POSITION DES COLS. U
Il résulte de ce principe que l'on peut approximativement déterminer, dans un assez grand nombre de cas , la position des cols sur les lignes de faîte.
Ainsi , que l'on suppose deux cours d'eau parallèles , coulant en sens inverse et prenant leur source en A et A'. Puisque le premier
Jl'i; * cours d'eau prend sa
source en A, ce point A est voisin d'un point culminant, et puisqu'il coule dans le sens de la flèche, sa ligne de faîte suit la même pente. Appliquant le même raisonnement au cours d'eau qui prend sa source en A' , on voit que la ligne défaite LF devra présenter une double pente vers le point a*, et, par conséquent, en joignant le point A au point A', la diagonale tracée devra couper la ligne de faîte en un point très-rapproché de la plus grande dépression , c'est-à-dire du col.
Lorsqu'un cours d'eau, après avoir suivi une direction déterminée, tourne brusquement pour en suivre une autre, c'est ordinairement parce que la ligne de faîte qui le domine se relève subitement et repousse le thalweg dans un autre sens. Ainsi, dans le cas de deux cours d'eau parallèles, et coulant en sens inverse, si l'on joint par une diagonale deux coudes en sens contraire supposés faits par ces deux cours d'eau , cette diagonale doit couper la ligne de faîte en un point rapproché d'un col.
Nous venons de supposer l'existence de deux cours d'eau parallèles et coulant en sens inverse ; supposons maintenant que deux cours d'eau parallèles coulent dans le même sens. Tl arrivera nécessairement un moment où cette direction parallèle ce ssera d'exister ; admettons que chacun des deux cou us d'eau s'en écarte par deux coudes en sens contraire. (Fig. 2.) La ligne de faîte qui sépare les deux thalwegs inclinera dans le sens indiqué par la pente des cours d'eau; mais si la direction
1i PHÉNOMÈNES SUPERFICIELS.
des deux cours d'eau a été changée , c'est qu'il y a eu un relèvement de cette ligne de faîte. En joignant les coudes des deux
cours d'eau par une diagonale CC\ on coupera donc la ligne de faîte LF, près de la rencontre des deux inclinaisons opposées que présente la ligne de faîte, et cette rencontre des deux inclinaisons opposées en t sera le point d'altitude minimum , c'est-à-dire le col.
La carte de France nous présente des exemples nombreux de l'application de ces principes.
Ainsi , pour le premier cas , nous pouvons citer le tracé du canal du Centre qui joint la Saône et la Loire, et celui du chemin de fer de Lyon à Saint-Étienne et Andresieux qui joint le Rhône a la Loire. Ces deux tracés passent par des dépressions indiquées par la divergence des thalwegs, conformément aux principes qui viennent d'être exposés comme applicables aux rivières parallèles sur une partie de leurs cours et coulant en sens inverse. Pour le second cas , nous citerons le canal du Midi , qui , de Toulouse à Carcassonne , joint les deux coudes en sens opposé de deux cours d'eau, d'abord parallèles et coulant dans le même sens, la Garonne et l'Aude.
Relief du soi. — L'étude des cartes conduit donc à apprécier, non-seulement dans son ensemble mais encore dans tous ses détails, le relief d'une contrée. On y reconnaît facilement les pays de plaine tels que le nord de l'Europe comprenant le Danemark , la Prusse septentrionale et les vastes steppes
IlELIEF DU SOL.
de la Russie ; tels aussi que le Sahara de l'Afrique et les Pampas de l'Amérique méridionale. Avec ces contrées peu accidentées contrastent déjà celles qui présentent des ondulations de quelques centaines de mètres, pays de larges vallées et de plateaux mouvementés par quelques collines, comme les Flandres, le nord de la France, le bassin de la Seine et la Normandie.
Le caractère montagneux se révèle par la multiplicité des cours d'eau. Quelquefois le sol présente une réunion de montagnes , presque égales entre elles , ne se rapportant pas bien clairement à aucun système central ou linéaire, et restant généralement au-dessous de mille mètres. Telle est la Bretagne, où les lignes de faîte ont un caractère sinueux et indécis et où les cours d'eau sont trop nombreux pour atteindre des volumes considérables.
Les parties les plus élevées prennent au contraire des caractères plus précis. Tantôt ce sont des groupes de montagnes, comme les monts Dore, le Mezenc et le Cantal, qui dominent les accidents subordonnés du grand plateau central de la France, et autour desquels divergent , comme les rayons d'un cercle , les nombreux cours d'eau qui y prennent leur source. Le plus souvent, ce sont des chaînes de montagnes, dont les crêtes linéaires dominent les thalwegs des vallées principales : telles sont les Alpes et les Pyrénées. Les grands fleuves suivent généralement par un parallélisme éloigné la direction de ces grandes crêtes culminantes , et coulent dans des vallées longitudinales qui reçoivent les eaux de toutes les vallées transversa/es.
Le relief de ces groupes et chaînes de montagnes atteint des hauteurs souvent considérables. Les groupes du centre de la France s'élèvent jusqu'à 1800 et 1900 mètres au-dessus du niveau des mers. Dans les Pyrénées et les Alpes, les sommités atteignent 4000 mètres et au delà , et dépassent la limite des neiges éternelles qui , pour ces latitudes , est entre 2*200 et 2600 mètres. On sait que la hauteur de ces montagnes , les
PHÉNOMÈNES SUPERFICIELS
plus élevées de l'Europe , est bien loin d'égaler celle des soinmités de la chaîne des Andes Cordillères dans l'Amérique méridionale , dont les cimes s'élèvent à plus de 7000 mètres, et celles de l'Hymalaya qui dépassent 8000 mètres.
Action des eaux courantes . — Que l'on remonte actuellement le cours d'un grand fleuve , depuis son embouchure jusqu'aux montagnes élevées où ses artères extrêmes vont prendre leur source, et l'on observera une série de phénomènes relatifs à l'action érosive et sédimentaire des eaux.
Ces phénomènes sont partout les mêmes et ne varient que dans les limites qui résultent de l'échelle plus ou moins grande sur laquelle agissent les eaux.
Les fleuves arrivent à la mer sur des pentes généralement très-faibles ; tantôt ils débouchent encaissés dans une large ouverture que l'on appelle un œstuatre, comme la Seine, de Quillebœuf à Honfleur, et le Tage, de Lisbonne jusqu'à la mer; tantôt ils se divisent en plusieurs branches, sur un terrain formé par leurs propres atterrissements qui s'avancent dans la mer en formantce que l'on appelle un delta.
Dans les deux cas, le phénomène des dépôts abandonnés par les eaux est très-sensible.
Les œstuaires sont trop encaissés pour que la puissance sédimentaire du fleuve puisse les obstruer complètement ; les dépôts s'y font sur les côtés et comblent les anfractuosités latérales. Les deltas se forment dans les contrées planes , qui coupent le plan horizontal des mers sous des angles très-aigus et s'enfoncent presque insensiblement sous des mers peu profondes ; les dépôts s'y accumulent partout où passent les eaux du fleuve ; lorsque ce fleuve élevé sur ses propres sédiments vient à rompre ses digues , il se répand dans les plaines et suit un autre lit, qui ne tarde pas à s'envaser et à s'exhausser comme le précédent. Par la succession de ces envasements et de ces changements de direction, les fleuves se divisent, dans les deltas, en rameaux divergents.de manière à former un triangle ayant pour base la ligne littorale comprise entre les erabou-