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CLASSIFICATION DES TERRAINS DE TRANSITION

une quatrième division , de telle sorte que la série totale des terrains de transition peut être représentée par le tableau cijoint, auquel nous ajoutons quelques citations locales pour préciser autant que possible la composition de chacune des formations.

Formation houillère.

Formation de transition supérieure , devonienne ou an-

traxifère.

Formation moyenne ou silu-

de transition infé-

Formation rieure. .

Argile schisteuse et grès avec couches

de houille.

Grès houiller.

Grès, schistes et calcaires antraxifères.

Calcaire carbonifère.

Vieux grès rouge.

Calcaires compactes , esquilleux , semicristallins ( Dudley , en virons de Brest). Grauwackei avec fossiles.

Schistes argileux (d'Angers, etc.) Quartzites ( Bretagne, Normandie, etc. ) / Grauwack.es.

I Schistes argileux (de la Manche et des

IArdennes, etc.} Gneiss et micaschistes.

Les terrains de transition et les terrains granitiques dont on ne peut les isoler, couvrent en France environ seize millions d'hectares, sur une superficie totale de cinquante-deux millions, c'est-à-dire plus du tiers de la superficie totale.

Dans toutes les parties du monde , ces terrains conservent une importance analogue. Ainsi , au nord de l'Europe, ils constituent le massif Scandinave comprenant la Suède et la Norvège ; dans les îles Britanniques , les terrains de transition du Cornwall, ceux de l'est de l'Irlande et de la chaîne qui sépare l'Angleterre et l'Écosse , forment l'encaissement septentrional du grand bassin secondaire qui couvre le nord de la France et le sud de l'Angleterre. Dans l'Europe centrale, les groupes et les chaînes de montagnes du Hartz, de l'Erzgebirge, de la Silésie, de la Hongrie, etc., montrent les terrains de transition soulevés à travers les immenses dépôts secondaires et tertiaires qui en ont couvert la surface. Nous les retrouvons vers les limites qui séparent l'Europe de l'Asie, dans les chaînes de l'Oural et de l'Altaï; au sud, ils domi-

TERRAINS DE TRANSITION

nent en Espagne , dans les Asturies , la Galice , les Castilles , l'Andalousie, etc. On les trouve en Corse, en Sardaigne, en Grèce et sur une multitude de points qu'il serait trop long d'énumérer.

Ce sont les terrains de transition qui constituent la presque totalité de l'Amérique du Sud, et dans l'Amérique du Nord, ils forment un immense bassin qui s'étend de Tusculaosa jusque vers le Canada et qui est latéralement encaissé par les Alleghanis et les montagnes Rocheuses.

A en juger par la puissance considérable des dépôts accumulés sur ces vastes surfaces , la période de transition dut être une des plus longues périodes géologiques.

Chaque contrée de transition présente des caractères particuliers qui résultent de la prédominance de certaines roches. Ainsi le plateau central de la France a un caractère éminemment granitique; les gneiss, micaschistes et stéaschistes, c'està-dire les roches les plus métamorphiques , sont celles qui dominent ; on y trouve le quartz en dykes, filons, veines ou nodules. Dans le massif de la Bretagne et du Cotentin, lesquartzites stratifiées et les schistes argileux donnent au terrain une physionomie plus sédimen taire. Les grauwackes trèsdéveloppées du massif rhénan et du Hartz déterminent encore une apparence particulière, de telle sorte que, malgré la similitude minéralogique qui existe entre les roches de transition de tous les pays , chacun d'eux présente cependant des caractères spéciaux.

L'étude des terrains de transition est en effet une étude principalement minéralogique. Les fossiles y sont rares, la stratification est souvent confuse et toujours tellement tourmentée qu'il est difficile de la suivre et d'en tirer des conclusions de quelque intérêt. Mais, sous le rapport minéralogique, les éléments d'observation sont plus multipliés et plus variés que dans tout autre terrain.

Ce sont les roches métamorphiques des terrains de transition qui contiennent les minéraux accidentels les plus nombreux

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et les plus variés. Ainsi , indépendamment des gites métallifères dont nous ferons une étude spéciale, que de minéraux s'y rencontrent en géodes, en nodules, en petites veines adventives! Dans les roches elles-mêmes, que de variations minéralogiques qui donnent aux courses géologiques, faites sur le terrain de transition , un intérêt que les terrains postérieurs sont loin de présenter !

Beaucoup de géologues attachent peu d'importance aux terrains de transition, parce qu'ils contiennent peu de fossiles, et fournissent, par conséquent, peu d'éléments aux considérations zoologiques. C'est seulement dans les dépôts supérieurs que les trilobites , les encrines , les productus , spirifères et autres débris organiques sont assez nombreux pour attirer leur attention. Pour celui qui étudie de préférence la géologie minérale , les roches de transition si étendues, puisqu'elles couvrent un quart ou un cinquième des surfaces continentales, sont au contraire d'autant plus intéressantes qu'elles sont plus métamorphiques, plus cristallines et plus intimement liées aux roches granitiques dont les réactions les ont pénétrées de minéraux variés et leur ont donné des caractères si mobiles de composition et de structure.

L'intérêt que présentent beaucoup de chaînes de montagnes soulevées à travers les terrains secondaires, telles que les Alpes, résulte en grande partie des roches schisteuses qui avoisinent leurs axes et leurs centres de soulèvement granitiques, roches qui se confondent sur beaucoup de points avec les véritables roches de transition. Ainsi, le massif du mont Blanc, formé de granités , de protogines et de schistes cristallins , et soulevé à travers une épaisseur considérable de terrains jurassiques, semble avoir exercé autour de lui une action métamorphique tellement énergique, qu'on ne peut préciser où se terminent les schistes cristallins de transition qui ont accompagné l'axe granitique, et où commencent les dépôts que l'on doit attribuer à la période jurassique. Ce problème lithologique, qui se présente sur tout le périmètre des grandes Alpes et

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dont la solution ne pourra jamais être tracée, suffit pour donner à l'étude de ces montagnes un intérêt qui y ramène sans cesse les observateurs.

Indépendamment de cette étude des formations, que de questions lithologiques se présentent à chaque pas et devant chaque roche de ce grand massif cristallin ! Où placer la ligne séparative des granités d'origine ignée , avec les stéaschistes et les micaschistes qui les enveloppent? Les stéaschistes et les quartz épidotifères sont-ils des dépôts de sédiment, profondément modifiés par le contact du massif éruptif, ou ne font-ils pas euxmêmes partie des roches ignées? Les granités et les quartz du Talèfre qui contiennent du molybdène sulfuré, ne sont-ils pas des roches véritablement éniptives , aussi bien que les roches cristallines des Aiguilles rouges surchargées d'oxydes de fer et de titane ?

Que de questions de cette nature , depuis les protogines du mont Blanc et les granités des aiguilles voisines, jusqu'aux poudingues de Valorsine, dont les couches inclinées et verticales , examinées par M. de Saussure, lui donnèrent la première pensée de la formation des Alpes par voie de soulèvement !

Cependant l'étude des terrains de transition n'est pas exclusivement minéralogique , et celle que l'on peut faire sur la stratification et sur l'allure des couches, conduisent aussi à reconnaître la succession geognostique des dépôts.

Parmi les caractères géognostiques que présentent ces dépôts, un des plus remarquables est la concentration successive des bassins.

Ainsi , les terrains semi-cristallins de la période inférieure forment autour du globe une enveloppe presque générale, qui n'est interrompue que par les roches éruptives, et sur cette enveloppe continue, les terrains à fossiles de la période silurienne ont formé des bassins vastes, mais circonscrits.

Sur les terrains schisteux déposés pendant ces deux premières périodes, les dépôts arénacés et souvent anthraxifères

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