FORMATION DU GRES VERT
supérieure passe à la glauconie sableuse. Cette assise , qui est le green-sand supérieur des Anglais, abonde en fossiles.
La zone crétacée qui s'appuie sur le versant méridional des montagnes anciennes du centre de la France, appartient à la formation crétacée inférieure; elle repose depuis Angbulême jusqu'à Rochefort sur les assises les plus modernes du terrain jurassique, et elle est recouverte par le terrain tertiaire du bassin de Bordeaux. Ses caractères minéralogiques sont à peu près identiques à ceux des gisements de la France septentrionale. Les premières assises sont des grès siliceux, tantôt peu adhérents et ferrugineux , tantôt solides et à ciment calcaire. Au dessus de ces grès, mais intimement liés avec eux, existent des calcaires qui présentent de grandes variations de texture ; ils sont le plus souvent durs et cristallins (Angoulême), d'autrefois tendres et friables comme de la craie des environs de Paris. Ces caractères varient suivant les localités et suivant la position géognostique des couches. A l'extrémité ouest du bassin, ces calcaires, (depuis les environs de Rochefort jusqu'à Cahors), sbnt granulaires, c'est-à-dire composés de petites particules arrondies, réunies par un ciment cristallin. Des couches plus ou moins marneuses , analogues à la craie tuffau de la Touraine , succèdent à ce calcaire granulaire , tandis que les parties supérieures présentent souvent des calcaires compactes et oolitiques.
Parmi les fossiles nombreux qui existent dans cette zone , les uns sont identiques à ceux des dépôts équivalents du nord ; d'autres, tels que les hippurites, les sphérulites, etc., sont particuliers au bassin méridional.
Formation crayeuse. — La craie forme une large ceinture autour du bassin tertiaire dont Paris occupe le centre. Ainsi en partant de Paris et se dirigeant vers le sud, l'est ou l'ouest, on voit la craie se dégager de dessous les terrains tertiaires. La ligne d'affleurement passe à Montereau, d'où elle se continue jusqu'à la Roche-Guyon; elle passe derrière Provins, devant Césanne, derrière Montmirail , devant Èpemay, der-
TERRAINS SECONDAIRES
rière Laon , au nord de Compiègne, près Beauvaia et Gisors. Au delà de ces limites, on trouve dans presque toutes les directions des plaines et des plateaux de craie d'une étendue considérable.
C'est la craie qui constitue les plaines vastes et stériles de la Champagne pouilleuse, exemple frappant de la complète stérilité du calcaire pur; des surfaces considérables restent dénuées do toute végétation , qui reparaît lorsque des roches argileuses ou sablonneuses sont superposés à cette craie. Les plaines crayeuses de la Champagne s'élèvent insensiblement dans la direction des Vosges jusqu'à Sainte-Menehould, où elles sont remplacées par les calcaires sableux et chlorités de la formation inférieure qui se terminent eux-mêmes à Clermont en Argonne.
Autour du bassin de Paris la formation crayeuse est , avonsnous dit, bien plus développée du côté de l'est que du côté de l'ouest où c'est au contraire la formation du grès vert qui est la plus étendue. La roche dominante est une craie blanche , mélangée d'une quantité plus ou moins grande de sable siliceux , et qui dans sa partie inférieure devient marneuse, sableuse et passe au tuffau. Cette craie est essentiellement massive, ce qui tient à son homogénéité qui empêche toute ligne de stratification de paraître, car cette stratification est indiquée la plupart du temps par des rognons de silex , disposés suivant des plans parallèles , et dont la présence caractérise surtout la partie supérieure. Ces rognons sont de silex pyromaques dans la partie supérieure; dans la partie inférieure ce sont des silex cornés. Ils présentent la forme d'ellipsoïdes tuberculeux, plus étendus dans le sens horizontal, et qui tantôt sont isolés , tantôt se rapprochent et se soudent les uns aux autres, de manière à former des lits continus, à surface inégale, glanduleuse, et percés de vides irréguliers. Dans les carrières de Meudon , ces lits de silex sont distants d'environ 2 mètres et sont quelquefois assez continus pour former couche et servir de toit aux galeries d'exploitation.