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CHAPITRE IX

ÉRIPTIVES.

La connaissance des rapports géologiques qui existent entre les gîtes métallifères et les roches qui les enclavent ou les avoisinent est un des résultats les plus importants des études modernes. Dans l'étude de la composition et des formes, on est uniquement guidé par l'interprétation des faits matériels , mais les relations des gîtes avec les roches éruptives, avec les plans de stratification et les lignes géologiques de la superficie ou de la profondeur du sol , ne peuvent être mises en évidence que par l'examen de tous les faits géognostiques de la contrée.

Or, la connaissance de ces relations est aujourd'hui d'une grande importance pour la recherche et l'exploitation des gîtes métallifères. Les problèmes qui se présentent dans les travaux souterrains y trouvent des éléments de solution , et si l'on n'en peut espérer des règles fixes et absolues , règles qui n'existent d'ailleurs dans aucune science, toujours est-il que, pour suivre utilement les variations et les incertitudes de la plupart des gîtes, il faut avoir égard aux enseignements que fournit l'étude des roches encaissantes.

Ces préliminaires établis , entrons dans la question des rapports qui , d'après leur origine commune, doivent exister entre les roches éruptives et les minerais. Si ces rapports existent réellement, ils seront tout d'abord confirmés par une considération très-simple.

Les roches éruptives forment une série successive, des granités aux roches porphyriques, et de celles-ci aux roches volcaniques ; dès lors les minerais subordonnés aux granités

doivent être plus anciens que ceux qui se lient aux roches porphyriques, et ceux-ci plus anciens que les minerais liés aux roches volcaniques. Tel est , en effet, l'ordre géognostique qui résulte de l'étude des gîtes métallifères.

MlaeraU île la période granitique. — Les minerais de la période granitique, tels que l'oxyde d'étain, le wolfram, le molybdène sulfuré, l'oxyde de titane, etc., lorsqu'ils se trouvent en filons, sont constamment coupés par les filons qui contiennent les minerais de la période porphyrique , tels que le cuivre pyriteux, la galène, la blende, les sulfures d'argent, le cinabre. Ceux-ci sont eux-mêmes généralement plus anciens que certains minerais quelquefois liés aux terrains volcaniques, tels que les minerais de cobalt et de nickel, les minerais d'arsenic, qui forment divers groupements avec la galène, la blende, les minerais d'or, d'argent, et le fer olygiste.

Les minerais forment donc une série géognostique . depuis les oxydes d'étain de certains granités , jusqu'aux émanations métallifères des volcans actuels, et cette série est parallèle à la série géognostique des roches éruptives formées elles-mêmes par les groupements divers du quartz, des feldspaths, des amphiboles, des pyroxènes et des minéraux talqueux. Si donc les associations de ces divers minéraux lithoïdes constituent des roches qui présentent entre elles des différences assez prononcées pour qu'on puisse établir la modification progressive de leurs caractères minéralogiques et leur succession géognostique . il en doit être de même pour les divers groupements de minerais qui sont en rapport avec elles.

L'étude des gîtes métallifères est en effet assez avancée pour que l'on puisse être convaincu qu'il existe un ordre géognostique dans leur succession; mais, pour préciser cet ordre, nous éprouvons des obstacles de même nature que ceux qui rendent si difficile une classification exacte des roches éruptives. L'isochronisme n'existe pas dans la série des minerais, et, par conséquent, l'échelle géognostique constatée dans une contrée ne s'applique pas nécessairement à une autre. Dès

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lors , les gîtes métallifères étudiés dans des contrées isolées et toujours très-distantes les unes des autres, présentent dans leurs caractères géognostiques une mobilité qui semble enlever tout espoir de classification.

La liaison qui existe entre les roches éruptives et les gîtes métallifères peut seule fournir les éléments de cette classification ; aussi les distinctions minéralogiques qui tendent à subdiviser les trois grandes classes des roches granitiques , porphyriques et volcaniques, sont-elles d'une utilité réelle au point de vue de l'étude des gîtes métallifères.

Les roches granitiques qui représentent la première période éruptive comprennent des variétés assez nombreuses pour qu'on puisse être certain que les phénomènes qui les ont produites ont étét rès -différents et se sont succédé dans un ordre particulier. Les granités quartzeux et anciens , qui forment en quelque sorte un sous-sol général au-dessous de toutes les formations sédimentaires , ne peuvent être considérés comme dus aux mêmes actions que les granités feldspathiques , les syénites, les granités porphyroïdes, etc., qui se trouvent en dykes, et qui ont souvent fait éruption à travers les terrains secondaires.

Les granités contiennent beaucoup de substances métallifères, mais disséminées en particules, nodules et petites veines cristallines, plutôt qu'en gîtes puissants et d'une grande importance de production. L'oxyde d'étain est la seule substance métallifère qui fasse exception à ce principe et dont les gisements granitiques puissent fournir des quantités considérables. Dans le massif Scandinave, les granités paraissent plus métallifères que dans les autres parties du globe , et les études de M. Durocher ont démontré que des gîtes importants de minerais de cuivre et d'argent avaient des relations réelles avec les granités; mais ces gîtes, comparés à l'ensemble de tous ceux qui concourent aux productions métallurgiques , ne sont réellement que des exceptions.

Les véritables minerais granitiques sont les oxydes d'étain

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