charge de la Compagnie. Si le fournisseur en fait la demande dans sa soumission, les fagots refusés sont remis à sa disposition dans la gare voisine du magasin de réception ; mais il doit alors rembourser à la Compagnie les frais de transport du lieu de livraison jusqu'à cette ^are, calculés d'après le tarif commercial le plus avantageux pour lui et augmentés des frais de magasinage dans la dite gare.
En cas de retard dans la livraison, il est retenu au fournisseur, à titre d'indemnité et sans préjudice de tous dommages-intérêts, un pour mille, pour chaque jour de retard, de la valeur des fagots dont la fourniture a été retardée. L'indemnité est due sans notification, mise en demeure ou acte quelconque extrajudiciaire. Les dommages et intérêts ne sont dus, que si la Compagnie a éprouvé un tort réel.
Payement dans le mois qui suit la réception défînilivc, sauf déduction, s'il y a lieu, des sommes dues par le fournisseur, pour retard, remplacement, dépréciation ou rebut.
d) Compagnie du Midi, — Fagotins en bois de pin ayant 0™,50 de longueur, 1 mètre de circonférence moyenne, composés de bois de branches ou de rondins refendus et de bois de pied gemmé, fendu et sans écorce. Le bois de pied fendu doit constituer la moitié au moins du poids de chaque fagotin, ce dernier lié à chacune de se.s extrémités par un fil de fer n° 8 recuit et galvanisé, solidement serré de manière à pouvoir être manutentionné sans inconvénient* Prix : 19 fr. 50 à 23 francs le cent en 1903.
Nota. — Ces fournitures de fagots d'allumage ne font pas l'objet d'adjudications publiques. Chaque année, les Compagnies envoient des lettres de convocation à leurs fournisseurs, avec prière de faire connaître :
l<^ la quantité de fagots qu'ils peuvent livrer ;
2« la nature des bois composant leurs fagots ;
3« la gare où ils désirent livrer ;
4° le prix par cent, des fagots livrés franco sur wagon.
Les Compagnies basent leurs offres sur les propositions des marchands de bois. Les prix obtenus sont en général faibles ; ils varient de 9 à 10 fr. 50 pour les fagots de 6 à 7 kilos, et de 12 à 13 francs pour ceux de 12 à 14 kilos. Si l'on déduit la façon, estimée 3 à 3 francs par cent, il resta bien peu à l'exploitant, lorsqu'il a payé le bois, les frais de transport en gare et le chargement sur wagon.
Conclusion : il faut relever les cours»
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