ROCHES D'AGRÉGATION
cohérence ; mais elles empruntent la plus grande partie de leurs caractères à ceux des masses minérales dont elles sont, en quelque sorte, les émanations sédimentaires.
Ainsi les grauwackes rappellent tous les caractères des roches anciennes, les conglomérats et grès houillers, variétés de grauwackes, sont formés des débris des bassins granitiques au fond desquels ils sont stratifiés et principalement de quartz. Autour des massifs montagneux , dans la composition desquels les porphyres jouent un rôle important , se trouvent les conglomérats porphyriques et les grès rouges ferrugineux; autour des montagnes serpentineuses, les conglomérats ophiolitiques; enfin, autour des massifs volcaniques, les conglomérats, les brèches et les tufs trachy tiques ou basaltiques forment en quelque sorte une ceinture sédimentaire.
C'est d'après la même loi que les sables et cailloux roulés d'une vallée résument la composition des massifs montagneux auxquels ils ont été arrachés.
Caractères de la stratification. — Si les roches sédimentaires sont déjà nettement caractérisées par la composition que nous venons de définir , elles ne le sont pas moins par leurs formes stratifiées.
La stratification n'est pas seulement la disposition sous forme de couches , elle se trouve encore indiquée par une multitude de circonstances. Toutes les variations de couleur, de structure, de dureté que présente une couche, ont lieu suivant des plans parallèles aux plans supérieurs et inférieurs qui la limitent. Ce caractère est tellement prononcé, que lorsqu'on exploite , pour des usages de construction , des roches calcaires ou quartzeuses , les maçons et appareilleurs reconnaissent au premier coup d'œil le lit de carrière de ces roches, c'est-à-dire le sens de leur stratification, et superposent les blocs suivant ce sens, sachant bien qu'ils présenteront ainsi plus de stabilité et plus de résistance.
Lorsqu'il aborde une carrière ouverte dans des roches stratifiées, l'observateur saisit d'un même coup d'œil ses caractères
minéralogiques et sa stratification. Il sait que cette roche présentera des clivages dans le sens de cette stratification. S'il cherche un fossile, une impression végétale, c'est dans un de ces clivages qu'il devra le rencontrer ; si ce fossile a des dimensions un peu grandes, il sera couché sur son plan de dépôt suivant les lois de la pesanteur, c'est-à-dire les plus grands axes à peu près parallèles à ce plan ; il en sera de même des galets ovoïdes ou plats, qui, n'ayant pu se déposer sur champ ou se tenir sur leur grand axe , se seront placés à plat comme ils se placent encore sur les bords de la mer.
En examinant les couches superposées et alternantes mises à nu par une excavation, on voit encore que les couches inférieures sont nécessairement plus anciennes que celles qui les recouvrent ; que dans une même assise , dans un même banc, les parties inférieures du mur sont antérieures aux parties supérieures du toit, de telle sorte qu'un fragment clivé dans un de ces bancs, représente une époque particulière, souvent caractérisée par un lit de coquilles, de plantes fossiles ou par tout autre indice particulier qui peut résulter des variations minéralogiques de la roche.
Nous avons précédemment examiné le phénomène de la sédimentation dans les détails des dépôts qui en sont résultés, . jetons un coup d'œil sur son ensemble.
Le siège principal des dépôts sédimentaires, c'est la masse des eaux de la mer qui couvre aujourd'hui les trois quarts de la surface du globe. Il n'y a aucune raison de penser qu'à aucune époque géologique , cette masse ait embrassé un espace plus restreint; il est probable, au contraire, que l'espace recouvert par les eaux marines était plus considérable dans les premières périodes, et que les terres émergées ont été toujours s'accroissant et se compliquant dans leur structure par des soulèvements successifs.
A toutes les époques géologiques, les eaux et, par conséquent, les dépôts sédimentaires, ont donc couvert plus des trois quarts de la surface terrestre.