REMPLACEMENT DU SUCRE PAR D'AUTRES PRINCIPES
sur la sécrétion urinaire. J'ai fait ces recherches non seulement par moi-même, mais aussi avec Taide de confrères qui s'occupaient exclusivement d'électricité et avaient acquis une grande expérience dans cette branche de la thérapeutique ; dans tous ces cas je n'ai obtenu que des résultats négatifs.
Tout dernièrement, les physiologistes ont attiré l'attention sur deux médicaments, dont ils se croyaient fondés à attendre de bons effets dans le traitement du diabète.
Eckhard (1) avait remarqué que le diabète produit expérimentalement chez les chiens était modifié dans sa marche quand on faisait prendre du chloral aux animaux ; de là l'idée que ce médicament pourrait être employé avec avantage dans le diabète chez l'homme. Mes recherches n'ont pas justifié ces prévisions. J'ai donné le chloral dans beaucoup de cas, parfois pendant longtemps, sans lui reconnaître aucune efficacité réelle.
J. Moleschott (2) à Rome, un des physiologistes le plus justement considérés, aobtenu de bons effets dans la glycosurie avec l'iodoforme, aux doses de 0,20, 0,30, 0,40 par jour. Il prescrit l'iodoforme sous la forme suivante :
lodoforme 1.0
Extrait de laitue 1.0
Coumarine 0.1
Pour dix pilules.
Dans les cas légers, ce traitement a fait disparaître le sucre complètement, dans les cas graves il en a diminué la quanti té. Lors même que l'amélioration n'était pas persistante, les accidents de la maladie étaient amendés. Mes recherches sur cette question ont confirmé ces résultats. L'iodoforme
(1) Eckard, Ueher den Einfluss des Chloralhydrats auf experimentelle Diabètes- formen {Centralbl. f, d, med. Wissensch., I, 1881.)
(2) Moleschott, lodoform gegen Diabètes MelUtus^ Vienne, 1882; et Wiener medicinische Wockensckrifty 1882, n« 17, 18, 19.
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procure des améliorations, plus passagères que durables, mais bien peu de guérisons solides.
D'après mon expérience personnelle, je poserais comme première règle du traitement du diabète la nécessité d'une hygiène physique et morale, et d'exercices proportionnés aux forces du malade, suivant les préceptes énoncés précédemment. A côté de ces moyens se placent les alcalins à dose modérée, et surtout les eaux minérales alcaUnes, prises aux sources mêmes.
Dans beaucoup de cas, il est indispensable d'avoir recours à l'opium et à ses alcaloïdes, tandis que les autres narcotiques méritent à peine d'être essayés.
Parmi les médicaments antizymotiques, les plus recommandables sont le salicylate de soude et l'acide salicylique, etriodoforme dans les cas légers. Quant à la quinine et an bromure de potassium, ils n'ont à intervenir que comme traitement symptomatique.
Un principe absolu est de s'abstenir toujours de moyens débilitants, tels que saignées, ventouses et révulsifs.
Quant au traitement des complications du diabète, il relève des règles ordinaires de la thérapeutique. Contre le coma diabétique, on a essayé les injections d'eau salée dans le sang, ainsi que la transfusion; on réussirait mieux sans doute à prolonger la vie par les stimulants et les analeptiques. L'inutilité complète des médicaments antizymotiques contre lès accidents de ce genre m'a été démontrée par les cas assez nombreux de coma diabétique que j'ai vus survenir chez des malades soumis au traitement par l'acide phénique.
Nos appréciations sur la nature du diabète sont forcément limitées par Timperfection de nos connaissances sur la formation et la destruction du sucre à l'état normal. G est pourtant sur ces seules notions et sur les observations recueillies au lit du malade et à Famphi théâtre, que je m'appuierai pour exprimer mon opinion, sans tenir compte des nombreuses théories qui ont eu et qui ont cours encore dans celte question de la nature du diabète. Je ne me propose pas de réfuter isolément toutes ces théories, car de ce qui va suivre on pourra conclure jusqu'à quel point elles s'accordent avec les faits, et dans quelles limites elles rendent compte du processus diabétique.
L'origine de toute glycosurie et de toute forme du diabète est toujours une élévation de taux du sucre dans le sang, élévation que j'ai vu atteindre les chiffres de 0,22, de 0,44 p. 100, et au-delà. L'exagération de l'activité des reins n'est pour rien, par elle-même, dans l'excrétion du sucre, et ce qui me semble le prouver, ce sont les exemples de diabète insipide où les malades rendent de 8 à 12 litres d'urine limpide sans aucune trace de sucre, lors même qu'ils ont ingéré pendant longtemps des quantités considérables, de 100 à 300 grammes, de sucre de raisin. C'est une expérience que j'ai renouvelée maintes fois et toujours avec le même résultat.
Si Ton analyse simultanément le sang et l'urine d'un
diabétique, on trouve que les proportions du sucre dans les deux liquides sont loin de se correspondre toujours, comme le montre le tableau suivant :
Analyses comparatives du sang et de Torine aa point de vue
da sucre.