‹ Traité du gisement et de l'exploitation des minéraux utilesChapitre 10 sur 95 · CRATERES DE SOULÈVEMENT · texte numérisé non relu

CRATERES DE SOULÈVEMENT

Telle est la disposition que présentent la plupart des chaînes ou groupes de montagnes.

Dans les groupes du Cantal , du Mont-Dore et du Mezenc , traits principaux du relief de la France centrale , les roches éruptives occupent les points culminants de chaque groupe, et les roches sédimentaires stratifiées sont relevées autour d'elles comme vers des centres de soulèvement.

Dans les chaînes de montagnes , telles que les Alpes , les Pyrénées, etc., les roches éruptives forment l'axe culminant, axe minéralogique, de chaque côté duquel on retrouve la série symétrique des terrains sédimentaires, à travers lesquels les éruptions se sont fait jour.

Pour bien comprendre la structure physique des groupes et des chaînes de montagnes, il faut se reporter à l'origine que nous leur supposons, et se rendre compte de tous les mouvements qui ont dû se produire par suite des soulèvements.

Cratères de soulèvement. — Que l'on suppose une épaisseur de roches stratifiées , dont les couches, sensiblement horizontales , tendent à être soulevées en un point par une force agissant de bas en hau! . Le point sur lequel agira cette force sera d'abord élevé autant que le permettra l'élasticité des roches ; mais, lorsque l'élévation sera telle que les couches distendues ne pourront plus couvrir la surface devenue trop convexe , il se produira des ruptures. Ces ruptures détermineront nécessairement une disposition constante ; elles produiront un étoilement, c'est-à-dire une série de cassures convergentes vers le point de soulèvement , et laissant par l'écartement des parties soulevées un vide ou cratère dans le centre. C'est ce que l'on appelle un cratère de soulèvement. La région centrale de ce cratère sera occupée par les roches éruptives, lorsqu'elles auront percé jusqu'au jour.

Les exemples de ces cratères sont nombreux : le Cantal , le Mont-Dore et le Mezenc, en France, se rapportent à ce mcde de formation. Parmi les volcans modernes beaucoup occu-

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pent ainsi le centre d'un cratère de soulèvement ; tel est le pic de TénérifTe , dont le cône volcanique est entouré d'une

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enceinte semi-circulaire , étoilée par une série de vallées divergentes.

Tel est le Vésuve dont le cône est entouré par la montagne semi-circulaire de la Somma.

La figure 4 indique les dispositions que peuvent présenter les volcans qui se sont ainsi fait jour en soulevant les dépôts stratifiés. Les couches soulevées et rompues sont indiquées en a, b, g, A : le volcan f surgira au centre d'une dépression cratériforme plus ou moins régulière, toutes les fois que son cône ne dépassera pas les couches soulevées, tandis que, d'autres fois, ses accumulations s'élevant jusqu'en v, recouvriront les roches soulevées.

Cette origine est plus difficile à constater lorsque les roches soulevantes ne se sont pas fait jour au centre du cratère.

Telle est la disposition que présente l'île de Palma. Un vaste cirque , appelé cahlera , forme la partie centrale de cette île; il est profondément encaissé par les bords escarpés du cratère qui s'abaissent par des pentes régulières vers la mer, en formant un cône surbaissé, sillonné par les vallées rayon nantes qu'a produites l'étoilement du sol.

La carte de l'île de Palma (fig. 6), dressée et présentée par

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M. de Buch , à l'appui de sa théorie, est l'exemple le plus expressif de la structure d'un cratère de soulèvement.

On trouve ce type de soulèvement modifié par une multitude de circonstances, qui dépendent d'abord de l'altitude à laquelle les bords du cratère ont été relevés et de la surface -sur laquelle le bombement s'est réparti , ensuite , des inégalités préexistantes du sol soulevé, puis, enfin, des érosions et des altérations subies par le cratère depuis l'époque de son soulèvement. La présence ou l'absence des roches ignées sou-

PHÉNOMÈNES SUPERFICIELS

levantes au centre du cratère, leur développement plus ou moins considérable en altitude et en étendue, lui donnent aussi des physionomies très-diverses. Néanmoins , le type une fois bien compris , se reconnaît même dans les ébauches les plus imparfaites et les plus altérées.

Chaînes de montagnes. — Beaucoup de chaînes de montagnes ont , par leurs formes , leur structure et leur composition, la plus grande analogie avec les cratères de soulèvement.

Les roches éruptives en constituent généralement la ligne de faîte, et, de chaque côté, les roches sédimentaires sont soulevées et rompues de manière à déterminer des crêtes et des vallées longitudinales , c'est-à-dire parallèles à l'axe. Cette rupture linéaire des roches soulevées a la même origine dans les chaînes de montagne que les vallées circulaires et centrales dans les cratères de soulèvement; seulement, le phénomène, au lieu de s'être produit sur un point, s'est produit suivant une ligne.

Les grandes Alpes de la Savoie, dont le massif du mont Blanc forme les sommités, peuvent être considérées comme représentant les diverses parties d'un immense cratère de soulèvement longitudinal , au centre duquel les masses éruptives et soulevantes ont été portées à des hauteurs bien plus considérables que celle des arêtes rompues et soulevées.

Les masses éruptives et soulevantes sont représentées par le massif du mont Blanc , chaîne centrale et culminante , qui , lorsqu'on l'examine de la Vallée de Chamonix (planche I), présente une arête linéaire dont toutes les sommités sont formées par les granités et les protogines. Les deux vallées qui entourent ce puissant massif d'éruption sont les dépressions cratériformes , encaissées sur les côtés opposés par les relèvements des roches sédimentaires.

Les roches soulevées qui encaissent les vallées de chaque côté du massif du mont Blanc semblent représenter les bords d'une boutonnière à travers laquelle serait sortie la masse culminante.

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