‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 9 sur 212 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Objet de I» science de la nature ; définition de ce qu’on doit entendre par un corps; les trois dimensions; importance du nombre Trois, selon les Pythagoriciens; rôle que ce nombre joue dans la composition du monde. Idée qu’on doit se faire des grandeurs; la ligne, la surface et le solide; idée qu'on doit se faire de l’univers et de l’ensemble des choses.

S 1. La science de la nature consiste à peu près entièrement dans l’étude des corps et des grandeurs, avec

9 Le sujet de ce traité n’est pas très-net, et les commentateurs grecs se sont divisés sur la question de savoir quel il est véritablement.

Alexandre d’Aphrodisée et larnblique, après lui, ont cru qu’Aristote avait voulu, dans cet ouvrage, nonseulement étudier le ciel, mais encore l’univers entier. Syrien et Simplicius ont soutenu qu’il ne s’agissait que du ciel, et selon eux de cette partie de l’univers qui s’étend de la sphère de la lune jusque* et y compris notre terre. La question n’a pas grande importance, et l’on peut interpréter de différentes manières le but qu’Aristote s’est proposé. Mais l’opinion de Simplicius parait plus conforme aux matières mômes que ce traité discute. 11 est résulté de ces

controverses et de cette incertitude que les Scholastiques, pour ne pas traucher la question, ont donné & cet ouvrage un double titre : De eœlo et mundOy comme on peut le voir par Àlbert-le-Grand et saint Thomaad’Aquin, et par tous ceux qui les ont suivis. Je crois que le titre seul : Du Ciel doit être conservé à ce traité, le titre : Du Monde devant être réservé au petit traité apocryphe qui porte cette dénomination spéciale, et qu’on trouvera après la Météorologie. Du reste, tous les commentateurs s’accordent pour placer le Traité du ciel à la suite de la Physique , dont il est en quelque sorte le complément Livre /, Ch. /, § i. L'étude des corps et de t grandeurs, on ne comprend pas bien ta distinction qui est

leurs modifications et leurs mouvements. Elle s'occupe en outre de l'étude des principes qui constituent cette substance particulière; car parmi les composés et les êtres qui sont dans la nature, les uns 9ont des corps et des grandeurs ; les autres ont un corps et une grandeur ; et les autres enfin sont les principes de ceux qui ont cette grandeur et ce corps.

§ 2. On entend par continu tout ce qui peut se diviser en parties toujours divisibles ; et le corps est ce qui est divisible en tous sens. C’est que, parmi les grandeurs, l'une n’est divisible qu'en un sens unique, c’est la ligne ; l’autre, l’est en deux, c’est la surface ; l’autre, l’est en trois, c’est le corps. 11 n’y a pas de grandeurs autres que celles-là, parce que trois est tout et que trois renferme toutes les dimensions possibles. En effet, ainsi que le disent les Pythagoriciens, l’univers entier et toutes les

faite ici entre les corps et les grandeurs. 11 semble, d'après ce qui va suivre, que les corps et les grandeurs devraient se confondre, ou que si on les distingue, ce n’est plus au physicien d'étudier les grandeurs, mais au mathématicien. Voir la Physique, livre III, ch. 4, § 1, t. 11, p. 87 de ma traduction. — Avec leurs modifications, soit actives, soit passives

— Et leurs mouvements , c'est là le sujet général de la Physique , on ce qui concerne les corps inorganiques.

— Cette substance particulière , celle des corps. — Sont des corps et des grandeurs, comme l’eau, la terre, les pierres, le bois, etc. — Les autres ont un corps, comme les animaux.

— Les autres sont les principes ,

c’est la forme et la matière ; c’est le temps et l’espace, etc., etc.

§ 2. On entend par continu , ceci se rapporte à la définition du corps, dont il vient d'ètre question au § précédent; mais l'auteur n'a pas montré as» ex précisément quel est le lien de ses pensées. Pour la définition du corps qui est donnée ici, voir la Physique, livre V, ch. 5, §§ 6 et il.

— Parmi les grandeurs , et non plus parmi les corps. — Il n’y a pas de grandeurs , co serait plutôt : De dimensions. — Ainsi que le disent les Pythagoriciens , Aristote a souvent cité les Pythagoriciens ; mais nulle part il u’a paru approuver leurs opinions autant qu'il le fait ici. Saint Thomas en fait avec raison la re-

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