CHAPITRE VII
GITES MÉTALLIFÈRES.
FILON! OU GITES REGULIERS ; GITES 1RRKGULIERS, PILOUS, VEIKRS OU 4M A S DE COXTACT; GITES KRUPTIPS ; GITES IRREGULIBAS METAMORPHIQUES.
Les minerais de la plupart des métaux usuels sont extraits de (fîtes accidentels et circonscrits , qui ont été intercalés dans les roches par des phénomènes spéciaux. Ces gîtes métallifères ne sont cependant pas des accidents fortuits; ils sont assujettis
certaines règles de gisement.
Les métaux ne se trouvent qu'exceptionnellement à l'état natif; sauf l'or, le platine et ses annexes, la nature nous les présente engagés dans des combinaisons plus ou moins compliquées d'où l'art métallurgique doit les extraire. Ces combinaisons ne se rencontrent elles-mêmes que bien rarement sous un v olume un peu considérable, à l'état de pureté, et sont mélangées d'autres substances ; de telle sorte que la dénomination de minerais s'applique à des minéraux complexes dans lesquels une combinaison métallique est en quantité suffisante pour être extraite par les procédés métallurgiques. En d'autres termes, un minerai est une roche métallifère susceptible d'exploitation.
Il entre dans cette définition une considération industrielle relative à l'emploi des métaux et surtout à leur prix commercial. Une roche contenant ^ de fer ne sera pas un minerai de fer, tandis qu'on pourra donner le nom de minerai d'argent à des masses minérales qui ne contiendront que râ& d'argent, et celui de minerai d'or à des masses dont la teneur sera généralement au-dessous de Pour les principaux métaux, les li-
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mites inférieures des minerais, c'est-à-dire celles au-dessous desquelles on ne tente plus l'abatage des roches métallifères , peuvent être actuellement établies ainsi qu'il suit, en supposant que ces roches soient consistantes : le fer ±, le plomb ± , le zinc ^ , le cuivre ^, l'argent ^ , l'or^^. Les procédés actuels d'exploitation et de métallurgie ne permettent guère l'extraction au-dessous de ces teneurs.
On appelle gangues les substances qui accompagnent les combinaisons métallifères. Les gangues varient souvent de composition et de caractères , suivant les métaux qu'elles accompagnent. Tantôt elles sont tout à fait distinctes et faciles à séparer des parties métallifères ; tantôt leur mélange est si intime qu'on est obligé de fondre le tout ensemble. On considère souvent les gangues dont on ne peut se débarrasser par un simple cassage et triage comme faisant partie des minerais.
Quant à la dénomination de roches métallifères , elle est beaucoup plus étendue et s'applique ordinairement au terrain qui contient à la fois les gangues et les minerais. C'est ainsi que certains porphyres ont été appelés porphyres métallifères parce qu'ils accompagnaient souvent les gîtes de minerais.
Les différences les plus prononcées distinguent les gîtes métallifères des gîtes généraux ou roches. Les gîtes généraux sont toujours en couches ou masses qui doivent être regardées comme contemporaines des terrains dont ils font partie ; les gîtes métallifères affectent, au contraire, des formes spéciales, indépendantes de la stratification, et qui leur assignent une origine postérieure aux terrains dans lesquels ils se trouvent enclavés. Sous le rapport minéralogique, beaucoup de substances nouvelles entrent dans la composition des gîtes métallifères, et celles qui sont communes aux deux classes présentent des caractères spéciaux qui peuvent les faire distinguer dans les deux positions.
GHes régulier?» et «lté» irreguliers —Les gîtes métalli-
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fères se rapportent à deux types de formes : lu les filons ou gîtes réguliers; 2° les amas, veines, stoewerks , et les gîtes métamorphiques ou gîtes irréguliers.
Les gîtes réguliers ou filons, sont des masses minérales aplaties, comprises sous deux plans à peu près parallèles, et coupant la stratification des terrains dans lesquels ils se trouvent. On peut se les représenter comme des cassures ou fentes plus ou moins considérables faites dans l'écorce du globe, et postérieurement remplies par diverses substances minérales parmi lesquelles se trouvent souvent les minerais. La masse d'un filon est donc une plaque à parois plus ou moins ondulées, de la dimension de la fente préexistante, et dont la position n'a aucun rapport avec la stratification du sol , de même que sa composition est généralement tout à fait distincte.
La dénomination d'amas n'entraîne aucune forme déterminée, non plus que celle de stoewerk , qui s'applique aux amas dans lesquels le minerai est plutôt disséminé dans les fissures des roches que rassemblé en masses dont on puisse figurer les contours.
Ces définitions sont d'autant plus vagues qu'il existe des transitions fréquentes entre les gîtes en filons et ceux en amas ; et l'on ne saurait se rendre compte des formes, de leurs variations et de leurs accidents , si l'on n'a d'abord été fixé sur le mode déformation de ces gîtes. Nous avons dit que les filons devaient être considérés comme des fentes produites dans la croûte solide du globe ; ces fentes ont été remplies postérieurement par des gangues provenant à la fois des influences extérieures et intérieures, c'est-à-dire par des matières venues de haut en bas et de bas en haut ; ces gangues se sont pénétrées de combinaisons métallifères, qui toutes paraissent devoir être attribuées à des émanations souterraines.
L'origine des amas et des stoewerks doit être considérée comme se confondant avec celle des filons sous le rapport du mode de remplissage ; mais , sous le rapport des phénomènes