AVANT-PROPOS
Nous ne pouvons livrer au public l'édition française du dernier ouvrage de Frerichs, sans donner un sympathique et respectueux souvenir à l'ami que nous venons de perdre en lui. Depuis longtemps, nous n avons cessé d'éprouver la courtoisie et la sûreté de ses relations ; il n'est plus là pour recevoir l'hommage rendu à sa haute valeur scientifique par la publication de ce livre, dont il suivait l'achèvement avec une légitime satisfaction, et ce n'est plus aujourd'hui que l'hommage de nos regrets que nous adressons à sa mémoire.
D'autres feront ressortir les services rendus à la médecine par Frerichs, les nombreux sujets abordés par lui dans une longue et laborieuse carrière, sa préoccupation de faire bénéficier la pathologie du concours des sciences accessoires, sans l'asservir à leur domination exclusive.
Pour nous, sans nous permettre de juger le savant, nous ne voulons rappeler ici que les qualités de l'homme, son affabilité, sa modestie, sa constance dans ses amitiés, son désintéressement qui se transformait auprès des humbles en une délicate générosité.
Pendant trente années consacrées à l'enseignement et à la médecine pratique, soit dans les hôpitaux, soit dans une clientèle de premier ordre, Frerichs a provoqué partout l'estime et la confiance, comme en témoigne la profonde impression causée en Allemagne par sa mort.
Né le 24 mars 1819 à Aurich (Hanovre), Friedrich Theodor von Frerichs se rendit en 1838 à l'Université de Gôttingen pour y étudier les sciences naturelles et surtout la chimie, ainsi que la médecine. Après un voyage d'études à Berlin, à Prague, à Vienne, en Hollande, en Belgique et en France, il revint en 1842 à Aurich, sa ville natale, où il s'installa comme médecin, et acquit bientôt une grande renommée comme oculiste.
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Mais renseignement et les hautes études lattiraient, et en 1846 il retourna à Gôttingen, d'abord comme privât docent, puis comme assistant de Rodolphe Wagner à l'Institut de physiologie. En 1850, il est appelé à Kiel pour y diriger la polyclinique ; en 1852, il passe à Breslau comme professeur de pathologie et de thérapeutique, et ensuite de clinique médicale. Enfin, depuis 1856 il occupait le même poste à la Charité de Berlin, en même temps qu'il remplissait diverses fonctions universitaires, et recevait successivement de nombreuses distinctions honorifiques de son gouvernement.
Comme médecin consultant, Frerichs était connu dans le monde entier, et de fort loin on recherchait ses avis.
Le plus connu et le plus important de ses ouvrages, avant le présent Traité du Diabète, est le Traité pratique des maladies du foie [Kiinik der Leberkrankheiten, Brunswick, 1859; traduction française de MM. Pellagot et Dumesnil, Paris, 1860, 3« édition, 1877, 1 vol. in-S" avec 158 ligures). Cet ouvrage a été couronné par l'Institut (Académie des sciences) et nous savons, — parce qu'il nou» l'a dit, — que la distinction dont il a été l'objet a été une des grandes joies de sa vie.
Frerichs a collaboré en outre à différents recueils, et les articles qu'il y a écrits forment ensemble une œuvre considérable. Beaucoup de ces travaux portent sur la chimie biologique, pour laquelle il a toujours conservé une prédilection marquée. On cite, parmi les plus importants, les mémoires suivants :
Ueber die Vcràuderungen organischer StofTe bei ihrem Uebergang in den Harn [Des Transformations des matières organiques par leur passage dans les urines, Annal. Chem. und Pharm., 1848, avec Frédéric W'ohler) ;
Ueber das Maas des SlofTwechsels [De la Mesure des échanges organiques. Archiv fiir Anatom. und Physiol. de J. Mûller, 1849);
Enfin des recherches sur la leucine et la tyrosine, sur la physiologie de la digestion, sur les maladies des reins, etc.
C'est après une courte maladie que Frerichs est décédé à Berlin, le 14 mars 1885, à Tîige de 66 ans, c'est-à-dire en pleine activité, et sans avoir mis au jour bien des résultats de sa vaste expérience, qu'il avait le projet d'utiliser plus tard.
Les Éditeurs.
Pariî», avril ISS-'i.