MINERAIS DE LA PÉRIODE GRANITIQUE
vons non-seulement les minerais, mais encore leurs gangues (quartz et spath fluor) mêlés aux éléments constituants des roches éruptives auxquelles ils se rapportent.
La pénurie métallifère des granités est d'ailleurs un fait presque général et parfaitement mis en relief par le peu d'abondance des minerais de fer, si répandus dans les autres terrains. Les forges placées sur nos terrains granitiques sont obligées d'aller chercher leurs minerais au loin, soit dans les couches jurassiques et tertiaires, soit dans les gîtes subordonnés aux roches porphyriques et trappéennes. Lorsqu'on parcourt les surfaces granitiques qui couvrent des espaces si considérables dans la France centrale et la Bretagne , on n'y trouve quelques gîtes métallifères que sous des formes et dans des situations qui ne permettent pas de les attribuer à la période granitique ; le peu d'oxyde d'étain que l'on a rencontré dans les granités de la Bretagne et du Limousin n'a jamais permis d'y établir une exploitation ; et cependant nul pays ne présente des granités d'âges et de nature plus variés.
La surface de l'île d'Elbe est formée en grande partie par les granités de Monte-Campana, les plus modernes que l'on ait pu citer , puisqu'ils ont dû sortir pendant la période tertiaire ; or, dans toute cette partie granitique, il n'existe pas de minerais de fer ou de cuivre ; tous sont concentrés dans la partie trappéenne de l'île. Malgré leur âge moderne qui les rapproche des porphyres, les granités de l'île d'Elbe forment, par leur stérilité absolue, un constraste frappant avec la richesse des roches trappéennes voisines.
Et d'ailleurs les minerais d'étain n'appartiennent pas d'une manière exclusive aux roches granitiques; la plus grande partie des filons stann itères du Cornwall est postérieure aux granités, et contemporaine des porphyres ; les porphyres eux-mêmes sont stannifères près de Penzance en Cornwall et à Altenberg en Saxe.
Ce qui est à remarquer dans ces minerais qui caractérisent quelques points clair-semés des surfaces granitiques, c'est leur
tendance générale à se mélanger aux éléments de la roche éruptive. Les gangues de ces minéraux ne sont plus les gangues ordinaires des nions, ce sont le quartz, le feldspath le mica, quelquefois le spath fluor ; les minéraux accidentels sont également ceux qui entrent dans la composition ordinaire de certaines roches granitiques , les amphiboles , les tourmalines , etc. Ce mélange des minerais avec les éléments granitiques n'appartient pas seulement aux minerais stann itères , lorsque les autres minerais, comme certaines sulfures de cuivre de Norvège , sont en gîtes subordonnés aux granités ; ils se mélangent également au quartz, au feldspath et au mica, et constituent , comme l'oxyde d'étain , des gîtes irréguliers , sans formes définies, et sans le rubanement caractéristique des filons.
Minerais des périodes porphyrlque et volcanique. — La
période porphyrique, comprenant les porphyres et les roches trappéennes, est la période métallifère par excellence, à tel point qu'il n'est pas de pays de mines où l'on n'ait signalé depuis longtemps les relations des gîtes avec les roches porphyriques. Ces relations sont telles, qu'il y a beaucoup de ces roches auxquelles on a donné, de temps immémorial, la dénomination de porphyres métallifères, non pas parce qu'elles contiennent, comme les granités, des minerais disséminés dans leur pâte, mais parce que les mineurs ont été toujours frappés des circonstances de gisement qui les lient aux filons et aux autres gîtes métallifères.
Nous pourrions citer beaucoup d'exemples de la présence de minerais disséminés dans la pâte même des roches porphyriques ou trappéennes. Le cuivre natif trouvé dans les trapps du Palatinat et de l'Amérique du Nord sur la rive sud du lac Supérieur, le nickel sulfuré trouvé dans les grunsteins du Dillenburg, le mispickel et le fer chromé exploités dans les serpentines sont des observations que nous pourrions multiplier. Mais ce qui constitue principalement la liaison des minerais avec les