D. LES BOIS DE MINES DANS LA. RÉGION DES LANDES
On distingue les poteaux verts, bruts, avec écorce, destinés à l'Angleterre, des poteaux secs, pelés, destinés aux houillères françaises. Les premiers, lourds à transporter, se fabriquent exclusivement près des ports et des voies ferrées ou fluviales ; les seconds, plus légers, peuvent se faire loin des gares et des ports.
A. Poteaux bhits. — Les poteaux sont livrés verts, avec écorce, et vendus au poids. Le débit ne comporte que deux dimensions :
2m de longueur x 0,08 & 0,22 de diamètre au petit bout 2'n,75 » X 0,12 à 0,25 *
Les prix ont augmenté à mesure que l'exportation a diminué. Bordeaux a exporté :
En 1899 448 862 tonnes
ETAIS DE MINES
Ut
Bayonne exporte annuellement 130 à 150.000 tonnes. Il Y a dix ans, le prix moyen était d'environ onze schellings la tonne anglaise de 1010 kilos, franco bord Bordeaux ;
En 1903 il était de 12 scheUings 6 pences » 1904 » 13 >» 6 >
on a même vendu jusqu'à 15 schellings (5 pences.
Ci-dessous le relevé général des arrivages en poteaux de mines bruts pour l'Angleterre, pendant Tannée 11)02 :
Arrivant à
Bordeaax
de Bayonoe
de HenneboDt
de Lorient
d'Auray ot de Vannes
de Hedon
et Pauiilae
Cardif. . .
Barry . . .
Newport . .
Swansea . .
Port-Talbot
et autres .
Totaux. . .
d'aatres
porta
de France
d'Espagne
•le Portugal
de
Suède,
Norvège,
Finlande
de
Russie.
. Canada,
Eiat»-Unis,
Totaux
Cardif . . .
Allemagne
Barry . . .
Newport . .
Swansea . .
Port-Talbot
et autres .
Totaux. . .
C'est une augmentation de 200.000 tonnes environ, sur Tannée 1901.
En 1902, les arrivages portugais ont augmenté de 90.000 tonnes, notamment à Cardif, où ils ont dépassé les arrivages de Bordeaux, de 25.000 tonnes environ.
142 LES PETITS BOIS d'IiNDISTRIE
Les arrivages d'Espagne subissent aussi un léger accroissement (5.000 tonnes).
Viennent ensuite :
La Finlande avec environ 20.500 tonnes ^.
Le Canada » 15 500 » f . ^^ ^«^
Les États-Unis . 10.500 . ^ «^^^ ^^'^ ^^""^«•
L'Allemagne » 8.500
Sur le tonnage général, la France figure pour SdOiOOO tonnes. L'Algérie, avec ses immenses forêts de pin d'Alep, non seulement brille par son absence, mais fait venir des bois du littoral girondin pour ses mines de fer de TOranie ; c'est un comble !
B. Poteaux pelés. — Les poteaux sont livrés secs, complètement écorcés. Les dimensions varient suivant les bassins houillers ; les principales sont les suivantes :
2„ / avec 10/12 cm. de diamètre 2^,33 ( avec 12/18 cm. et 14 '18 cm.
( au petit bout. 2^A0 ( de diamètre au petit bout,
Perches de 4-5 et (> mètres de longueur.
Tous ces étais se vendent au mètre courant ; les prix sont en hausse de 20 Yo depuis 4 ans (Voir page 135 les prix payés par les houillères du Midi;.
Art. V. — FABRICATION DES ÉTAIS DE MINES
Les longueurs et grosseurs portées aux marchés étant de toute rigueur, il importe que le débit soit fait avec soin. La longueur ne varie pas avec le retrait (tome V, page 50) ; il suflit donc de laisser une marge de quelques centimètres pour le trait de scie. Il n'en est pas ainsi pour la grosseur, surtout en ce (jui concerne les étais écorcés ; en passant de Tétat vert à l'état sec, ceux-ci subissent un retrait de 10 y^
ÉTAIS I>E MI?iES 443
^sur la circooférence. Il faut donc se prémunir contre cet.acoiëenl, etfoEcer.de iO 7^ la dimension des étais. Pour guider Jbs ouvriers dans tleur travail, on pourra se servir d .un .petit linstrumônt {fiff.ÂS) composé d'une lame de tôle, portant des
Fig.49.
échancrures circulaires correspondant aux calibres des étais :à fabriquer, et fixée suV une tige par des boulons. En regard de chaque échancrure, on inscrit le diamètre ou la circonférence de Tétai. Pour pratiquer sa découpe, louvrier n'a plus qu'à voir en quel point î'échancrure s'adapte au pourtour de^la perche. En général, cest à partir de la .grosseur minima qu'il doit sectionner, de façon à utiliser pour une «autre destination la bille du .pied, trop volumineuse pour faire un ctai de dimension.
Lorsqu'on a traité pour de nombreuses dimensions, l'orga-
ganisation du débit, toujours délicate, peut diilicilement être
confiée à l'appréciation des bûcherons novices. Pour éviter
les déchets, il faut qu'un employé expérimenté trace d'abord
'.avec une griffe, l'emplacement de la découpe.
La courbure exagérée des tiges, très fréquente dans les jeunes taillis, est souvent un obstacle à la fabrication des étais. 11 vaut mieux convertir des brins douteux en chaulfage, que s'exposer à de nombreux rebuts.
Le payement de la marchandise se faisant des qu'olle est assez sèche pour être expédiée par chemin de fer ou par bateau, l'exploitant a intérêt a activer la dessiccation des bois. A cette fin, il dresse les étais par sortes, en assises triangulaires ou rectangulaires, de façon à laisser un peu de vide autour de chaque sujet, et en ayant soin de faire . reposer les derniers morceaux sur des sous-traits ou des branchages. Par ce moyen, les bois sont secs un mois après leur fabrication.
Dans l'empilage triangulaire, on ne saurait éviter ([u'il y
144 LES PETITS BOIS d'iNDUSTRIE
ait des porte-à-fau\ ; il peut en résulter des courbures. Dans Tempilage rectangulaire, on place les morceaux par lits alternés, en ménageant toujours un peu d'espace entre deux étais; les bois se soutiennent alors mutuellement. S'ils sèchent un peu moins vite, en revanche ils restent plus droits. En Bourgogne, en Comté, dans le Morvan, la façon se règle tantôt au stère empilé de forêt, à raison de 1 fr. 50 à 2 francs pour les étais courts, 1 fr. 25 à 1 fr. 50 pour les longs, tantôt au pied courant de longueur (0'"33) pour les étais écorcés, à raison de 0 fr. 01 l'un.
Dans le Nord et en Belgique, on traite souvent aux dimensions. Crahay {Manuel de Cubage donne comme prix d'al^atage, d'écorcement partiel et de mise en tas par catégories :
Pour 100 pièces . . 14 20 21/30 3140 41/70 71/90 2 fr. 4 ir. 8 fr. 15 fr. 18 fr.
les 3 dernières catégories devant être abattues par extraction de souches.
Pour Técorcement complet, on compte en plus 2 francs par cent.
Art. VI. — LOT — ASSORTIMEiNT — MODE DE VENTE — MARCHÉS
Dans les fournitures de bois de mines, il faut distinguer les marchés directs, des marchés indirects. Les premiers font Tobjet d'un contrat entre les (iOmpagnies et les exploitants.
Ces marchés portent sur un ou plusieurs lots contenant généralement plus de 20.000 étais, répartis en assortiments obligatoires de longueurs et de grosseurs. Les seconds sont des marchés de moindre importance, passés entre les exploitants et des intermédiaires, fournisseurs attitrés des raines. Nécessairement le courtage se paye, et les conditions offertes par ces sous-traitants sont moins bonnes que celles offertes par les Compagnies. Néanmoins, avec les exigences des mines, leur entente pour peser sur les cours, l'intervention d'intermédiaires s'impose presque toujours au cx)mmcrce. J'excepte cependant Blanzy et quelques houillères du Centre, dont les procédés sont plus louables.
ÉTAIS DE M1?(ES 1 {5
Tarif conventionnel pour la détermination dii stère-type.
o.oy
Qaantité d« pièces pour
1 tlèro
fô/29
4S ai
Mathky. — Exploitation des bois. II.
I^g LES PETITS B0!9 d'iKIHISTME
Non seulement rintermédiaire rend des senices en sinformant des besoins de chaque mine, en négociant les pm avec elle en surveillant la fabrication dans les coupes ; maisencore il'aroupe les marchandises, compose les lots et les assortimentS coitenant des étais de dimensions 1res variables aui se rencontrent rarement dans une seule exploitation. De même que ces intermédiaires doivent agir sur les mines pour empêcher l'avilissement des cours, arrêter ces brusques variations de prix qui sont la plus grande gêne du commerce, de même aussi les exploitants doivent s unir pour resisten aux prétentions exagérées des intermédiaires.
Plus encore avec eux qu'avec les mines, il faut se défier des tarifs convenUonnels, analogues à celui, de la page 145 réglant les marché» au vu d'un stère-t^T)e. D aucuns de ces 'tarifs sont] de véritables tentatives d'escroquerie.
Ci-après les conditions'd'achat des houillères de Lens et de Blanzy.
MARCHÉ SOCEÈTÉ DES MINES DE LENS ET DE DODYIUK DE BOI& (Po^e-Colau)
Entre les soussignés :
Monsieur Élie Rcumaux, Oflicierde la Légion d'honneur. Directeur général de la Société des Mines de Lens, agissant, en cette quahté, domicilié à Lens (Pas-de-Calais) d'une part,
'g^y^ Marchand de bois,
demeurant à' .'.'.'. d'autre part.
11 a été convenu ce qui. suit :
aIiticle Premier — M . . • • vend et s'oblige à< fournir a la Société des Mines de Lens, avant le 31 décembre 190 ';, terme de rigueur, franco sur wagons en ^rede Lens, ou sur bateau au rivage particulier de la Société, à
(1) Délai reporté en fait jusqu'au 31 mars.
ÉTAIS DB MINES. 147
Pont-à-Yendin (Ilaule-Deûle), les quantités et espèces de bois designées ci-après, aux conditions et prix suivants :
Article Deux — Tous les bois devront être du dernier abatage, d'une belle rectitude, absolument sains, sans nœud>a saillants, pelés sur 4 faces d'un bout à l'autre. Exception^ nellement les essences : frêne, cerisier, châtaignier ne se pèlent pas. Cette condition n'est pas strictement exigée.
Les bois résineux devront être pelés à blanc, sauf le mélèze qui sera blanchi seulement sur 4 faces.
Article Trois — La société se réserve le droit de choisir les perches en coupe» et de les frapper de son marteau. Debout, elles seront marquées au flanc ; abattues, elles seront martelées sur le pied.
Sous aucun prétexte, elles ne pourront être raccourcies ni fendues. Celles qui ne seraient régulièrement frappées ou qui n'auraient; pas à l'arrivée les dimensions prescrites, seront déclassées d'office.
Les perches défectueuses seront débitées si leur conformation le permet ; dans le cas contraire, elles seront nefusées.
ARiacLB Quatre — Les bois découpés auront les deux extrémités sciées, exemptes de fentes ou de cassures. Ils proviendront de perches et non de branches. Cette condition n*est pas de rigueur.
Ceux, qui n'auraient pas les dimensions requises, seront transformés en bois de catégories inférieures ; ceux défectueux seront refusés.
Article Cinq — Le peuplier, le hêtre et le tilleul ('), l'épicéa et le Weymouth sont exclus de droit.
Les essences : aune, bouleau et sycomore réunies sont tcrférées jusqu'à concurrence de dix pour cent maximum (*) ; elles devront être arrivées à destination pour le 1*' août pro-
(1) Suivant l'importance des marchés, le hâtre et le tiileuU ce* dernier non pelé, peuvent êti» tolérée- dan» la proportion de 10 ^/q et ordinaire ment aveo une diminniion de prix de 10 <>/o.
{*) Cette proportion n'eet pas rigonreusement absolae eL pent être dépaaaée dans abrtaina cas. C'est plutôt une indication de tendance an sujet d'easencaB^ secondaires a» conaervaat mal et offrant une moindre réns^ tance.
1 Î8 LES PETITS BOIS d'iNDUSTRIE
chain, dernier délai ; passé cette date, elles ne seront plus acceptées.
Article Six — Les fournitures commenceront au 1**' avril prochain, et comprendront, pour la lin de juin suivant, un assortiment complet de toutes les catégories représentant au moins un quart du marché. Pendant le reste de l'année, les livraisons auront lieu par quantités mensuelles sensiblement égales (*).
Néanmoins, le vendeur est tenu d'expédier dans le délai qui lui sera fixé, les dimensions de bois que la Société pourrait lui demander à l'exclusion des autres (*).
En cas d'accident, grève, etc., ou tout autre cas de force majeure, la Société se réserve le droit de suspendre les expéditions de bois.
Toute expédition par fer ou par eau devra être précédée d'une facture donnant, avec le détail du chargement, les N^* des wagons ou le nom du bateau et celui du marinier, sinon, les envois pourront être refusés.
Article Sept — En cas d'expédition par eau, le vendeur rendra le marinier responsable des manquants ; à cet effet, la lettre de voiture devra spécifier en détail les quantités de bois embarqués pour chaque catégorie. Elle stipulera en outre : quinze jours ouvrables à partir du lendemain de larrivée, pour le déchargement ; sept francs cinquante centimes maximum de surestarie (*) par jour de planche ouvrable indéfiniment.
A Cambrai, les mariniers seront tenus d'aviser la Société de leur passage en cette ville en indiquant approximativement la date de leur arrivée à Pont-à-Vendin.
Les bateaux d'un même fournisseur devront être échelonnés à quinze jours ouvrables, au moins, d'intervalle; dans le^^cas contraire, le délai de déchargement ne commencera à
Oy Donné plutôt à titre d'indication.
(*) On appelle staries, ou Jours de planches^ le délai dans lequel Taffréteur est tenu d'amener au quai les marchandises que le capitaine doit charger dans son navire, et le délai dans lequel le chargeur doit recevoir du capitaine ces mêmes marchandises après l'arrivée du bâtiment. Les suresiaries sont les jours employés, en sus des staries, au chargement et au déchargement des marchandises.
ÉTAIS DE MINES 149
courir, qu'à Texpiration des quinze jours ouvrables accordés pour le précédent bateau.
Les bois expédiés par eau subiront une diminution de trois pour cent sur les prix du présent marché, en compensation des frais supplémentaires de manutention.
Article Huit — Pour les expéditions par fer, la Société se réserve de :
l** Limiter ses réceptions à quatre wagons par jour, en cas d'encombrement.
2* Porter au compte du fournisseur les frais de déchargement quand les bois seront mélangés, ou qu'il y aura plus de trois dimensions dans un môme wagon.
Article Xelf — Comme il est loisible au vendeur d'assister ou de se faire représenter aux réceptions, les comptes remis par la Société seront seuls valables pour les règlements.
Les fournitures seront réglées net, six mois après chaque livraison ou dans les trente jours de la date du récépissé y relatif et, dans ce cas, moyennant trois pour cent d'escompte, conformément aux usages de la Société.
Dans le payement des prix de transport, la Société agissant pour le compte du vendeur, décline toute responsabilité pour les surtaxes, erreurs, etc., de la part des transporteurs.
Article Dix — Les chargements contenant des excédents seront refusés, et les frais de magasinage ou les jours de planche que la Société aurait payés, seront à la charge de l'expéditeur.
Les excédents de fourniture seront laissés pour compte, même après déchargement.
Les bois non commandés, rebutés ou en excédent devront être enlevés dans les 30 jours de la date du récépissé sur lequel ils figurent, sous peine d'une amende de 0 fr. 01 par pièce et par jour (*), et ce, sans mise en demeure préalable.
La Société n'est nullement responsable des bois laissés pour compte ; elle aura d'ailleurs le droit de les faire vendre
(«) CeUe pénalité n'est presque ^amai* appliquée. C'est plutôt une précaution vis-k-vis de l'inourie de certains fournisseurs.
150 LES PETITS DOIS u'ilSDUSTRIE
à la criée, aux risqueB et périls du contrevenant, après expiration du délai d'enlèvement.
Les frais de manipulation et de sciage pour .les non^emjBande, rebuts ou excédents, sont à la oharge des Imtnisseurs.
AR3UGLE 0>zE (*) — Au cas où pour la date extrême -de livraison, le vendeur n'aurait pas fourni les quantités indiquées, la Société aura le droit :
Ou de résilier le marché pour les bois restant à livrer ; . Ou d'en exiger la livraison par tons les moyens de droit, JBans préjudice des dommages-intérêts qu'elle se réserve de réclamer.
Article Dodze — En cas de difficultés sur Texécution du .présent marché, Iç tribunal de Béthune sera seul compé- . lent pour en connaitre.
Les droits auxquels Tenregistrement des présentes pourra «donner lieu, seront à la charge de la partie qui les aura occasionnés.
(Dans les marchés traités directement avec les exploitants de forêts, Tart. 11 est supprimé, et remplacé par la .mention suivante : « Les quantités à fournir sont subordonnées à celles que produiront ensemble les lots du vendeur, cellesindiquées ne sont qu'approximatives »).
Fait double et de bonne foi à Lens, le
(I) Cet antiole ne vise que les commerçants qui aohètanl «nx exploituits pour revendre aux mines des quantités ùxes.
ETAIS DE MIN£S
iài
Essences feuillues
Assortiment d'un lot (Proportions^à observer autant que possible dans le débit).