‹ Traité du gisement et de l'exploitation des minéraux utilesChapitre 13 sur 95 · ORIGINE DES ROCHES ÊRUPTIVES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES ROCHES ÊRUPTIVES

et les phénomènes de fractures et de soulèvements qui ont accidenté la surface terrestre. De plus, les phénomènes que nous attribuons à ces actions souterraines ont présenté, à toutes les périodes comme pendant la période actuelle , un caractère remarquable d'uniformité.

Quelle peut donc être la cause de phénomènes aussi généraux et aussi semblables, si ce n'est une cause unique, générale et inhérente à la constitution même du globe terrestre?

Nous ne connaissons, avons-nous dit, que l'écorce terrestre. En effet, la moyenne des hautes montagnes est au-dessous de 4000 mètres, et les travaux des mines les plus profondes atteignent rarement 800 mètres ; nos études peuvent donc à peine atteindre plus de 7^ du rayon terrestre. Or, les actions volcaniques ont évidemment leur siège bien au-dessous de cette faible épaisseur

Un fait aujourd'hui bien établi, c'est que l'on trouve la température du globe plus élevée à mesure que l'on pénètre plus profondément vers son centre. Dans les mines et dans les puits artésiens, on a reconnu que cette élévation était en moyenne d'un degré centigrade par 30 ou 35 mètres d'approfondissement. Si cette loi , vérifiée déjà jusqu'à six et huit cents mètres de profondeur, se continue à mesure qu'on pénètre vers l'intérieur du globe, les roches doivent être en fusion à la profondeur d'environ vingt mille mètres; c'est-à-dire que la partie solide du globe ne serait qu'une écorce dont l'épaisseur, comparée au rayon terrestre, en atteindrait à peine la trois centième partie.

11 est donc probable, d'après la concordance de ce fait avec le caractère général des phénomènes volcaniques, que l'intérieur du globe est encore à l'état de fluidité ignée.

Cette hypothèse laisserait encore quelques incertitudes si l'étude de la composition géologique de l'écorce terrestre ne démontrait que, plus on descend des terrains modernes et superficiels, vers les terrains plus anciens, plus on trouve des témoignages de cette température élevée et de cette fluidité.

46 PHÉNOMÈNES SUPERFICIELS

Il est d'ailleurs un fait important qui doit être rappelé ici : le globe terrestre n'est pas exactement sphérique ; c'est un ellipsoïde renflé vers l'équateur, et légèrement aplati vers les pôles. La différence des deux axes est de Or , si l'on suppose une sphère fluide de même diamètre et de même densité que le globe terrestre, animée du mouvement de rotation qu'il effectue en 24 heures autour de son axe polaire, la force centrifuge déterminerait entre les deux diamètres de cette sphère une différence, qui, calculée théoriquement, serait précisé-

ment de sk-

Le globe terrestre est donc un ellipsoïde de révolution , que sa forme indique avoir été fluide, et dont la fluidité a été évidemment ignée, ainsi que l'attestent les phénomènes volcaniques. Placé dans les circonstances qui ont amené son refroidissement, le globe a été recouvert par une écorce refroidie et solide, sur la surface de laquelle se sont condensées les eaux atmosphériques. C'est l'action de ces eaux, combinée avec les réactions de l'intérieur fluide , qui a déterminé les conditions de forme et de composition que nous avons signalées.

La fluidité intérieure du globe une fois admise, il resterait à expliquer par quel effort les roches ignées sont poussées vers les bouches volcaniques. On a souvent comparé cette réaction à celle qui se produit dans les masses métalliques soumises à un refroidissement brusque : l'enveloppe solide qui se forme à la surface se contracte sous l'influence de l'abaissement de la température , et la masse liquide intérieure s'épanche à la surface par les fissures qui résultent de cette contraction. Il est possible qu'un effet analogue se soit produit pendant les premières périodes du refroidissement terrestre , mais les phénomènes volcaniques actuels paraissent avoir un caractère différent.

Les gaz, dont les masses granitiques, porphyriques, serpentineuses ou trappéennes présentent à peine la trace, jouent aujourd'hui un rôle considérable dans les éruptions des volcans. Ainsi, les émissions de scories et de cendres, les fumées

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