CHAPITRE V
Les terrains tertiaires et alluviens sont, de tous les dépôts sédimentaires, ceux qui couvrent la plus grande surface en Europe, non pas qu'ils soient en réalité plus étendus que les terrains secondaires, mais parce que ce sont les derniers dépôts, et par conséquent, ceux qui sont superposés à tous les autres.
En France, le terrain tertiaire couvre 15500 000 hectares, et le terrain alluvien 500 000 hectares, c'est-à-dire qu'ils s'étendent ensemble sur près du tiers de la superficie.
Les terrains tertiaires ont été déposés dans les grands bassins hydrographiques des époques jurassiques et crétacées, lorsque ces bassins n'ont pa6 été portés à des niveaux assez élevés pour être complètement émergés. Dans les contrées accidentées , ils forment des bassins plus petits qui ont occupé les dépressions principales.
Bien que composés d'une manière analogue aux dépôts secondaires , de couches sabloneuses arénacées , d'argiles , de marnes et de calcaires, les dépôts tertiaires présentent dans leur ensemble des différences notables. Les couches sont généralement moins épaisses, les alternances plus répétées, et par conséquent, la composition en est plus variée. Les roches sont aussi d'un tissu plus lâche et plus poreux , et par conséquent moins résistantes aux agents atmosphériques que les roches secondaires.
Si I on joint à ces caractères de composition les conditions ordinaires des surfaces tertiaires qui atteignent rarement des niveaux élevés et qui constituent principalement des pays de plaines, on se rendra compte des conditions favorables que pré*
sentent ces terrains où se sont formés les centres principaux de population; Paris, Bordeaux, Londres, Vienne, Berlin, etc., sont sur le sol tertiaire ou alluvien.
Les terrains tertiaires contiennent une grande quantité de coquilles fossiles qui se rapprochent de plus en plus des espèces qui vivent actuellement dans les mers. Ces fossiles servent à reconnaître et à classer les formations successives : la plus inférieure présente d'abord environ 3 pour 100 des espèces actuelles, la proportion s'élève à 1$ ou 20 pour 100 dans la formation moyenne , à 50 pour 100 dans la formation supérieure, enfin , elle est de 80 pour 100 dans les terrains superficiels que l'on peut rapporter aux premières alluvions.
La division des terrains tertiaires et alluviens peut être établie ainsi qu'il suit :
Alluvions.
Sables et tourbes.
Blocs erratiques, sables et cailloux roulé»
Formation supérieure j Alluvions de la Bresse, pliocène. ) Marnes subapennines.
„ A. g Faluns de la Touraine.
Formation moyenne Calcaires lacu5treg.
miocène. j Sable> ^ ^ d<J FonUlneb]eau
Marnes du gypse.
Gypse.
Formation inférieure ) Calcaire siliceux.
Calcaire grossier.
Argile plastique.
Calcaires nummulitiques.
Formation tertiaire Inférieure. — Les calcaires nummulitiques on été longtemps regardés comme appartenant au terrain crétacé. Ce sont des calcaires généralement assez compactes et caractérisés par un grand nombre de coquilles plates et cloisonnées que l'on appelle nummulites. Ces calcaires sont accidentés dans le voisinage des Pyrénées, et par conséquent sont antérieurs aux soulèvements de cette époque, tandis que l'ensemble des terrains tertiaires est au contraire postérieur.
Malgré cette discordance de stratification, les calcaires nummulitiques se lient sur d'autres points si intimement aux terrains tertiaires, qu'on peut les comprendre dans cette pé-